Importantes divergences

Jun 24, 2020
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La semaine passée la Banque Nationale Suisse a maintenu son taux directeur  à moins 0,75%,...


La semaine passée la Banque Nationale Suisse a maintenu son taux directeur  à moins 0,75%, comme l’attendaient à l’unanimité les analystes. La BNS a renouvelé jeudi son engagement en faveur d’une politique monétaire ultra-expansive, affirmant que ces mesures non conventionnelles aideront la Suisse à faire face à la récession la plus grave depuis des décennies. L’institut reste ainsi disposé à intervenir de manière accrue sur les marchés comme l’a déclaré son Président Thomas Jordan. Pour empêcher une nouvelle appréciation du franc et donc des difficultés supplémentaires pour l’économie suisse d’exportation, la banque nationale a reconnu avoir effectué des interventions importantes sur le marché des changes. Selon différentes estimations, la BNS a vendu entre 70 et 100 milliards de francs depuis le début de l’année et particulièrement depuis début mars. Dans une interview publiée dans la NZZ, Fritz Zurbruegg (Vice-Président) déclarait qu’en principe il n’y avait pas de limites aux interventions. Interrogé sur les risques de voir la Suisse apparaître sur la liste des pays manipulant leur devise par les Etats-Unis, il a déclaré que l’institut était en contact régulier avec les autorités américaines, que la Suisse est un cas particulier de par la nature de son économie particulièrement ouverte et que l’on ne pouvait pas dire que le franc était faible. Les interventions n’ont pas pour but d’affaiblir le franc mais de tempérer son appréciation. Pour Thomas Jordan « la situation s’est de nouveau un peu détendue » depuis fin mai et l’annonce d’un plan de relance européen de 750 milliards d’euros.


Mais ce répit demeure fragile car comme l’on pouvait s’y attendre les quatre «frugaux» – Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark  sont très réservés sur ce plan, qui bénéficiera avant tout aux pays du Sud et pour le moment aucun accord n’a été trouvé. Les 27 doivent surmonter d’importantes divergences, qu’il s’agisse du montant du plan, de sa durée, de l’équilibre entre prêts et subventions.  Les dirigeants européens ont prévu de se retrouver en face-à-face mi-juillet à Bruxelles, le précédent sommet ayant eu lieu par visioconférence, pour trouver un accord rapide sur les critères de répartition des aides ainsi que de la délicate question d’une «conditionnalité», c’est-à-dire la contrepartie, par exemple des réformes, réclamée à un Etat en échange de ces fonds. La Présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde, voit là l’occasion de « prouver que l’Europe est de retour. Plus vite le paquet est adopté, mieux c’est pour l’économie de l’UE » a-t-elle dit aux chefs de gouvernement des 27.


S’ajoutant à cela les tensions commerciales sino-américaines et militaires  entre l’Inde et la Chine, les flambées de nouveaux cas de coronavirus en Allemagne, aux Etats-Unis et en Chine de même qu’au Brésil maintiennent une haute dose d’incertitude sur les marchés. Une incertitude qui ne relâche donc pas complètement la pression sur les valeurs refuges que sont le franc, le Yen et l’or. Le métal jaune profite ainsi des risques d’une seconde vague de Covid-19 et de la perspective que les taux d’intérêt vont rester bas dans la majorité des pays pendant longtemps. Il faut remonter à l’automne 2012 lors de la crise de l’Union pour retrouver l’once d’or à un pareil niveau contre le dollar.


La Banque Centrale  de Russie a abaissé son taux directeur à un plus bas historique à 4,5 %. Cet ajustement à la baisse de 1 % était attendu par les analystes car la Gouverneure Elvira Nabiullina l’avait largement laissé entendre le mois passé.  En raison d’une exposition plus forte que prévue au facteur de désinflation, des ventes au détail qui  ont chuté de 19,2 % en mai sur un an et d’un taux de chômage à 6,1 % en mai après 5,8 % en avril et 4,7 % en mars, elle a déclaré que le Comité de Politique Monétaire déciderait en juillet entre le statu quo et un autre ajustement à la baisse. Le marché penche pour le moment pour une nouvelle coupe du taux de référence d’un quart ou d’un demi-pourcent.


La Banque Centrale de Nouvelle-Zélande a gardé inchangé son taux directeur à 0.25 %. Elle s’est montrée prudente, indiquant être prête à utiliser d’autres outils monétaires si nécessaire pour supporter l’économie  tout en confirmant son objectif de rachat d’actifs à hauteur de 60 milliards de $ néo-zélandais. Elle a encore relevé que la force de la devise avait pénalisé les exportations.