Zone de turbulences

Jan 26, 2022
  • EUR/USD   1.1291
  • DOW JONES   34,298
  • USD/CHF   0.9191
  • SMI     11,946
  • EUR/CHF   1.0378
  • WTI CRUDE OIL   85.50
  • USD/RUB   79.01
  • XAU/USD  1846
Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures : nous traversons actuellement une zone de t...


Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures : nous traversons actuellement une zone de turbulences. Un coup d’œil sur le terminal Bloomberg permet de se rendre compte assez vite que nous sommes en période de risk-off. En voici quelques illustrations sur plusieurs marchés.


Sur les actions pour commencer : l’indice VIX, surnommé « indice de la peur » et qui permet de mesurer la volatilité a doublé en dix jours et atteint un plus haut depuis novembre 2020. Après une année 2021 largement positive, les bourses mondiales sont en repli depuis le début de l’année : le SMI recule de 7%, l’euro Stoxx 50 de 5% le S&P500 de 9% et le Nasdaq de 13%


Le début de semaine était agité avec lundi une journée extrêmement volatile : les principales bourses européennes ont clôturé dans le rouge vif et alors que le Nasdaq perdait 4.9 % en milieu de session, il finissait dans le vert au prix d’un comeback jamais vu depuis 2008. Le lendemain, les places européennes imitaient les Etats-Unis et rebondissaient portées notamment par l’amélioration surprise du climat des affaires en Allemagne. D’un point de vue sectoriel on note que les valeurs technologiques souffrent particulièrement des préoccupations liées à l’inflation. Dans certains cas, les mouvements sont violents :  Netflix par exemple perd 50 % en deux mois (et 20% en une journée) sur fonds de recul des nouveaux abonnements. Certains fonds d’investissements spécialisés dans les valeurs technologiques dites « disruptives » – aux performances impressionnantes les années précédentes connaissent désormais des baisses de 50 % sur une année glissante et se mettent à attirer les vendeurs à découvert.


Le mouvement baissier des actions se nourrit de l’inquiétude de voir les banques centrales resserrer la politique monétaire plus fermement que prévu pour contrer l’inflation. En ce moment de nombreuses entreprises publient les résultats du quatrième trimestre. On attend notamment Tesla et Apple pour savoir si la tech peut retrouver un nouveau souffle. Hier soir, Microsoft a publié des résultats supérieurs aux attentes avec des performances solides dans le secteur du Cloud.


Du côté des matières premières, le baril de pétrole américain est à 85$. Le prix de l’or noir a également connu de la volatilité cette semaine avec des prises de profits allant de pair avec la chute des marché actions puis un rebond ces deux derniers jours. Les facteurs guidant l’évolution du prix sont toujours les mêmes : les tensions Russie-Ukraine ainsi que les attaques aux Emirats Arabes Unis font craindre un resserrement de l’offre. L’OPEC+ a également du mal à respecter ses objectifs de hausse de production. « Il n’est pas facile de relancer la production après qu’un puits ait été mis à l’arrêt » indique Pavel Zavalny, le chef du Comité de l’énergie à la chambre basse du Parlement russe.


L’once d’or grâce à son statut de valeur refuge a brièvement dépassé les 1850 dollar avant de refluer légèrement. Elle a donc touché un plus haut de deux mois qui correspond aussi à une résistance technique. Malgré un environnement propice au repli sur des actifs surs, le métal jaune n’a pas souhaité voir plus haut, les investisseurs préférant rester prudents avant la Fed.


 


Du côté des devises, les valeurs refuges sont recherchées. Le dollar continue de s’apprécier. La parité euro dollar qui valait 1.1480 il y a un peu moins de deux semaines est repassée sous 1.13. L’indice DXY qui mesure la force du billet vert par rapport à un panier de devises est quasiment au plus haut depuis le début d’année. Le Franc suisse continue également sa progression en ayant atteint son plus haut niveau contre la monnaie unique depuis 2015 (1.03). Le Yen est également recherché : un dollar achète 113 JPY contre 116 en début d’année. A l’inverse, la livre sterling souffre de mauvaises statistiques économiques au Royaume Uni et du scandale du « Partygate » qui déstabilise le gouvernement. Le rouble est orienté à la baisse, malgré le haut niveau du cours du pétrole. Il fait les frais des tensions géopolitiques avec l’Ukraine : il faut presque 90 roubles pour un euro et un peu moins de 80 pour un dollar. A noter que la bourse russe a également décroché de 15% depuis le début de l’année. Les cryptomonnaies ont connu un nouveau krach : Le bitcoin a perdu 50 % en trois mois et d’autres crypto baissent encore plus. En cause la perspective des hausses de taux, la pression réglementaire qui s’accentue aux USA et le risque d’interdiction du mining et du trading en Russie.


 


Aujourd’hui nous attendons des nouvelles de la banque centrale américaine et de celle du Canada. La Fed ne devrait pas toucher à sa politique monétaire lors de cette réunion mais pourrait avertir d’une première hausse de taux en mars, avec la fin du quantitative easing. Les observateurs seront aujourd’hui à la recherche d’indications concernant le rythme et l’ampleur du resserrement monétaire à venir. Bien entendu à terme la normalisation dépendra de l’évolution de l’inflation dans les prochains mois. Concernant la Banque du Canada (Boc), la situation est sensiblement la même à cela près que la première hausse pourrait avoir lieu aujourd’hui. A noter qu’hier la banque centrale hongroise a décidé de fortement augmenter son taux directeur de 50 points de base à 2.90 %, une hausse sans précédent depuis 2011. Dans ce pays, le resserrement monétaire a commencé au milieu de l’année dernière et l’inflation s’est élevée à 7.4 % sur un an au mois de décembre.


 

Niveaux


 

EUR/USD   1.1291DOW JONES   34,298
USD/CHF   0.9191SMI     11,946
EUR/CHF   1.0378WTI CRUDE OIL   85.50
USD/RUB   79.01
XAU/USD  1846