Le dollar se réveille

Jul 7, 2021
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Au cours de cette semaine estivale et dans l’attente des minutes de la FED qui seront publ...


Au cours de cette semaine estivale et dans l’attente des minutes de la FED qui seront publiées ce mercredi, le marché des devises s’est tout d’abord montré assez calme. En l’absence de catalyseur, les paires de devises ont évolué dans des fourchettes étroites et sans direction claire. Cette accalmie n’a pas duré et la journée d’hier (6 septembre) s’est montrée bien plus dynamique comme nous le verrons plus tard.


Aux Etats-Unis, les statistiques sur l’emploi de la semaine se sont révélées contrastées. D’un côté, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont atteint un plus bas depuis le début de la pandémie et l’économie américaine a créé plus d’emplois qu’attendu le mois dernier. De l’autre, le taux de chômage s’est établi à 5.9 % (+0.1%) alors que le marché anticipait un niveau de 5.7 %. Les investisseurs ont retenu la moins bonne nouvelle et le dollar s’est légèrement replié. Le niveau du chômage est, avec l’inflation, un des deux indicateurs les plus observés par la FED et cette hausse va dans le sens d’une politique attentiste de la banque centrale. Le repli du dollar – certes modeste – s’est manifesté contre les principales devises, y compris contre le yen et la livre sterling qui étaient jusqu’alors en mauvaise posture. Au Japon, les infections au coronavirus sont en hausse alors que les jeux olympiques débutent dans un peu plus de deux semaines. Il est désormais probable que les mesures de confinement seront prolongées dans la préfecture de Tokyo et que les jeux se dérouleront avec un public restreint, voire même à huis-clos. Le dollar avait effacé une résistance à 111 contre le yen mais n’est pas parvenu à se maintenir à ce niveau. La livre sterling en baisse depuis la mi-juin, sous l’effet de la propagation du variant delta s’est reprise depuis vendredi dernier à la faveur d’un dollar plus faible et surtout suite à l’annonce par le premier ministre Boris Johnson que les principales restrictions seraient levées le 19 juillet. Une annonce qui fait couler beaucoup d’encre alors que les contaminations sont en hausse. Le Franc suisse s’est légèrement apprécié à la publication des chiffres du chômage US. Contre l’euro il évolue dans la partie basse d’une bande de fluctuation 1.0880 – 1.1080, actuellement à 1.0919. Les offres d’emploi au deuxième trimestre ont bondi de 28 % sur un an et certains secteurs comme l’informatique cherchent davantage de salariés qu’en 2018. Il faut aller chercher d’autres monnaies pour trouver des mouvements plus importants. Le dollar néo-zélandais a affiché une forte progression (+2% en 3 jours) après que l’indice de confiance des entreprises soit ressorti en hausse de 7 % au deuxième trimestre. Le marché s’attend à une prochaine hausse des taux de la part de la banque centrale néozélandaise. Dynamique inverse au brésil, avec un réal au plus bas depuis un mois à 5.20 BRL pour 1 USD. Le pays reste fortement impacté par l’épidémie de Covid et le taux de chômage ne baisse pas (14.7 % de la population, deux millions de chômeurs de plus qu’il y a un an). L’opposition a demandé la destitution du président Bolsonaro pour sa mauvaise gestion de l’épidémie et pour avoir fermé les yeux sur des irrégularités liées à l’achat d’un vaccin. En Turquie, l’inflation au mois de juin était de 17.5 %, dépassant les attentes et atteignant un plus haut de deux ans. Le président Erdogan met tout en œuvre pour forcer la banque centrale à baisser les taux mais celle-ci voit sa marge de manœuvre réduite par la poussée de l’inflation. La perspective d’une baisse des taux s’éloigne et depuis quelques semaines, la lire turque a enrayé sa chute pour se stabiliser vers les 8.68 TRY pour 1 USD.


Il y avait bien plus d’action sur les autres marchés. L’or a connu une semaine de hausse, passant de 1750 dollar l’once à plus de 1800. Sur fond d’embellie économique en Europe et aux Etats-Unis, le S&P 500 a connu sept séances consécutives de hausse avec plusieurs records de clôture à la clé. Mais coup de tonnerre : quelques jours après son entrée en bourse sur le Dow Jones, le groupe Didi, équivalent d’Uber en Chine s’est vu sanctionnée par le gouvernement chinois qui a demandé le retrait de l’application pour des craintes liées à la sécurité des données. Après l’affaire Alibaba / Ant group, l’Etat chinois ne voit toujours pas d’un bon œil l’arrivée d’investisseurs étrangers au capital de ses fleurons technologiques. L’action Didi a perdu près de 20 % suite à cette annonce.


Hier le baril de WTI a atteint un plus haut depuis plus de six ans à 76.98 dollar. Cette hausse est due à l’incapacité de l’OPEP+ de parvenir à un accord sur une augmentation de la production de pétrole. La production va donc rester inchangée alors que tout le monde s’attendait à une hausse des quotas pour supporter la reprise économique mondiale. Le blocage vient d’un désaccord entre l’Arabie Saoudite d’un côté qui veut augmenter les volumes très progressivement pour ne pas provoquer de chute des prix et les Emirats Arabes Unis de l’autre, qui s’estiment lésés par le mode de calcul et souhaiterait pouvoir produire plus. Des pourparlers sont certainement en cours en coulisses afin d’éviter une guerre des prix mais aucune nouvelle date n’a été avancée pour un prochain meeting. Depuis le plus haut et dans la même journée, le baril a perdu trois dollar sous l’effet de prises de bénéfices et certainement aussi car certains opérateurs parient sur le fait que les différentes parties finiront bien par trouver un accord sur une hausse des quotas de production.


Comme je le disais en introduction, le calme n’a pas duré sur le marché des devises. Dans la journée d’hier (6 juillet), soit le lendemain d’un jour férié aux Etats-Unis, le dollar qui végétait jusque-là s’est brusquement renforcé. De mauvaises statistiques économiques ont été publiées des deux côtés de l’Atlantique. En Allemagne, le carnet de commandes des industriels a diminué au mois de mai et le sentiment économique s’est monté moins optimiste qu’attendu.  Aux Etats-Unis, l’indice PMI non manufacturier s’est également montré moins bon qu’attendu. Le rendement du taux à dix ans américain a chuté de 1.44 % à 1.35 % et le dollar a fortement progressé. A titre d’illustration, le rouble qui aurait pourtant pu bénéficier de la hausse du pétrole, s’affiche en baisse à un niveau de 74 alors qu’il était à 72 fin juin.