L’Euro continue sa chute

Apr 27, 2022
  • EUR/USD   1.0625
  • DOW JONES   33’240.18
  • USD/CHF   0.9645
  • SMI     11’933.28
  • EUR/CHF   1.0245
  • WTI CRUDE OIL   102.00
  • USD/RUB   74.50
  • XAU/USD  1’901.00
Malgré des nouvelles favorables à la monnaie unique celle-ci ne parvient pas à se reprendr...


Malgré des nouvelles favorables à la monnaie unique celle-ci ne parvient pas à se reprendre et continue sa chute contre le billet vert.  La victoire d’Emmanuel Macron, de bons chiffres économiques allemand, différents commentaires émanant de la BCE qui parlent tous d’un pas vers une normalisation de la politique monétaire en juillet déjà n’arrivent pas à maintenir l’Euro à niveau. Après un rebond à 1.0851 suite à l’annonce de la réélection d’Emmanuel Macron, la devise européenne a rechuté contre le billet vert à un plus bas à 1.0621 ce matin, soit le plus faible niveau depuis mars 2020. Et il faut remonter à 2016/2017 pour le retrouver plus bas. La victoire du président sortant Macron a rassuré les marchés mais les élections législatives qui se tiendront au mois de juin pourraient réserver des surprises et le priver de la majorité au profit d’une gauche ragaillardie par le bon résultat au premier tour de Jean-Luc Mélenchon. Cela n’a pas manqué d’inquiéter les marchés et de remettre la pression sur la devise européenne.


Mais les divergences de politique monétaire entre les deux côtés de l’Atlantique demeurent un puissant facteur de pression pour la monnaie unique. Le spectre d’un durcissement monétaire plus rapide et important que prévu aux Etats-Unis plane sur les marchés. Lors d’un débat organisé par le FMI, le Président de la Réserve Fédérale, Jerome Powell, a confirmé que le scénario d’une hausse de 50 points de base du taux directeur serait sur la table lors de la prochaine réunion des 3 et 4 mai prochains. L’objectif est d’agir plus rapidement contre une inflation particulièrement élevée qui est à son plus haut depuis 40 ans aux États-Unis. Les propos de Jerome Powell ont été interprétés comme la porte ouverte à au moins deux relèvement d’un demi pourcent d’ici cet été. Les futures sur taux d’intérêts à 30 jours cautionnent en tout cas un tel scénario. Le contrat juin a atteint un niveau de 1.13 % alors que celui de septembre atteint les 2 %. Les faucons les plus durs, tels James Bullard parle même désormais d’un relèvement de 75 points. Avec de tels discours, les rendements des bons du Trésor prennent aussi l’ascenseur et le taux à cinq ans a atteint les 3.0331 % vendredi. Il faut remonter à octobre 2018 pour retrouver le cinq ans US à 3 %. La Banque Centrale Européenne pourrait aussi prochainement emboîter le pas de la Fed. Vendredi, sa présidente Christine Lagarde a laissé entendre qu’il y avait de fortes chances que l’institution relève ses taux d’intérêt déjà cette année mais le décalage dans le temps entre les deux institutions est fortement préjudiciable à la monnaie unique. En sa défaveur s’ajoute la situation en Ukraine qui loin de s’apaiser aurait même tendance à se tendre encore plus avec les dernières déclarations de Sergey Lavrov. Celui-ci a averti les occidentaux qu’il ne fallait pas sous-estimer les risques de guerre nucléaire en Europe.


La livre sterling a connu une semaine très difficile. La devise britannique a aussi fortement reculé contre le dollar touchant un plus bas lundi à 1.2698 alors qu’elle valait quasiment 1.3100 jeudi passé. Les marchés s’inquiètent pour l’économie après la publication de statistiques décevantes. Les ventes au détail au mois de mars ont reculé et le ralentissement de l’activité du secteur privé est plus fort que prévu. Ces derniers développements font craindre que la Banque d’Angleterre pourrait être amenée à revoir l’avenir de sa politique monétaire alors que le marché s’attendait à la voir relever ses taux à plusieurs reprises cette année.


En Chine le Yuan a aussi connu une semaine difficile contre le billet vert. La devise chinoise vient de boucler sa pire semaine depuis quatre ans. Elle a reculé de 6.3780 CNH par dollar le 19 avril à un sommet à 6.6092 ce lundi, un niveau plus vu depuis la fin de l’année 2020. La remontée des taux aux Etats-Unis qui a fait perdre tout ou partie du différentiel de rendement favorable aux obligations chinoises et une situation sanitaire toujours compliquée sont derrière le recul du Yuan et la chute de la bourse. Mais la devise chinoise reste bien éloignée du plus bas à 7.1965 de 2019/2020.


Souffrant tout autant de cet environnement, les cours du brut restent sous pression. Ces inquiétudes persistantes quant à l’éventualité d’un plus long confinement à Shanghai qui impacterait la demande et d’une hausse conséquente des taux aux États-Unis qui pourraient nuire à la croissance économique mondiale pèsent sur les cours.  Le baril a connu un léger sursaut hier en repassant sur la barre des 100 dollars.


Il en est de même pour les principales places financières qui sont dans le rouge depuis mercredi. Refroidies par les propos plus musclés des banquiers centraux, par la dégradation de la situation en Chine, et les incertitudes liées à l’Ukraine, elles évoluent largement sur la défensive. Wall Street perd ainsi 6.4 % pour le S&P, plus de 8 % pour le Nasdaq, les places européennes tournent autour des 2 à 3 % de baisse alors que l’Asie est sur les moins 4 %. Le recul depuis le début de l’année est à quelques exceptions près à deux chiffres.