Vers une augmentation du taux d’intérêt au Royaume-Uni?

Oct 13, 2021
  • EUR/USD   1.1550
  • DOW JONES   34’378.34
  • USD/CHF   0.9295
  • SMI     11’756.76
  • EUR/CHF   1.0735
  • WTI CRUDE OIL   80.60
  • USD/RUB   71.81
  • XAU/USD  1763.00
Alors que le statu quo va encore durer en Europe où la Banque Centrale Européenne continue...


Alors que le statu quo va encore durer en Europe où la Banque Centrale Européenne continue de maintenir une politique monétaire expansive, de l’autre côté de l’Atlantique, la FED entrevoit un durcissement de sa politique plus rapidement que prévu. Couplé à des chiffres économiques moins satisfaisants en Europe, la monnaie unique reste plombée vis-à-vis du dollar. L’Euro s’échange à 1,1550 dollar, au plus bas depuis juillet 2020. Les chiffres de l’emploi en septembre aux États-Unis étaient le point central de la semaine passée. Il s’agissait du dernier rapport avant la prochaine réunion de la Réserve fédérale et il devait amener des éclaircissements sur le calendrier du tapering, la réduction du programme d’achats d’actifs. Selon Jerome Powell, le patron de la Fed, une amélioration sur le front de l’emploi est en effet déterminante pour commencer le processus. En dessous des attentes des économistes, les chiffres publiés ont déçu, mais ils n’ont pas réussi à changer fondamentalement la vision du marché.  Les créations d’emplois étaient attendues à hauteur de 500’000 nouveaux postes mais se sont avérées n’être que de 194’000. Néanmoins la révision à la hausse du mois précédents atténue la déception. Le taux de chômage a lui baisser de 5.2 % à 4.8 % alors que le coût du salaire horaire continue de progresser. Cette confiance en l’économie américaine et les anticipations de changement de cap se reflète dans le rendement des bons du Trésor qui a passé au-dessus de la barre des 1.60 % à 10 ans vendredi. Avec un différentiel de rendement qui pourrait encore s’accroître en faveur du billet vert et donc une rémunération meilleure que celle des principales autres devises tels que l’Euro, le Yen la Livre sterling ou le franc, le dollar devrait rester demandé cet automne.


Cette faiblesse de la devise européenne se reflète aussi contre la livre sterling et surtout le franc, forçant la Banque Nationale à être présente sur le marché. La BNS serait, selon des estimations, intervenue avec des achats de devises étrangères pour un montant de 21 milliards francs suisses au mois de septembre afin de contrer l’appréciation de notre devise. L’évolution de la parité EUR/CHF qui tente de casser la barre des 1.0700 franc pour un Euro et qui se voit régulièrement refoulée accrédite la thèse d’une présence active de l’institut. Ces interventions répétées depuis de nombreuses années ne sont pas sans conséquence pour le bilan de la banque. Celui-ci s’élève en effet à 140 % du PIB, par comparaison celui de la BCE est à 70 % du PIB et à 37 % pour la Fed.


L’amélioration du marché du travail au Royaume-Uni ainsi que les déclarations de Michael Saunders et du Gouverneur Andrew Bailey oblige le marché à prendre en compte un relèvement anticipé de la politique monétaire. Les deux membres du MPC sont reconnus être dans la catégorie des faucons et les inquiétudes montrées par Andrew Bailey envers la hausse de l’inflation, 3.2 % sur base annuelle en août contre 2 % le mois précédent et de l’amélioration du marché du travail, rendent imminentes une hausse des taux par la Banque d’Angleterre. C’est ce qu’il en ressort des déclarations du Gouverneur Bailey qui prévoit une inflation à 4 % pour l’année prochaine et estime très dommageable le fait de ne pas agir rapidement. Pour les analystes, désormais peu importe si cette hausse provient encore cette année ou au début de l’année prochaine, c’est l’ampleur qu’elle prendra qui maintenant les interpelle.


Sur le marché des devises on relèvera encore que le Yen a plongé face au billet vert pour évoluer en dessus de 113 Yen pour un dollar au plus bas depuis la fin 2018. La montée des prix de l’énergie ainsi que celle des rendements des obligations du Trésor américain ont plombé la devise nippone. La livre turque est une autre devise sous pression contre le dollar mais là la situation est de plus grande ampleur. Fragilisée par la décision de la banque centrale de baisser ses taux, la devise turque est au plus bas de tous les temps contre le billet vert et a crevé le plafond des 9 livres pour 1 dollar.


Les prix du pétrole ont repris leur ascension faute d’offre suffisante et après la déclaration du département américain de l’énergie indiquant que les Etats-Unis n’étaient pas prêts à puiser immédiatement dans les réserves stratégiques pour faire face à l’augmentation des cours. Le baril de Brent se rapproche des 86 dollars le baril touché en 2018 et avoir plongé à 16 dollars en avril de l’année passée. Le baril de brut WTI, lui, se négocie au-dessus de 80 dollars soit un niveau déjà supérieur à celui de 2018 et un prix plus revu depuis la crise de 2014.


La bourse américaine et son indice vedette, le Dow Jones, consolide sa position au-dessus des 34’000 points, les investisseurs privilégiant la prudence avant le début de la publication des résultats trimestriels. Une première série de ces résultats est attendue cette semaine, avec plusieurs grandes banques, dont JP Morgan Chase aujourd’hui.