Une semaine rythmée par les annonces des banques centrales

Apr 28, 2021
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La semaine passée s’est écoulée au rythme des réunions des banques centrales et c’est la b...


La semaine passée s’est écoulée au rythme des réunions des banques centrales et c’est la banque centrale du Canada qui a ouvert le bal jeudi dernier. Comme attendu, la BoC a laissé son taux directeur inchangé à 0.25 % mais elle a également commencé à réduire le niveau de ses rachats d’actifs, qui passent de 4 à 3 milliards de CAD par semaine. C’est la première banque centrale à agir de la sorte. De plus, et cela a surpris le marché, elle a révisé ses prévisions concernant l’évolution future de son taux directeur. Le discours officiel indique que les 0.25 % seront d’actualité jusqu’à ce que l’inflation retourne de manière durable à 2 %. D’après les prévisions de la BoC, cela devrait arriver plus tôt que prévu, dans la deuxième partie de l’année prochaine et non plus en 2023 comme attendu précédemment. Ces annonces interviennent alors que l’économie canadienne se porte mieux que prévu : la deuxième et la troisième vague de la pandémie devraient avoir un impact plus limité sur l’économie que la première. La banque centrale du Canada s’attend désormais à voir son PIB croître de 6.5 % en 2021, contre une prévision de 4.0 % auparavant. Dans la foulée de ces annonces, le dollar canadien a gagné plus de 1 % contre le billet vert puis il a continué à s’apprécier pour s’établir actuellement autour de 1.24, son meilleur niveau depuis mars 2018.


Un jour plus tard, c’est la Banque Centrale Européenne qui parlait aux marchés. En laissant sa politique monétaire inchangée, elle poursuit son soutien à l’économie dans la zone euro. Le taux d’intérêt directeur reste à – 0.50 %, le programme monétaire d’urgence (PEPP -Pandemic emergency purchase program) reste fixé à 1,850 milliards d’euros et disponible au moins jusqu’à mars 2022, enfin le rythme des rachats d’actifs reste « nettement plus élevé » actuellement par rapport aux premiers mois de l’année. Christine Lagarde a voulu rassurer les marchés alors que le rebond de l’activité tarde. Sous l’effet des vaccinations et des réouvertures progressives, elle s’attend à un fort rebond de l’activité économique dans le courant de l’année. Les derniers chiffres allemands vont dans ce sens, avec une croissance revue à la hausse de +3.0 à +3.5 % cette année et attendue à +3.6 % en 2022. Le climat des affaires (indice IFO) est également en amélioration.


La banque centrale russe (CBR) s’est réunie vendredi dernier et a décidé d’augmenter de nouveau son taux d’intérêt de 50 points de base pour le monter à 5.0 %. Elle avait déjà augmenté le taux directeur de 25 bps en mars de cette année. Cette décision était attendue alors que le pays subit depuis plusieurs mois une forte poussée de l’inflation (+5.8 % en rythme annuel, mais +8.2 % pour les produits de base). De plus, pour la première fois de son histoire, elle a décidé de publier sous forme d’intervalles une estimation de l’évolution future des taux d’intérêt directeurs. Ainsi, la CBR prévoit que les taux seront compris entre 4.8 et 5.4 % en 2021, entre 5.3 et 6.3 % en 2022 et entre 5 à 6 % en 2023. La semaine écoulée, le rouble s’est renforcé, également soutenu par des nouvelles politiques telles que l’arrêt de la grève de la faim de l’opposant politique Alexeï Navalny ou bien le retrait des forces armées à la frontière ukrainienne. Un dollar permet désormais d’acheter 74.9 roubles.


Statuquo au Japon : après deux jours de réunion, la banque centrale garde son principal taux d’intérêt fixé à -0.1 % et renouvelle ses mesures de soutien à l’économie, alors même que l’épidémie reprend de la vigueur dans l’archipel en raison d’une poussée des variants du Coronavirus. Le pays connait une forte hausse des contaminations et a décrété pour la troisième fois l’état d’urgence dans la capitale Tokyo. Le rebond économique s’annonce modéré, et la banque centrale a abaissé ses prévisions d’inflation. Celle-ci ne devrait pas atteindre l’objectif de 2 % avant plusieurs années. Après un plus haut à 107.5 contre le dollar le 23 avril, le Yen cède du terrain avec un taux de change actuel de 109.


Aux Etats-Unis, la statistique hebdomadaire des nouveaux demandeurs d’emploi est tombée à un plus bas depuis le début de la pandémie, à 547,000 contre 610,000 attendus.  Mais 17 million d’américains continuent de recevoir des allocations chômage, légèrement moins que la semaine précédente. Parmi eux, 12.5 millions bénéficient de programmes spécifiques à la pandémie qui expirent en Septembre. Afin de financer ses plans de relance, le président Biden envisagerait de doubler la taxe sur les gains boursiers pour les personnes ayant un revenu annuel supérieur à 1 million de dollars. Cette perspective a légèrement perturbé les marchés actions, en pause ces derniers jours alors même que les résultats des sociétés ainsi que les statistiques économiques sont positifs. A noter par exemple le fort rebond de l’activité immobilière avec une hausse de 30 % des mises en chantier et une hausse de presque 67 % des ventes de maison neuves sur une année. Nous terminons notre tour d’horizon des banques centrales avec la réserve fédérale américaine qui se réunit aujourd’hui. Le marché s’attend à ce que la FED reste accommodante et ne resserre pas encore sa politique monétaire. Les rendements des obligations étatiques se sont repliées depuis la fin mars, le taux à 10 ans retombant à 1.54 % jeudi dernier, 1.64 % actuellement contre 1.74 % le 31 mars. Il semble que les membres de la FED ne souhaitent pas agir prématurément et qu’ils attendent de voir de manière plus concrète les effets de la reprise avant de remonter les taux d’intérêt. Depuis une semaine, la parité euro-dollar évolue sans direction claire dans une fourchette comprise entre 1.1994 et 1.2117.