A la recherche du pic

Jun 15, 2022
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Jeudi dernier la banque centrale européenne a comme attendu décidé de mettre fin à ses ach...


Jeudi dernier la banque centrale européenne a comme attendu décidé de mettre fin à ses achats d’obligations, et ce à partir du 1er juillet. L’arrêt de cet outil de relance était un préalable aux décisions de remontée des taux qui s’annoncent. Il ne fait désormais plus guère de doute que le 21 juillet et le 8 septembre prochain, la BCE relèvera par deux fois son principal taux d’intérêt qui est actuellement de -0.50 %. En effet, Christine Lagarde a laissé entendre que celui-ci pourrait être ramené à zéro ou légèrement au-dessus d’ici la fin du troisième trimestre. Hier, le président de la banque centrale des Pays-Bas a déclaré que la BCE disposait de plusieurs options et a laissé entendre que les taux pourraient être de 1 % d’ici à la fin de l’année. Ces annonces n’ont surpris personne et n’ont pas permis à l’euro de progresser, au contraire celui-ci s’est même replié. Car parallèlement à la poussée des rendements de la zone euro, on assiste à un phénomène de « fragmentation » qui effraie les marchés. Concrètement, les primes que les investisseurs exigent pour détenir des obligations des pays les plus faibles du bloc ont atteint leur plus haut niveau depuis 2020. L’écart de rendement entre l’Italie et l’Allemagne à 10 ans était de 135 points de base en début d’année, il est désormais de 235 points. On observe le même phénomène avec le Portugal et l’Espagne dans une moindre mesure. Pour retrouver de tels niveaux de spreads, il faut remonter aux prémices de la crise du COVID qui avait poussé la BCE à agir et mettre en place son programme de rachats d’actifs d’urgence (PEPP). La fragmentation, perçue comme un indicateur de risque financier dans la zone euro a logiquement pesé sur la monnaie unique. La baisse de l’euro et la montée du billet vert s’est encore accélérée le lendemain, vendredi 10 avec la publication choc des chiffres de l’inflation aux Etats-Unis. Alors qu’un grand nombre d’investisseurs espéraient observer un début de plateau voire un pic d’inflation, l’indice des prix à la consommation a de nouveau dépassé les prévisions en accélérant de nouveau. L’inflation a progressé de +1 % sur un mois en mai après +0.3 % en avril. En base annuelle la hausse des prix ressort à +8.6 % contre +8.3 % le mois précédent. Désormais le marché s’attend à ce que la FED augmente ses taux de manière encore plus agressive, potentiellement avec des hausses de 75 points de base en juin (décision attendue demain) et juillet, et une troisième hausse de 50 points de base en Septembre. La perspective d’une hausse rapide des taux d’intérêt a plongé le marché dans un climat d’aversion au risque. Les marchés actions mais également obligataires ont été victime d’un désengagement massif. L’indice S&P 500 est officiellement entré en bear market (plus de 20% de recul depuis le 3 janvier) alors que le Nasdaq lui a perdu quasiment un tiers de sa valeur.


Le monde des crypto-monnaies est également sous pression : le Bitcoin a plongé au plus bas à 20,800 dollars et a entrainé avec lui l’ensemble du marché. En plus de souffrir de la poussée inflationniste, ce marché a également été secoué par la décision d’une plateforme de prêts de crypto-devises de suspendre les retraits de ses clients. Pour cette entreprise, cela pourrait signifier une crise de liquidité engendrée par le marché baissier. La confiance des investisseurs prend un nouveau coup, après le scandale du « stable-coin » Terra qui finalement n’était pas si stable que cela.


Le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans, qui évolue en sens opposé de leur prix, s’est envolé jusqu’à 3.49 % hier : une première depuis plus de 11 ans. En début de semaine, la courbe des taux s’est inversée, le rendement des bons du Trésor américain à 2 ans passant brièvement au-dessus des 10 ans. Une telle inversion est souvent interprétée comme un signe avant-coureur d’une récession. Le dollar a continué sa progression face aux principales devises et particulièrement face au yen avec un plus haut de 24 années (!) à 135.50 cette nuit. Le yen s’était pourtant brièvement redressé vendredi soir lorsque le gouvernement et la banque centrale du Japon s’étaient dits préoccupés par la dégringolade de la devise nationale. Il s’agissait d’une déclaration rare considérée comme le plus fort avertissement à ce jour que Tokyo pourrait intervenir pour soutenir la devise. L’once d’or souffre également face à la hausse du billet vert et perd 50 dollar sur la semaine. Contre le franc suisse, le dollar est repassé brièvement hier au-dessus de la parité. Ce matin un dollar vaut 0.9990 CHF


Concernant la suisse, le rendement de l’emprunt de la Confédération à 10 ans est également en forte hausse et affiche désormais un taux de 1.4% alors qu’il était à 0 en début d’année. La BNS se réunira demain pour décider de sa politique monétaire. Il est probable que la suisse ne monte pas les taux demain mais le fasse à partir de Septembre. Ainsi notre banque centrale pourra se caler sur le rythme de la BCE. Pour rappel l’inflation en suisse, même si elle est au plus haut depuis 14 ans, reste bien moins forte qu’ailleurs à 2.9 % en rythme annuel en mai. Depuis deux jours, la parité EUR-CHF a rebondi au-dessus de 1.035 sans toutefois parvenir à casser les 1.050. Ce matin elle vaut 1.0477