Le variant Delta perturbe la reprise économique

Jul 21, 2021
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Le billet vert est contre la monnaie unique proche du plus haut de l’année atteint à 1.170...


Le billet vert est contre la monnaie unique proche du plus haut de l’année atteint à 1.1704 le 31 mars. Il profite de données économiques favorables et du fait que le variant Delta ne semble pas toucher les Etats-Unis aussi fortement que d’autres régions du monde. Et cette résurgence de la pandémie, même si le Royaume-Uni a quasiment levé toutes les restrictions depuis ce lundi, inquiète les marchés et cela se reflète dans plusieurs secteurs. Ainsi les rendements des emprunts d’Etats sont tombés lundi à des niveaux plus vus depuis plusieurs mois. La propagation rapide de ce variant Delta pourrait remettre en question la reprise mondiale et par effet domino inciter les banques centrales à maintenir des politiques monétaires accommodantes. Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a chuté en-dessous de 1.19 %, au plus bas depuis la mi-février. Les valeurs défensives comme le franc suisse, le Yen japonais et donc le dollar sont à nouveau recherchées. Le billet vert est on l’a dit en plus soutenu par de bonnes données économiques. Les ventes au détail ont progressé de 0,6 % en juin davantage qu’attendu. L’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 0,9 % ce même mois. Cette nouvelle hausse s’explique encore par un fort rebond des prix dans les domaines largement affectés par la pandémie tels que billets d’avion, hôtel et restauration et par la hausse des prix des véhicules d’occasion (+10,5% sur un mois) qui bénéficie des retards dans la production de véhicules neufs. Ces facteurs, toujours estimés temporaires par la FED, ont poussé le taux l’inflation 5.4 % sur base annuelle et à 4,5 % toujours sur un an pour l’indice excluant l’alimentation et l’énergie. Des valeurs qui sont toujours largement au-dessus de l’objectif de 2 % de la banque centrale américaine même si celui-ci est devenu flexible et non plus absolu.


Le franc suisse poursuit son mouvement à la hausse avec la reprise des incertitudes. Après avoir touché 1.1152 contre l’Euro début mars il se rapproche à nouveau des plus hauts de l’année à 1.0740. Pour l’instant, ce retour en force de notre devise ne semble pas perturber la Banque Nationale comme le montre la publication hebdomadaire des dépôts à vue qui reflète l’activité de l’institut dans le marché. Ceux-ci ont progressé de 200 millions lors de la semaine du 12 juillet alors qu’ils avaient reculé de 370 millions la semaine précédente. La BNS s’abstient donc pour le moment et ne devrait pas apparaître le temps que la parité demeure au-dessus de 1.0800 qui en terme technique représente la ligne basse de son canal descendant. Par contre, elle sera certainement active si celui-ci devait céder ce qui impliquerait un mouvement plus ou moins rapide en direction de 1.0735 et 1.0660.  Le récent repli des rendements internationaux décourage ceux qui voulait quitter le franc dans l’espoir de rémunérations supérieures rendant l’opportunité plus d’actualité. Le rendement du Bund allemand à 10 ans est, lui aussi, tombé au plus bas depuis le 25 mars, à -0,41 %.  De même, l’embellie sur les obligations d’Etat françaises à 10 ans s’est terminée et le taux est de retour en territoire négatif. Une première depuis la mi-avril.


Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés ont trouvé un d’accord pour augmenter légèrement leur production à partir du mois prochain. L’accord prévoit que les 23 membres augmentent de 400’000 barils par jour chaque mois à partir d’août. L’organisation réévaluera la situation du marché en décembre. L’accord trouvé dimanche repousse d’avril 2022 à la fin de l’année 2022 la date limite du plafonnement de la production. Cette décision a généré un repli du prix du WTI de 72 USD à 66.50 USD le baril. Un repli du prix du brut qui a un impact sur la devise des pays producteurs dont la Russie. Si le recul du brut depuis le début du mois est d’environ 10 % et plus de 12 % depuis le sommet atteint à 76.07 USD le 6 juillet, la monnaie russe a perdu moins de 2 % contre le dollar. Cette résistance est due à la réunion de politique monétaire de la Banque Centrale de Russie ce vendredi. Une hausse de 1 % du taux de base est attendue pour freiner une inflation en expansion. Mais si le rouble devait se stabiliser ou se reprendre alors les analystes estiment que la CBR pourrait se contenter de 0.75 %.


L’indice des prix à la consommation en Nouvelle-Zélande a progressé de 3.3 % sur un an et 1.3 % au deuxième trimestre. Ces chiffres élevés ouvrent la porte à la banque centrale pour commencer à remonter ses taux d’intérêts dès le 18 août lors de sa prochaine réunion de politique monétaire. De son côté la Banque du Canada a laissé son taux inchangé à 0.25 % mais elle a réduit le montant de ses achats d’obligations sur les marchés en précisant s’attendre à ce que l’inflation soit plus forte que prévu dans les mois à venir. Alors laquelle des plus importantes banques centrales normalisera sa politique monétaire en premier en relevant ses taux ? Celle du Canada, de Norvège et de Nouvelle-Zélande ont déjà pris des mesures pour réduire leur soutien à l’économie et ralentir l’inflation.


Depuis mercredi passé, les différentes places boursières mondiales ont reculé impactées aussi par l’évolution défavorable de la crise sanitaire.  Ce repli est de 1 % pour Wall Street grâce au rebond de hier et entre 3 et 4 % pour l’Europe qui encaisse en plus le choc des intempéries. Les actions liées au pétrole, aux banques et aux voyages figurent parmi les plus fortes baisses en raison du repli des cours de l’or noir, du recul des rendements obligataires et de l’impact du variant Delta sur le tourisme.


A l’agenda de la semaine avenir nous avons la BCE demain, la très attendue Banque Centrale de Russie vendredi et la Federal Reserve Bank mercredi prochain. Par contre celui des indices économiques ne comporte pas de données majeures.