La monnaie unique demeure sur la défensive contre le dollar

Feb 3, 2021
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La monnaie unique demeure sur la défensive contre le dollar. La semaine passée, Klaas Knot...


La monnaie unique demeure sur la défensive contre le dollar. La semaine passée, Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne a déclaré que l’institution avait la possibilité d’amener davantage son taux en territoire négatif pour améliorer les conditions de financement et atteindre les objectifs d’inflation. Il est aussi revenu sur le niveau de la monnaie unique en déclarant que la banque centrale avait les outils nécessaires pour contrer la valorisation de l’Euro. La cours de la monnaie s’est directement affaiblie, reculant de 1.2150 à 1.2059. Mais il y a des voix discordantes au sein de l’institution car pour d’autres la BCE ne devrait pas abaisser son taux de base, l’effet sur l’économie étant minime estiment-ils. Le fait est que le niveau de la monnaie unique est le sujet d’intenses discussions à Francfort. La devise souffre non seulement des problèmes de livraison qui affecte le programme de vaccination mais aussi de données économiques mauvaises. Sous l’effet des restrictions en Allemagne qui pourrait se prolonger jusqu’en juin, le pays a connu une très forte chute de ses ventes au détail. Celles-ci ont reculées de 9.6 % en décembre contre une progression de 1.9 % le mois précédent. Le Produit Intérieur Brut allemand n’a progressé que de 0,1 % au quatrième trimestre après un rebond de 8,5 % au troisième. Sur 2020, le PIB restera négatif. L’Espagne a connu une année cauchemardesque en 2020.  La progression du PIB de 0,4 % au quatrième trimestre a été nettement insuffisante pour compenser l’impact des mesures liées à la pandémie. La croissance a reculé de 11 % en 2020. La chute de la production se chiffre à 130 milliards et l’Espagne subit son pire effondrement depuis la Guerre civile en 1936. En Italie, le recul est de 2 % au dernier trimestre et de 8.9 % sur l’ensemble de l’année. Pour la zone Euro, la première estimation pour le quatrième trimestre voit un recul de 0.7 % alors qu’il avait progressé de 12.4 % au précédent.


Aux Etats-Unis, lors de la première réunion de politique monétaire Le comité a décidé de laisser inchangés ses taux directeurs. Les programmes d’achat en bons du Trésor vont aussi continuer. Les conditions économiques se sont dégradées en fin d’année, fragilisant la reprise. Les mesures en place seront maintenues tant que le chômage n’aura pas diminué et l’inflation atteint la cible des 2% selon le communiqué. Le ton de Jerome Powell a été assez accommodant à l’occasion de sa conférence de presse. Contrairement au Vice-président Richard Clarida et à la Gouverneure Lael Brainard, il estime prématuré d’envisager une réduction des mesures mises en place pour soutenir l’économie. Il ne croit pas que la FED va réduire les achats d’actifs cette année et estime que la réouverture de l’économie et la demande qui devrait en découler n’aura pas d’effets significatifs sur l’inflation.


En Suisse, la BNS qui subissait une certaine pression a décidé de se montrer plus généreuse dans la redistribution de ses bénéfices. Les cantons et la Confédération recevront davantage d’argent. Une nouvelle convention réglemente la distribution du bénéfice de la BNS pour 2020 à 2025. Un montant maximum de six milliards sera versé par exercice. Le mécanisme prévoit une base de 2 milliards de francs, lequel montant est versé si un bénéfice au moins équivalent est réalisé. S’y ajoutent quatre distributions supplémentaires possibles de 1 milliard de francs chacune. Celles-ci sont effectuées si le bénéfice porté au bilan atteint 10, 20, 30 ou 40 milliards de francs. Comme les conditions d’une distribution maximale sont remplies pour l’exercice 2020, un montant de 6 milliards de francs sera versé à la Confédération et aux cantons cette année. Sur le plan économique, Thomas Jordan s’attend à ce que la croissance demeure faible et même peut être négative au dernier trimestre 2020 et pour le premier de 2021. Il a aussi réitéré que la décision de l’administration américaine de mettre la Suisse sur la liste des pays qui manipule leur devise n’a aucun impact sur la politique menée par la Banque Nationale.


La Banque Centrale d’Australie a décidé de garder son taux directeur à 0.1 % mais a signifié sa volonté de continuer à supporter l’économie par une politique monétaire accommodante. Elle a ainsi annoncé prolonger son QE qui devait se terminer en avril de six mois supplémentaires. Dans son communiqué elle a aussi modifié la prévision pour ses taux d’intérêts. D’un statu quo envisagé pour « au moins trois ans » on est passé à pas de hausses avant « au plus tôt en 2024 ». Cette annonce a pesé sur le dollar australien d’autant plus que le Gouverneur Philip Lowe a déclaré que sans cette décision il y avait des risques de voir la monnaie australienne se renforcer.


L’argent a connu une très forte volatilité ces derniers jours. Sous l’effet de prises de positions spéculatives massives, l’once d’argent a dépassé brièvement la barre des 30 dollars. Le métal gris avait débuté l’année à 26.66 dollars, est descendu à 24.05 pour ensuite touché des niveaux plus vus depuis le premier trimestre 2013 à 30.1003 ce lundi. Mais le prix de l’once a fortement reculé lundi soir lorsque le COMEX a annoncé que la marge sur les contrats futurs était augmentée de 18 % à partir du 2 février. Cela a engendré une vague de liquidation qui a ramené le cours en-dessous des 27 dollars par once. L’or par contre n’a pas connu une telle frénésie et est resté stable ces derniers jours.