"I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat", Winston Churchill

Aug 31, 2022
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En fin de semaine passée, les yeux étaient rivés sur Jackson Hole aux Etats-Unis où se ten...

En fin de semaine passée, les yeux étaient rivés sur Jackson Hole aux Etats-Unis où se tenait le symposium annuel des banquiers centraux et le moins que l’on puisse dire c’est que l’évènement a marqué les esprits. C’est surtout l’intervention de Jerome Powell que tout le marché scrutait et celui-ci a tenu un discours très fort et déterminé. La lutte contre l'inflation aux Etats-Unis « va faire souffrir les ménages et les entreprises mais y renoncer serait encore plus dommageable pour l'économie. Revenir à la stabilité des prix prendra du temps et entraînera une longue période de croissance plus faible ainsi qu'un ralentissement du marché du travail » a déclaré le Président de la FED. Il s’est réjoui de la baisse récente de l’inflation mais cette embellie de juillet devait être confirmée dans la durée avant que l’institut ne baisse la garde. Il a redit qu’il était prêt à « une autre forte hausse exceptionnelle des taux » à la prochaine réunion du Comité de Politique Monétaire du 21 septembre, après déjà deux tours de vis consécutifs de 75 points de base. Il a de même prévenu les marchés que les taux d'intérêt iraient en territoire restrictif et que la barre du taux neutre qui reflète le niveau idéal, généralement autour de 2,5 %, pour ne créer ni de surchauffe ni ralentissement l'économie, n'était plus guère d'actualité pour l'instant. Ces estimations du taux neutre ne sont pas un seuil où l'on doit faire une pause a-t-il averti. Le rendement des bons du Trésor américain à deux ans qui est particulièrement sensibles aux anticipations d'évolution des taux, est remonté fortement et a atteint son plus haut niveau depuis fin 2007 à 3,4804 % lundi matin contre 3.36 % avant l’intervention de M. Powell. Pour en terminer avec la FED, on notera que les attentes du marché par rapport au taux d’intérêts ont été relevées. Les investisseurs s'attendent maintenant à ce que la Fed porte les taux d'intérêt à 3,75 % d'ici février prochain contre 3,30 % au début de ce mois. Soit une hausse de 75 points de base en septembre 2022 puis trois hausses de 25 points en novembre 2022, décembre 2022 et février 2023.


Le billet vert a connu une journée chahutée dans la foulée de la conférence de presse. Avant l’intervention de Jerome Powell, le dollar avait fortement reculé contre la monnaie unique suite à plusieurs données économiques décevantes. La monnaie unique avait regagné du terrain passant de 0.9950 dollar pour un Euro à quasiment 1.0100 mais la devise européenne devait tout reperdre le terrain gagné par la suite et chuté à 0.9914 lundi. Depuis l’Euro a de nouveau repris des couleurs. Une bonne nouvelle concernant les stocks de gaz allemand est venue soutenir la devise. Le remplissage des cuves allemandes s’est fait à régime soutenu au mois d’août et l'objectif d'un remplissage à 85 % au 1er novembre devrait être atteint avec un mois d'avance. Et si les indicateurs continuent de se détériorer dans la zone euro tel l’indice PMI composite qui est tombé à un plus bas depuis dix-huit mois en août, des informations provenant de la BCE laisse entendre que celle-ci pourrait elle aussi relever son principal taux d’intérêt de manière plus marquée qu’attendue lors de sa réunion le 8 septembre. Les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque Centrale Européenne semblent de plus en plus inquiets de voir l'inflation s'installer à un niveau élevé selon le compte rendu de la réunion de juillet publiée la semaine passée. Malgré les risques d'une récession, l'institution devrait relever à nouveau ses taux de 0.50 % le mois prochain mais un ajustement de 0.75 % n’est pas improbable.


Bien que le principal taux directeur de la Banque d'Angleterre devrait monter significativement, les cambistes s'inquiètent de voir la livre se déprécier encore davantage. L'explosion des prix de l'énergie, une inflation galopante et de fortes craintes pour l’économie britannique mettent la devise sous pression. La livre a atteint son plus bas de l’année hier à 1.1622 contre le dollar malgré des anticipations supérieures au taux américains au Royaume-Uni. Le marché attend un rendement de 3.81 % pour le dollar en mars prochain et de 4.15 % pour la livre.


Le cours du pétrole WTI poursuit son ascension initiée mi-aout alors que le baril avait atteint un plus bas à 85.37 dollars. Soutenu par des récents commentaires de l’OPEP sur une annonce possible d’une réduction des quotas de production ainsi que les tensions en Lybie qui font craindre une réduction de la production. Les risques de récession aux Etats-Unis et en Europe, pourraient mener à une baisse de la demande dans ces régions et les pays producteurs de pétrole voudraient anticiper un surplus de production qui pourrait conduire à une poursuite de la baisse des prix en réduisant donc d’ores et déjà leur production. L’OPEP se réunit le 5 septembre et le cours du pétrole pourrait continuer de progresser et retrouver la barre des 100 dollars d’ici là n’est pas exclu.


Sans surprises, les marchés boursiers ont terminé en fort recul vendredi passé après le sommet de Jackson Hole. Le Dow Jones a reculé de 1'000 points passant de 33'293 à 32'283 de l’ouverture à la clôture de la session et les 11 secteurs du S&P 500 ont fini en baisse entrainant dans leur sillage les places européennes. Sur les 5 dernières séances, la bourse américaine perd plus de 3 % et les places européennes au tour des 2.80 %.