La BCE change de ton face à l’inflation

Feb 9, 2022
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Jeudi dernier, la banque centrale d’Angleterre a décidé de relever son taux directeur à 0....


Jeudi dernier, la banque centrale d’Angleterre a décidé de relever son taux directeur à 0.50 %. Cette décision fait suite à un précédent relèvement en décembre de 0.10 à 0.25%. Alors que la banque d’Angleterre a pour objectif de contenir l’inflation autour de 2%, celle-ci a été mesurée à 5.4% en fin d’année dernière. En raison de l’augmentation des prix de l’énergie, la banque centrale prévoit même que la hausse des prix atteigne 7.25 % en avril. Comme en témoigne le vote sur la politique monétaire, les membres de la BoE apparaissent divisés sur le rythme du resserrement monétaire : la moitié des membres (quatre sur neuf) étant favorables à une hausse de taux plus rapide d’un demi pourcent au lieu d’un quart. Les plus faucons souhaitent envoyer un message fort pour tempérer les anticipations d’une inflation élevée et persistante qui se répercuterait sur les salaires. Les plus prudents pensent qu’un durcissement trop rapide de la politique monétaire tel qu’anticipé par le marché serait susceptible de pénaliser la reprise en cours.


Jeudi dernier également, la banque centrale européenne a comme attendu laissé sa politique monétaire inchangée. Toutefois face à une inflation toujours aussi forte, la BCE a fini par changer de ton. Dans son commentaire, Christine Lagarde a souligné que les risques que pose l’inflation sont clairement revus à la hausse. Désormais pour 2022 tout est sur la table et la banque centrale n’exclut plus de monter les taux dès cette année alors que ce scénario n’était jusqu’à présent pas évoqué. La hausse des prix dans la zone euro a largement dépassé les attentes en s’établissant à 5.1% en janvier sur une année alors que le consensus était de 4.4 %. L’inflation ne faiblit donc toujours pas et suit le même rythme (annualisé) qu’en novembre et décembre.


Suite aux déclarations de la BCE jeudi, l’euro dollar a bondi de deux figures : de 1.1280 il a rapidement été casser les 1.14 puis a continué à s’apprécier jusqu’à 1.1484 vendredi. Contre le franc suisse, l’euro a cassé le niveau de 1.06 avant de consolider. Les rendements obligataires en Europe ont également bondi. Depuis le début du mois, le taux à 10 ans français est passé de 0.43 à 0.73 %, le bund a progressé de 0 à 0.27 % et le Gilt de 1.3 à 1.5 % Dans le même temps, le rendement du trésor américain a 10 ans a progressé de 1.78 à 1.96 %.


Les rendements obligataires ainsi que la monnaie unique ont par la suite légèrement reflué ces dernières heures, avec comme explication possible la nouvelle sortie de la présidente de la BCE qui a souhaité temporiser sur une possible hausse de taux ce semestre en déclarant devant le parlement européen qu’ « il n’était pas nécessaire de se précipiter vers une conclusion prématurée pour le moment ». Madame Lagarde a de nouveau précisé qu’une hausse de taux ne se ferait que progressivement, et seulement après l’arrêt des achats d’actifs.   Le président de la banque de France a également jugé que le marché avait sur-réagi sur la tonalité plus hawkish de la BCE.


En Allemagne la production industrielle s’est contre toute attente repliée de 0.3 % en décembre alors que l’on s’attendait à une hausse de 0.4%. Le secteur de la construction a particulièrement souffert du manque de matières premières et de main d’œuvre ainsi que de fermetures pendant la période des fêtes. Sur l’ensemble de l’année dernière, l’activité économique allemande a progressé de 2,8% : un chiffre à comparer avec la croissance de 7% en France ou 6.5 % en Italie. Cet écart s’explique en grande partie par la prépondérance du secteur industriel dans l’économie allemande, ce qui l’expose particulièrement aux difficultés mondiales d’approvisionnement et de chaine logistique.


Aux Etats-Unis sur l’année dernière, le déficit des biens et services a atteint 859 milliards de dollars et le déficit des biens atteint 1,090 milliards de dollars. Ce sont deux records absolus. Logiquement, le déficit de la balance commerciale s’est accru de 27 % l’année dernière. Avec la réouverture des économies, les exportations ont fortement rebondi mais moins toutefois que les importations, dopées par une forte demande intérieure elle-même soutenue par les aides gouvernementales. Demain nous serons attentifs au chiffre des prix à la consommation. Il sera interprété par un marché qui se demande si la FED va monter les taux de 25 ou de 50 points de base lors de sa prochaine réunion en mars.


Ce matin le baril de pétrole américain est autour de 89 $ après un plus haut de sept ans à 92.31 $. Ce léger reflux s’explique par des avancées dans le dossier du nucléaire iranien et par la visite diplomatique du président Macron auprès de son homologue russe. Le prix de l’aluminium est quant à lui à un plus haut historique à 3200 dollar en raison des difficultés d’approvisionnement : stocks faibles et pénuries en Chine et à l’étranger.