Les marchés sont ébranlés par la guerre aux portes de l’Europe

Mar 9, 2022
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Après deux semaines de conflits entre la Russie et l’Ukraine, les marchés ont toujours de ...


Après deux semaines de conflits entre la Russie et l’Ukraine, les marchés ont toujours de la peine à se stabiliser. Les valeurs refuges sont très recherchées, les matières premières s’envolent au point que l’augmentation du prix du blé fait craindre une hausse du prix du pain et tous ceux qui possèdent un véhicule motorisé ont pu s’apercevoir que le prix des carburants monte en flèche. La poursuite de l’avancée des troupes russes en Ukraine et la volonté inflexible de Vladimir Poutine pèsent énormément sur la monnaie unique. Les actifs en euros sont le plus fortement secoués et c’est l’Europe qui souffre le plus des conséquences de ce conflit du fait de sa dépendance aux matières premières russes ou ukrainiennes ainsi que des liens commerciaux liant ses entreprises à la Russie. La devise européenne dévisse et le franc suisse continue sa marche en avant. Il s’est échangé à 0,9973 pour un Euro lundi matin, un cours plus vu depuis la rupture du cours plancher en 2015. La monnaie unique est revenue sur la parité et se traite maintenant au-dessus de 1.0100 sous l’impulsion de probables interventions de la Banque Nationale Suisse. Andrea Maechler, membre du Directoire de la banque centrale, a déclaré « que l’institut suivait de très près l’évolution du franc ». Pour elle, au début des hostilités l’appréciation était peu marquée mais au fur et à mesure que l’intensité des hostilités augmentait, la situation a profondément changée. De plus la remontée de l’inflation complique un peu plus la tâche de la Banque. Publiée jeudi, l’indice des prix à la consommation est repassé au-dessus des 2 % son objectif cible. Poussé par la hausse des matières premières, l’inflation s’élève désormais à 2.2 % contre 1.6 % le mois précédent, largement supérieur aux attentes des analystes qui étaient à 1.8 %. Interrogée sur les probabilités de relever les taux d’intérêt du franc, Mme Maechler a déclaré que la BNS le ferait dès qu’elle le pourrait mais la situation actuelle ne le permet pas même avec une inflation au-dessus de sa cible.


Cette guerre aux portes de la zone euro a mis la monnaie unique sous pression. L’euro est tombé à 1,0822 dollar, un plus bas depuis mai 2020. La levée des mesures de lutte contre la pandémie avait redonné des couleurs à la devise européenne qui était remontée jusqu’à 1.2350. Mais la perspective d’une hausse de taux aux Etats-Unis et l’éclatement de la guerre en Ukraine ont eu raison de ce redressement et semble maintenant ouvrir la porte à plus de repli encore. Les devises qui souffrent le plus de ces évènements sont celles des proches voisins de l’Ukraine soit le Zloty polonais, la couronne tchèque et le Forint hongrois qui dévissent à des niveaux historiques. Le forint et le Zloty ont plongé de plus de 5 % contre un Euro déjà passablement malmené et atteignent des niveaux plus vus contre le dollar depuis le début des années 2000 pour ce qui est du zloty et même au plus bas de tous les temps pour le forint. Le faible niveau des réserves détenues par les deux banques centrales limite fortement les possibilités d’intervenir sur le marché des changes. La Banque de Pologne a augmenté hier son principal taux d’intérêt de 75 bps à 3.5 % pour défendre sa monnaie.


Mais il va de soi que le plus grand perdant est le rouble russe qui dans un marché qui n’existe pratiquement plus est passé de 74 roubles pour un dollar au début février à 177 roubles lundi en fin de journée. Les sanctions et la mise au ban du pays rend les actifs russes très difficilement voire plus négociables. Le marché des changes doit rouvrir aujourd’hui et la bourse demain selon la Banque Centrale.


Les évènements militaires ont pour impact que l’économie est passée à l’arrière-plan ces derniers jours. Mais aux Etats-Unis, le marché du travail a continué son rebond. Le nombre d’emplois créé le mois dernier s’est monté à 678’000 nouveaux postes. C’est supérieur aux attentes qui étaient de 440’000. Le nombre d’emplois créés en décembre et janvier a aussi été révisé à la hausse, à 588’000 et 481’000. Le taux de chômage a reculé de 0,2 % à 3,8 % et le salaire horaire moyen est en hausse de 5,1 % sur un an. Un relèvement du taux directeur de la FED d’un demi pourcent qui semblait acquis est maintenant remis en cause par la situation en Ukraine. Jerome Powell reste favorable à une hausse des taux mais déclare vouloir agir avec précaution car s’il faut certes contenir la flambée de l’inflation, la guerre devrait avoir un impact significatif sur la reprise économique mondiale. Dès lors cet ajustement ne devrait être plus que d’un quart de point.


Sans surprises, l’or flambe et s’échange à plus de 2’000 dollars l’once, au plus haut depuis septembre 2020. L’argent suit et vaut 26,60 dollars par once. Le palladium a touché un plus haut historique à 3’442.47 dollars Le nickel s’est envolé à 100’000 dollars la tonne (contre moins de 30’000 lundi), une augmentation de 500 % depuis le début de l’année forçant le LME (London Metal Exchange) à suspendre les cotations. L’aluminium a dépassé pour la première fois les 4’000 dollars la tonne. Du côté des perdants on trouve évidemment les places boursières qui sont toutes dans le rouge de plus ou moins 9 % aux Etats-Unis à 16 à 17 % en Europe sur le dernier mois.