L’actualité dominée par la situation en Ukraine

Feb 23, 2022
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Vous l’avez remarqué : ces temps-ci on parle beaucoup moins du COVID et beaucoup plus de g...


Vous l’avez remarqué : ces temps-ci on parle beaucoup moins du COVID et beaucoup plus de géopolitique et de stratégie militaire. Pourtant après la Suisse, l’Angleterre a mis fin aux restrictions sanitaires en allant même plus loin que chez nous : à partir de jeudi un individu testé positif ne sera plus obligé de rester confiné. Mais bien évidemment c’est la situation en Ukraine qui domine l’actualité et qui agite les sphères politiques et économiques. Lundi soir dans une allocution télévisée, Vladimir Poutine a choisi de reconnaître l’indépendance des républiques séparatistes du Donbass. Cela signifie de fait la fin des accords de Minsk. Dans la foulée, le président russe a ordonné à son armée de « maintenir la paix » dans les territoires séparatistes. La réponse occidentale ne s’est pas faite attendre puisque l’Europe et les Etats-Unis ont annoncé une première vague de sanctions. L’Allemagne a été la première à réagir en annonçant l’arrêt de la certification du gazoduc Nord Stream 2. Bien loin d’une désescalade, ces dernières heures ont donc vu un accroissement des tensions ce qui n’a pas été sans impact sur les marchés financiers. Sans surprise, les valeurs refuges ont été fortement recherchées. Le franc suisse s’est apprécié jusqu’à un niveau de 1.0338 gagnant 1% contre la monnaie unique. Le billet vert a également progressé contre l’euro qui a chuté à 1.1288. Dans une moindre mesure le yen a également progressé, la livre sterling est restée stable. L’or a grimpé jusqu’à 1914 dollar l’once tandis que le bitcoin chutait autour de 36,000 dollars, remettant en cause son statut de valeur refuge. Enfin le rouble a fortement souffert : au plus bas lundi matin il fallait environ 80 roubles pour un dollar, soit une chute de plus de 5% par rapport à la veille. Du côté des matières premières, le pétrole a continué sa progression en direction des 100 dollar le baril (plus haut à 96 dollar). L’aluminium et le Nickel, des métaux dépendant de l’offre russe sont également en hausse. Ce dernier a atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans à 25,000 dollars la tonne. Le cours du blé est également sensible à l’évolution de la crise ukrainienne : il a connu une hausse de 6% ce lundi. La céréale, fortement cultivée en Russie et en Ukraine se cote à la bourse de Chicago à un prix de 810 dollars contre 650 un an auparavant.


Les bourses mondiales continuent d’évoluer à la baisse. Lundi la bourse russe perdait 10% avant d’être suspendue. Les bourses européennes étaient également dans le rouge lundi (et mardi pour les Etats-Unis). En plus de subir les tensions géopolitiques, les marchés actions sont fragilisés par la hausse de l’inflation et les perspectives de remontée des taux d’intérêt. En Chine, un nouveau tour de vis réglementaire pèse également sur les cours. La plupart des actifs connaissent en ce début de semaine de fortes variations de prix, et la volatilité est bel et bien de retour.


Il est intéressant de noter qu’un rééquilibrage est intervenu lors de la journée de mardi. Alors qu’aucun progrès n’a eu lieu sur le plan géopolitique, et même que la présence russe s’est établie au Donbass, les valeurs refuges ont abandonné une bonne partie de leurs gains. La parité euro / franc suisse est remontée à 1.0461. L’euro a lui progressé contre le dollar et l’or est repassé sous la barre des 1900 dollar l’once. Les bourses européennes ont terminé proches de l’équilibre : malgré les tensions le marché n’était plus en mode panique. Cette nuit les Etats-Unis ont annoncé une première tranche de sanctions avec des restrictions sur la dette souveraine russe et des sanctions ciblées contre certaines banques et élites russes. Ces sanctions ne ciblent pas directement le président Vladimir Poutine, elles ne consistent pas non plus à une déconnection de la Russie du réseau SWIFT. Les sanctions ont été accueillies favorablement par le marché : le baril de pétrole a reculé à 92 dollars.


Dans le reste de l’actualité financière, les dernières données économiques publiées étaient globalement bonnes. La production industrielle en Europe s’est améliorée plus qu’attendu au mois de décembre. En Allemagne, le moral des investisseurs (indice ZEW) est en hausse tout comme le climat des affaires (indice IFO). Aux Etats-Unis, les ventes au détail progressent plus que prévu en janvier. L’inflation explique évidemment une partie ce résultat mais il faut aussi y voir une consommation en progression dopée par le recul des restrictions. La production industrielle est également en hausse et l’indice des directeurs d’achat (PMI) publié hier montre que l’activité américaine continue d’accélérer.


Assez peu d’annonces de banques centrales cette semaine, mis à part en Nouvelle Zélande où la RNBZ a augmenté son principal taux d’intérêt de 25 points de base pour le porter à 1 %. Il s’agit de la troisième hausse consécutive. Le kiwi continue sa hausse en février après un plus bas de plus d’un an fin janvier.