Cette inflation si redoutée partout

Apr 13, 2022
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La parité EUR/USD est restée stable ces cinq derniers jours. La monnaie unique demeure sou...


La parité EUR/USD est restée stable ces cinq derniers jours. La monnaie unique demeure sous pression et évolue sur les plus bas de l’année en raison du conflit en Ukraine qui est voué à durer et n’entrevoit aucun cesser le feu à court terme. En l’absence d’évolution sur le terrain c’est donc vers les fondamentaux économiques que le marché se tourne. Avec un sujet qui trône en tête de liste depuis quelque temps, l’inflation.


La semaine passée était marquée par la publication du procès-verbal de la dernière réunion de politique monétaire de la FED. Celui-ci a montré qu’une ou plusieurs augmentations de 50 points de base pourraient être appropriées lors des réunions à venir, en particulier si les pressions inflationnistes restent élevées ou s’intensifient. La publication hier de l’indice des prix à la consommation à 8.5 % annuel, la plus forte progression depuis 1981, aura conforté les faucons de la FED dans leur position. James Bullard de celle de St Louis est favorable à une remontée des taux sur des niveaux de 3 à 3.25 % d’ici la fin de l’année. Pour lui la situation devient urgente et la FED avait un train de retard dans ses actions.  Lael Brainard, numéro deux de la banque centrale, qui passe pour être parmi les plus dovish de la Fed sinon la plus dovish a jeté un pavé dans la mare en déclarant que la volonté de la banque centrale américaine est désormais de s’attaquer à la taille de son bilan de manière plus agressive (Quantitative Tightening QT). L’activation simultanée de ce QT et des nombreuses hausses de taux envisagées dans les dot plots et anticipées par les marchés propulsent les rendements des bons du Trésor à la hausse. Le taux à 10 ans a atteint 2.82 % soit à un niveau plus vu depuis décembre 2018. La volonté affichée par la banque centrale d’agir de manière plus agressive, soit sur les taux et les retraits de liquidités, ces prochains mois pour tenter de reprendre le contrôle sur l’inflation n’est pas sans impact sur Wall Street. La Bourse de New York est en baisse ces derniers jours dans un contexte de nervosité provoquée par cette hausse des rendements.


La monnaie unique est sous pression de même contre le franc. Les dépôts à vue auprès de la BNS sont montés à 739.4 milliards de francs à la fin de la semaine passée, comparé à 737.2milliards la semaine précédente. Cette augmentation laisse penser que la BNS est intervenue dans les marchés pour freiner l’appréciation de notre devise. La Banque Centrale Européenne qui adopte une posture toujours très prudente en matière de relèvement de taux maintient ainsi la pression sur le franc. La décélération de la croissance sur le Vieux Continent attendue ce premier semestre et l’attitude de la BCE en matière de politique monétaire ne permet pas d’envisager un renversement de la tendance à court et moyen terme. Dans le procès-verbal de la dernière réunion de la BCE, on constate que si des membres sont favorables à une normalisation de la politique monétaire pour faire face à l’inflation, nombreux sont ceux qui craignent l’impact de la guerre en Ukraine sur l’économie pour justifier le statu quo.


Mais sur le marché, l’évolution d’une devise interpelle. Fin février et début mars, le rouble passe des paliers jamais vu face au billet vert: 100 roubles, puis 120 jusqu’à plus de 140 roubles par dollar le 7 mars. Depuis ce jour, la devise russe n’a fait que se renforcer et a retrouvé jeudi le niveau qu’elle connaissait le 23 février à la veille de l’invasion en Ukraine et cela malgré les sanctions internationales. Hors pour les analystes, ce retour en force du rouble est déconnecté de la réalité et du uniquement au contrôle des capitaux mis en place qui empêche les résidents russes de vendre leurs roubles au profit du dollar et de l’Euro. Les particuliers ont ainsi été limités à 10.000 dollars achetés par mois. A cela s’ajoute les interventions de la Banque Centrale de Russie.  Le duo intervention, contrôles de capitaux a si bien fonctionné pour renforcer le rouble que vendredi, la banque centrale a surpris tout le monde en abaissant sans préavis son taux à 17 %, après l’avoir doublé en urgence à 20 % le 28 février.  Et ceci alors que l’inflation flambe en Russie. Elle s’est envolée à 16,7 % en mars sur base annuelle, c’est le premier mois ayant vu les répercussions des sanctions occidentales sur les prix. L’inflation des produits alimentaires a progressé de 19,5 %.


La Banque Centrale de Nouvelle-Zélande a monté son taux de 0.50 %, le portant à 1.5 % alors qu’un relèvement de 0.25 était attendu. C’est la plus forte hausse en 22 ans. L’institut justifie ce mouvement par une crainte de voir l’inflation s’envolé et ne plus être sous contrôle.


Les cours du pétrole sont repassés sous la barre des 100 dollars le baril après la décision prise de puiser dans les réserves stratégiques pour augmenter l’offre. Les Etats-Unis vont mettre sur le marché au moins 180 millions de barils tandis que les autres pays membres de l’AIE se sont engagés sur 60 millions, soit 240 millions de barils au total. La crise sanitaire en Chine fait aussi craindre un recul de la demande d’or noir même si celle-ci a annoncé un assouplissement du confinement. Le prix du brut américain a ainsi reculé jusqu’en dessous des 93 dollars le baril, lundi, avant de se reprendre jusqu’aux alentours des 100 dollars.