Le dollar et le gaz s’envolent

Jul 6, 2022
  • EUR/USD   1.0260
  • DOW JONES   30’967.82
  • USD/CHF   0.9680
  • SMI     10’702.50
  • EUR/CHF   0.9930
  • WTI CRUDE OIL   99.95
  •                     USD/RUB   64.75
  • XAU/USD  1’767.00
Le billet vert a repris des couleurs en ce début de mois malgré un volume d’échanges rédui...


Le billet vert a repris des couleurs en ce début de mois malgré un volume d’échanges réduit en raison d’un jour férié aux Etats-Unis, Independence Day, et du début de la période estivale traditionnellement moins active. La parité avait clôturé le semestre jeudi à 1.0485 avant de plonger à 1.0235 hier un niveau plus vus depuis fin 2002 soit quasiment 20 ans. La crainte d’un fort ralentissement économique liée à la réaction des banques centrales face à l’inflation incite les participants au marché à privilégier le dollar. La publication jeudi de l’indice des prix PCE est sortie en mai à 6.3 % en base annuelle comme le mois précédent. De ce fait, certains analystes l’interprète déjà comme un ralentissement de l’inflation. Et les paris sur la prochaine décision de la FED évoluent en fonction. Un relèvement de 75 points de base reste encore le scénario attendu. Mais la probabilité d’une hausse de 50 points seulement lors de la prochaine réunion du 27 juillet remonte à 20 % contre 6% de probabilités précédemment. Un relèvement d’un demi-pourcent gagne en crédibilité car la FED voit poindre le ralentissement de l’économie. Les dépenses de consommation reculent face à la dégradation du pouvoir d’achat des ménages à cause de l’inflation élevée. Elles se sont contractées de 0,4 % en volume sur le mois de mai après une progression de 0,3 % en avril. Le revenu disponible réel des ménages s’est, quant à lui, contracté de 0,1 % en mai. L’industrie aussi voit poindre des signes de ralentissement. La dégradation des résultats des enquêtes auprès des directeurs d’achats manufacturiers, en juin, alimente les craintes d’une récession aux États-Unis ces prochains mois. Le PMI a nettement reculé à 52,7 points contre 57 points en mai. Les nouvelles commandes sont en recul pour la première fois depuis deux ans à 49,2 points. Pour rappel la barre des 50 points sépare une économie en croissance d’une qui se contracte. La publication du procès-verbal de la Fed demain aura toute son importance car il pourrait donner un nouvel aperçu de l’orientation de la politique monétaire aux Etats-Unis avant la publication des chiffres de l’emploi américain vendredi.


En Suisse aussi, les prix à la consommation ont fortement augmenté en juin, toujours portés par l’envolée des tarifs des hydrocarbures mais aussi de certains produits alimentaires. L’indice des prix à la consommation a accéléré de 3,4 % sur un an en juin après avoir crû de 2,9 % en mai, de 2,5 % en avril et de 2,4 % en mars. Il atteint ainsi un sommet plus atteint depuis 29 ans. Cette progression constante conforte la BNS dans sa décision d’augmenter ses taux d’intérêt sans attendre la Banque Centrale Européenne afin de contenir ces pressions inflationnistes et les tensions haussières sur les prix de l’immobilier. Ce mouvement anticipant la BCE a été possible parce que le franc n’est plus surévalué vis-à-vis de la monnaie unique. La Banque Nationale Suisse a d’ailleurs changé le vocabulaire que tout le monde scrute pour estimer quel sera le degré d’interventions sur le marché des devises. Jusqu’en 2017, la BNS voyait dans le franc une nette surévaluation. Dès septembre 2017, elle a parlé d’une valeur élevée du franc. Le 16 juin dernier, la BNS a juste indiqué être disposée à être active au besoin sur le marché des changes. Une communication qui laisse entendre qu’un euro en-dessous de la parité ne pose pour le moment pas de problèmes à notre banque centrale et ouvre la porte à de nouvelles appréciations. Tout du moins jusqu’aux premières décisions de relèvement de la BCE. A son niveau actuel, la monnaie unique évolue au plus bas depuis janvier 2015 et la décision surprise d’abandonner le taux plancher.


La livre sterling est sous forte pression à 1,1930 dollar au plus bas depuis 2020 et les confinements. La démission de deux ministres dont Rishi Sunnak, le Chancelier de l’Echiquier, qui est un des favoris à la succession de Boris Johnson met encore plus de pression sur le gouvernement. Un récent sondage YouGov montre que la plupart des électeurs conservateurs et deux tiers des britanniques souhaitent la démission du Premier Ministre déjà emmêlé dans plusieurs scandales.  Contre le franc qui est fort, la livre s’échange à 1,1540 et s’approche de son plus bas de tous les temps de mars 2020 à 1.1116 franc.


La Banque Centrale d’Australie a relevé mardi son principal taux directeur de 50 points de base pour le porter à 1,35 % et a signalé que d’autres mesures de resserrement de sa politique monétaire étaient à attendre pour contrôler l’inflation. Il s’agit de la troisième hausse de taux de la RBA depuis le mois de mai. L’inflation a atteint 5.1 % au premier trimestre, soit son plus haut niveau depuis 20 ans et on attend un chiffre encore plus élevé pour le deuxième trimestre certainement proche de 6 %.


Le baril de pétrole a perdu plus de 10 % hier en raison des craintes de récession. Le WTI est passé de 111.45 en matinée à 99.63 dollars en clôture et se négocie autour de 100 dollars ce matin. De son côté, le prix du gaz a doublé depuis le 15 juin à 161 euros par MGWh. L’annonce de la grève d’une partie des salariés du secteur du pétrole et du gaz en Norvège fait craindre une chute des exportations gazières et a provoqué une envolée du prix du gaz naturel. La Norvège a annoncé que les exportations vers le Royaume-Uni et l’Europe pourrait être complètement suspendue dès ce weekend si le conflit se durcit. Le pays nordique est le principal pourvoyeur du Royaume-Uni et compte pour 25 % de la consommation totale de l’Europe.