Les tensions militaires en Europe de l’Est perturbent les marchés

Feb 16, 2022
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La volatilité est particulièrement élevée ces derniers jours et que ce soit sur les marché...


La volatilité est particulièrement élevée ces derniers jours et que ce soit sur les marchés boursiers ou des changes cette situation est appelée à durer encore quelque temps. Le facteur principal demeure la situation entre la Russie et l’Ukraine alors que les Etats-Unis déclarent s’attendre à une invasion imminente. La Russie de son côté dénonce « l’hystérie américaine » et estime possible de trouver une solution diplomatique à la crise russo-occidentale. La Russie conditionne toute désescalade à une série de garanties de sécurité, notamment l’assurance que l’Ukraine n’adhérera jamais à l’Otan. De plus, elle souhaite un retrait d’Europe de l’Est de l’infrastructure militaire de l’Alliance, ce que les occidentaux jugent inacceptables. Les valeurs refuges ont été par conséquent fortement plébiscitées ces derniers jours. Le franc suisse qui avait faiblit jusqu’à 1.0600 contre la monnaie unique la semaine passée est revenu aux alentours de 1.0440 alors que l’once d’or a touché 1879.55 dollars contre le billet vert hier matin soit un gain de 50 dollars depuis vendredi. La devise européenne qui est particulièrement exposée aux tensions militaires a reculé contre le dollar de 1.1495 à 1.1300 depuis jeudi passé. De son côté, les cours du pétrole flambent après l’annonce du déplacement de l’ambassade américaine de Kiev à Lviv, interprété comme un nouveau signe de l’imminence d’une possible attaque russe. Le prix du brut a touché 95.82 dollars et s’approche de la barre des 100.


Sur le plan économique les sources de volatilité sont nombreuses aussi et sans surprise c’est une fois encore l’inflation qui fait les grands titres. Aux Etats-Unis, en janvier sur base annuelle, l’indice des prix à la consommation publié jeudi a atteint son niveau le plus élevé depuis février 1982, à 7,5 %. L’inflation de base soit hors alimentation et énergie a, elle, augmenté de 6 % en janvier sur base annuelle du jamais vu aussi depuis 40 ans. A quelques semaines de la prochaine réunion de politique monétaire de la FED qui se tiendra le 16 mars, les discussions sont vives entre les membres du Comité. Selon James Bullard de la FED se St Louis et membre votant, l’institution devrait relever de 100 points ses taux directeurs avant juillet pour combattre l’inflation. Il a ainsi déclaré à l’agence Bloomberg : « j’étais déjà très Hawkish auparavant mais j’ai encore augmenté dramatiquement mes attentes en ce qui concerne les relèvements de taux que la FED devrait réaliser ». James Bullard estime que la banque américaine devrait atteindre cet objectif en trois réunions. Les discussions menées par le Président Jerome Powell sont intenses au sein de l’institution. Lui qui avait évoqué l’éventualité d’un relèvement d’un demi-pourcent pour mars lors de la première réunion de l’année le 26 janvier. Les marchés anticipent en tout cas une réaction forte de la banque centrale. Les taux futurs pour les Fed Funds à 30 jours sont à 0.92 % pour juin, 1.29 % pour septembre et 1.63 % pour décembre cette année. Mais les marchés resteront nerveux tant que la Fed n’aura pas montré qu’elle peut contrôler les prix sans casser la croissance.


De l’autre côté de l’Atlantique, Christine Lagarde a de nouveau déclaré que le Conseil des Gouverneurs mettrait en danger la reprise économique en cas de relèvement trop rapide des taux d’intérêts. « Monter les taux ne résoudra aucun des problèmes actuels. Au contraire cela mettrait en danger la reprise en l’affaiblissant considérablement et fragiliserait le marché de l’emploi » a déclaré la Présidente de la BCE. Il n’empêche que les économistes sont toujours plus nombreux à anticiper un premier tour de vis du côté de la Banque Centrale Européenne dès la fin de 2022 et non pas seulement à partir de 2023 comme cela était anticipée il y a quelques mois encore.


Ces incertitudes ne sont pas sans impacts sur le franc. On l’a vu celui-ci se fait trimballer dans un sens comme dans l’autre en fonction des évènements géopolitiques ou des attentes liées à la BCE. Les spéculations sur un premier relèvement des taux par la BNS apparaissent. Ainsi, La Banque Cantonale de Zurich (ZKB) indiquait vendredi s’attendre à ce que la BNS relève ses taux directeurs d’un quart de point, une première fois en décembre de cette année, puis successivement en mars et juin 2023. Dans une note publiée le même jour, la banque J. Safra Sarasin s’attend, elle, à ce qu’un tel premier pas intervienne encore plus tôt soit en septembre indépendamment du fait que la BCE ait resserré ou non ses taux d’ici là. Cela serait un premier pas vers la fin des taux négatifs et l’abandon de la politique de l’argent bon marché. Une évolution rendu possible par l’attitude affichée ces derniers temps par la Banque Nationale en tolérant un renforcement progressif du franc contre la monnaie unique.


La Banque Centrale de Russie a une nouvelle fois marqué les esprits lors de sa réunion de politique monétaire vendredi. Bien qu’attendu, la banque centrale a relevé son taux de base de 100 points à 9,50 %. L’inflation, qui flambe depuis des mois, a atteint en janvier 8,7 % sur un an battant un nouveau record depuis début 2016. C’est plus du double de l’objectif de 4 % souhaité par la banque centrale du pays. Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, la Gouverneure Elvira Nabiulina a déclaré avoir même envisagé un relèvement supérieur soit de 150 points. Le rouble n’a pas particulièrement réagi à la nouvelle, en ce moment il est plus sensible aux tensions géopolitiques et menaces de sanctions par les Etats-Unis qu’au niveau des taux d’intérêts.