Volatilité de fin d’année

Dec 8, 2021
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Il y a une semaine, le président de la FED Jérôme Powell, reconfirmé il y a peu dans ses f...


Il y a une semaine, le président de la FED Jérôme Powell, reconfirmé il y a peu dans ses fonctions, a déclaré devant la commission bancaire du Sénat que les risques d’une inflation plus persistante se sont accrus.  Jusqu’à présent il répétait à l’envie que la hausse des prix, liée à des phénomènes transitoires, me serait que passagère. La FED s’attendait à une diminution progressive de l’inflation avec la remise en route des économies mais elle doit désormais revoir sa position. Car de nombreuses difficultés persistent : dans l’approvisionnement, la production, le transport et l’emploi. L’apparition du variant Omicron a aussi jeté un doute sur la reprise économique, ce qui peut contribuer à nourrir l’inflation. Pour lutter contre cela, la banque centrale a deux outils à sa disposition : la réduction des rachats d’actifs et la hausse des taux. Concernant le premier point, Mr. Powell a laissé entendre que le tapering pourrait se faire à un rythme plus soutenu pour se terminer en avril de l’année prochaine et non plus en juin au rythme actuel. Concernant la hausse des taux, le marché s’attend à ce que celle-ci débute entre mai et juillet 2022. Il anticipe quatre hausse de taux d’ici à la mi-2023. La prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed est prévue les 14 et 15 décembre.


Toujours aux Etats-Unis, les chiffres du chômage sont ressortis contrastés : le nombre de création d’emplois a baissé le mois dernier avec seulement 210,000 nouveaux postes contre un consensus de 525,000. Mais le taux de chômage s’est malgré tout replié de 4.6 à 4.2 %. La solidité du marché du travail permet à la FED d’envisager plus facilement de réduire sa politique de soutien à l’économie.


La perspective d’une réduction du soutien de la FED couplée à l’émergence du variant Omicron a entraîné une grande nervosité sur les marchés financiers. En fin de semaine dernière, alors que de plus en plus de pays annonçaient de nouvelles restrictions pour répondre à la hausse des contaminations, les principales places boursières évoluaient dans le rouge avec un fort repli des valeurs technologiques et une poussée de l’indice VIX. Les valeurs refuges étaient recherchées et le franc suisse passait sous la barre des 1.04 EUR. La courbe des taux US avait tendance à s’aplatir avec la baisse des taux longs, signe des incertitudes sur la pérennité de la reprise économique. Durant le week-end, le bitcoin subissait un trou d’air et perdait 10,000 dollar en moins de 24 heures. Puis le sentiment s’est inversé lorsque certains spécialistes de la santé ont laissé entendre que le variant Omicron malgré sa contagiosité accrue, présenterait moins de danger que craint. Les indices boursiers se sont remis de leurs pertes en deux journées de hausse lundi et mardi.


En Chine, la banque centrale a pris la décision de baisser le taux des réserves obligatoires que les banques doivent garder dans leur bilan. Ce taux passe de 12 à 11.5 % ce qui doit libérer l’équivalent de 188 milliards de dollars de liquidités. Cet assouplissement doit permettre aux banques de prêter davantage et à de meilleures conditions. L’objectif est de venir en aide au secteur immobilier et d’éviter un ralentissement trop fort de la croissance en 2022. L’excédent de la balance commerciale chinoise au mois de Novembre a été moins élevé qu’attendu. Sur une année, les exportations (+22%) et les importations (+32%) sont en forte hausse. La chine exporte principalement vers les Etats-Unis, puis l’Europe et les pays de l’ASEAN.


La Chine est également le premier importateur de produits australiens. Il est intéressant de noter qu’à l’annonce du soutien de la Chine à son économie, le dollar australien a progressé. Par ailleurs, la Reserve Bank of Australia a comme attendu maintenu son taux d’intérêt à un niveau historiquement bas de 0,1 % pour le 13e mois consécutif. La banque centrale estime que les pressions inflationnistes sont moins fortes que dans d’autres pays. Elle ne prévoit pas de resserrer sa politique monétaire tant que l’inflation réelle de l’Australie ne se situera pas durablement dans la fourchette cible de 2 % à 3 %. Pas de tapering prévu non plus à ce jour. Enfin concernant le nouveau variant, RBA pense qu’il est peu probable que celui-ci fasse dérailler la reprise économique.


Dans le reste du monde, on note que Fitch a relevé le rating souverain de l’Italie de BBB- à BBB. Le fort taux de vaccination et le soutien financier de l’Europe devrait continuer à soutenir les bonnes performances de l’économie italienne.


En Suisse, le taux de chômage est stable à 2.5 %. La BNS semble pour le moment s’accommoder d’un franc plus fort. Alors que l’an dernier elle défendait le seuil EUR/CHF de 1.05, le montant des réserves en devises étrangères ne laisse pas apparaître un tel effort sur les niveaux 1.05 et 1.04.


Le pétrole a connu une semaine de hausse. L’Arabie Saoudite a augmenté le prix du baril à destination de l’Asie et des Etats-Unis, les négociations sur le nucléaire iranien sont toujours dans l’impasse et le variant Omicron fait moins peur. Ces facteurs expliquent que l’or noir passe de 65 à 72 dollar en une semaine. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir qu’en plus du dollar australien mentionné précédemment, les devises du G10 les plus performantes sur la semaine sont la couronne norvégienne et le dollar canadien, des monnaies liées au prix du baril de brut.