La parité EUR/USD à nouveau sur le haut de la fourchette de fluctuation

May 19, 2021
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La parité EUR/USD évolue à nouveau sur le haut de la fourchette de fluctuation de cette an...


La parité EUR/USD évolue à nouveau sur le haut de la fourchette de fluctuation de cette année. Après avoir touché un plus haut à 1.1704 contre la monnaie unique à la fin mars, le dollar continue son repli et il faut donc plus de 1.2200 dollar pour un Euro ce matin. Le thème dominant de ces derniers jours a été, une fois de plus, celui de l’inflation aux Etats-Unis. Même si elle était attendue en hausse, l’accélération de l’inflation en avril a été plus rapide qu’anticipé. Les prix à la consommation ont bondi de 0.8 % à 4.2 % sur un an. L’inflation hors produits alimentaires et énergie a quant à elle progressé de 0,9 % à 3.0 % sur un an, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1996. Cette inflation qui est donc maintenant largement en-dessus de l’objectif de 2 % n’inquiète pour l’heure pas la FED qui s’est attelée à rassurer les marchés. Le vice-président Richard Clarida a déclaré que l’institut anticipait toujours une inflation plus élevée, temporaire mais non durable, comme cette accélération en avril qui a surpris les marchés. La Réserve fédérale qui a donc réitéré la nature transitoire des tensions sur les prix, devrait maintenir sa politique expansionniste jusqu’au retour du plein emploi comme elle l’avait mentionné à de multiples reprises. En forte baisse suite à la nouvelle, les principaux indices boursiers ont rebondi en fin de semaine. De même le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans qui avaient frôlé 1.70%, après l’annonce, a depuis reculé. Et paradoxalement alors qu’une remontée potentielle des taux aux USA devrait profiter à la devise américaine, le dollar a perdu du terrain car le contexte financier reste très accommodant et propice à la prise de risque. Il existe néanmoins des voix discordantes à ce discours rassurant de la banque centrale. Telle celle de Larry Summers, l’ancien Secrétaire d’Etat au Trésor qui est un des plus critiques envers la position attentiste de la Fed. Pour lui, l’inflation monte plus vite qu’attendu et les chiffres du marché de l’emploi ne reflètent pas vraiment la situation réelle dans le pays. La réouverture de l’économie permet aux secteurs les plus affectés par la pandémie de retrouver une marge de manœuvre pour relever les prix, d’autant que les finances des ménages vont mieux grâce au redressement de l’emploi et aux plans de relance gouvernementaux. Les prix du transport aérien remontent ainsi de 10 % en avril, ceux des hôtels et des voitures de location suivant.


De l’autre côté de l’Atlantique, l’enquête ZEW du sentiment économique en Allemagne montre un fort regain d’optimisme au mois de mai avec un rebond de l’indice plus marqué qu’attendu et qui passe de 70,7 à 84,4 points. Tendance similaire dans la zone euro avec un net rebond de ces perspectives économiques qui passent de 66,3 à 84,0 points. Ces deux sondages corroborent le scénario de reprise de l’activité économique dans la zone euro, qui devrait s’accélérer en seconde partie d’année grâce à la progression des campagnes de vaccination et à la réouverture progressive des économies. Ces données positives ont aussi porté la monnaie unique au détriment de la devise américaine.


Le repli du billet vert se produit aussi contre la livre sterling qui est très proche du plus haut de l’année touché à la fin février.  Le franc suisse et l’once d’or ont aussi retourné leur tendance baissière contre le dollar pour progresser en direction des sommets atteints au début janvier.


La Chine a observé un ralentissement de la croissance économique malgré des chiffres positifs. Ainsi, la production industrielle ne gagne que 9.8 % au mois d’avril sur base annuelle contre 14.1 % précédemment. Les ventes au détail ne progressent que de 17.7 % contre 34.2 % au mois de mars. Ces chiffres bien que demeurant impressionnant et qu’envient de nombreuses économies occidentales laissent quand même craindre un léger ralentissement. Malgré cela avec le repli général du billet vert la devise chinoise progresse à 6.4250 Yuan pour un dollar contre 6.49 au début du mois. Par ailleurs l’appétit des investisseurs chinois pour les bons du Trésor américain demeure grâce à la hausse des rendements. Ces derniers ont procédé en mars à des achats pour 41.56 milliards de dollars, le montant le plus important depuis huit ans. Le précédent record datait de janvier 2013.


L’agenda à venir est très léger car il faudra en effet attendre le mois prochain pour avoir la ronde des réunions de banques centrales reprendre. Mais en attendant, ce soir, seront publiées les minutes de la dernière réunion de la FED. Avec les récentes publications des chiffres sur l’emploi et l’inflation et même si cette réunion a eu lieu avant la sortie de ces données qui ont surpris les marchés, il sera intéressant de voir comment la banque entrevoit l’évolution de l’économie américaine.