La devise à la feuille d’érable continue son appréciation

May 5, 2021
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Le dollar a repris quelques couleurs ces derniers jours et forcé la monnaie unique à se re...


Le dollar a repris quelques couleurs ces derniers jours et forcé la monnaie unique à se replier autour de la barre des 1.2000. La parité avait atteint 1.2150 après la réunion de politique monétaire de la FED jeudi passé. Le Président, Jerome Powell, a répété une fois de plus qu’il faudra attendre que l’économie ait montré un dynamisme durablement retrouvé pour resserrer la politique monétaire.  Les objectifs d’un retour au plein emploi et d’une inflation installée sur les 2 % restent des préalables à tout changement. Une partie du marché espérait que le Président de la Banque Centrale américaine laisse entrevoir le début prochain de la réduction des rachats d’actifs ouvrant la porte à une remontée des taux d’intérêts. Elle a donc été déçue et cela a déclenché cet accès de faiblesse du billet vert. Jerome Powell a du reste mentionné que la question d’une réduction des achats d’actifs (tapering) n’avait pas été débattue par la banque centrale. La secrétaire au Trésor américain Janet Yellen a, elle, minimisé les craintes de voir les dépenses budgétaires favoriser l’inflation. Selon elle, ces dépenses seront étalées sur une décennie et la Fed surveillait attentivement l’évolution des prix et avait les moyens nécessaires pour la contenir. Mais comme les indicateurs montrent toujours une activité économique dynamique aux Etats-Unis, ce mouvement baissier a été rapidement corrigé. L’économie américaine a crû de 6.4 % au premier trimestre alors qu’il s’élevait à 4.30 % lors du dernier de 2020. La consommation des ménages a bondi de 10.7 %. Les dépenses d’investissement en équipement progressent de 16.7 % alors que les ventes de maisons existantes ont augmenté de 25.3 % sur une année. Cela confirme une nette accélération de l’activité qui reflète à la fois un rebond technique et les effets des plans de relance. La situation économique contraste complètement avec celle en Europe où le Produit Intérieur Brut de la zone euro a en revanche reculé de 0,6 % au premier trimestre après – 0,7 % le trimestre précédent. Une rechute causée par les restrictions sanitaires et qui marque la deuxième récession technique depuis la pandémie et creuse encore l’écart du PIB par rapport à son niveau d’avant la crise.


En Suisse, le baromètre économique avancé publié par le KOF a fait une belle envolée. Cet indicateur est sorti à 134 points en avril contre 118,0 en mars établissant un nouveau record. Avant de plonger lors de la crise au printemps passé cet indicateur avancé de l’économie évoluait autour de la barre des 100 points depuis cinq ans. Malgré les déclarations de M. Jordan réitérant que le franc est toujours surévalué, les investisseurs continue à le plébisciter et notre devise est repassée sous les 1.1000 contre la monnaie unique. Les élections législatives écossaises auront lieu demain afin d’élire les 129 membres du Parlement. Si le parti indépendantiste SNP de Nicola Sturgeon, Première Ministre, gagne avec une forte majorité, l’Ecosse pourrait à nouveau voter pour son indépendance. Cela a pesé sur la livre sterling et l’incertitude favoris le franc. De son côté, la Banque Nationale Suisse a enregistré un bénéfice net de 37.7 milliards de francs lors des trois premiers mois de cette année. Ceci contraste avec la perte de 38.2 milliards enregistrés durant la même période l’année passée.


Après l’annonce surprise par la Banque du Canada de réduire ses achats d’actifs de 4 à 3 milliards de dollars canadiens par semaine, la devise à la feuille d’érable continue son appréciation et est passée sous les 1.2300 contre le dollar américain. La devise canadienne a non seulement été soutenue par la décision de la banque centrale mais aussi par la hausse des prix des matières premières et dans une certaine mesure le repli du billet vert. Le prochain rendez-vous important sera la publication vendredi des données sur l’emploi. L’amélioration progressive du marché de l’emploi devrait se refléter dans ce chiffre. Mais si celui-ci devait battre de manière significative les attentes du marché, nul doute que la devise canadienne poursuivra son ascension.


La Banque Centrale d’Australie a laissé hier ses taux d’intérêts inchangés. Tout en réaffirmant sa volonté de maintenir les taux à des niveaux bas au moins jusqu’en 2024, la banque a revu à la hausse ses perspectives de croissance pour 2021 et 2022 ainsi que celles portant sur le marché de l’emploi. Pour la même période. Le Gouverneur Philip Lowe a maintenu l’objectif de rendement jusqu’à avril 2024 à 0,10 %. La prochaine réunion aura lieu le 1er juin mais Philip Lowe a déclaré que le conseil déciderait lors de celle du 6 juillet de prolonger ou non l’horizon de temps jusqu’à novembre 2024


La réunion de politique monétaire de la Banque Centrale de Turquie se tiendra aujourd’hui et est très attendue. Le Gouverneur de la banque Sahap Kavcioglu a déclaré que l’inflation devrait atteindre son point culminant en avril mais la faiblesse actuelle de la livre turque ne peut qu’augmenter les pressions inflationnistes. Il devrait néanmoins garder les taux inchangés à 19 % lors de cette réunion mais les pressions pour baisser les taux provenant du gouvernement devrait continuer. Une inflation à la hausse et des taux à la baisse n’annonce pas des jours faciles pour la devise turque.


A l’agenda, les réunions des banques d’Angleterre et de Norvège sont attendues demain alors que sur le plan des données économiques, les chiffres sur l’emploi aux Etats-Unis et au Canada seront publiés vendredi.