Un sentiment général plus enclin à l’optimisme

Mar 3, 2021
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Lors de la crise du Covid au printemps dernier, la Banque Nationale Suisse a dû intervenir...


Lors de la crise du Covid au printemps dernier, la Banque Nationale Suisse a dû intervenir massivement sur le marché des changes afin d’éviter que la monnaie unique ne tombe sous la barre des 1.0500 contre le franc. Les dépôts à vue auprès de la BNS reflétaient ces interventions et avaient grimpé en flèche au plus fort de la crise. En raison notamment de la perspective de vaccination dès l’automne de l’année dernière, la pression sur le franc s’est atténuée. Et depuis janvier de cette année, il a perdu du terrain face à toutes les devises principales telles que le dollar US, l’Euro, la Livre Sterling et les dollars canadiens, néo-zélandais et australiens. L’optimisme croissant sur les marchés financiers quant à la possibilité de maîtriser la pandémie dans un avenir proche a fait que le franc fait moins office de valeur refuge. On voit que les devises considérées comme plus risquées ainsi que les devises liées aux matières premières se sont particulièrement appréciées par rapport au franc ces dernières semaines. L’Euro a également connu un retour en force passant au-dessus de la barre des 1.1000. Malgré la lenteur de la campagne de vaccination, le sentiment général est plus enclin à l’optimisme et la probabilité d’une nouvelle baisse des taux dans la zone euro est limitée. Même si le mouvement de l’EUR-CHF depuis la mi-février est impressionnant, il s’inscrit dans ce mouvement de reflux des valeurs refuges que connaisse aussi le Yen et l’or. La Banque Nationale profite ainsi de cette embellie mais elle restera néanmoins sur ses gardes et ne voudra pas modifier son orientation de politique monétaire expansionniste tant qu’elle ne sera pas totalement certaine que la pandémie a été surmontée. La semaine passée et la semaine avant, les dépôts à vue auprès de la BNS sont demeurés inchangés ou ont même reculé légèrement montrant ainsi l’absence d’interventions. Mais le discours restera assurément très prudent lors de la prochaine réunion de politique monétaire qui se tiendra le 25 mars.


Le billet vert continue d’être bien orienté contre toutes les monnaies, aidé par de bons chiffres économiques et des taux à long terme à la hausse.  La remontée des rendements obligataires a permis au taux à 10 ans américain de passer au-dessus de 1.50 % jeudi passé soit son niveau le plus élevé depuis l’éclatement de la crise. Cette remontée reflète les anticipations d’une reprise plus dynamique de l’activité. Lors de ses deux journées devant le Sénat, le Président de la Fed, Jerome Powell, s’est déclaré optimiste pour une solide reprise économique au deuxième semestre de cette année si la pandémie était sous contrôle. Il a également déclaré ne pas craindre une hausse durable de l’inflation à ce stade. Richard Clarida, a lui réitéré que la Fed ne relèverait pas ses taux avant que l’inflation n’ait atteint 2 % et que le pays n’ait retrouvé le plein emploi. Pour la FED, l’inflation ne devrait pas dépasser son objectif avant 3 ans au moins. Ces propos positifs ont rassuré les investisseurs et propulsé le Dow Jones à un nouveau record historique à 32’009.64 points mercredi passé.


Cette remontée des taux longs a lieu aussi sur d’autres devises et suscite la réaction de certaines banques centrales. Lundi François Villeroy de Galhau, l’un des membres du Conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé que la remontée des rendements obligataires observée récemment n’est pas justifiée. Fabio Panetta, gouverneur de la banque d’Italie et membre exécutif du directoire de la BCE, préconise d’augmenter les rachats d’obligations afin de faire baisser les taux pour que cette hausse ne mette pas en péril la stratégie de la banque centrale. La Banque du Japon est également prête à agir pour défendre son objectif de rendement si ceux-ci venaient à augmenter. Les analystes estiment qu’elle pourrait intervenir si le rendement de l’obligation d’état à 10 ans s’approchait des 0.20 %. La banque centrale australienne a annoncé doubler le montant de ses rachats d’actifs pour tempérer cette hausse des taux longs après que l’obligation gouvernementale à 10 ans soit passée de 1.1825 % à 1.8980 % entre le 11 et le 26 février.


Le baril de brut WTI a légèrement reculé depuis mercredi passé après avoir touché 63.53 dollars alors que demain se tiendra une réunion de l’OPEP et de ses partenaires qui pourrait déboucher sur un assouplissement des quotas de production. Des tensions existent au sein du cartel, l’Arabie saoudite voudrait maintenir les réductions de production actuelles au moins jusqu’en avril tandis que la Russie fait pression pour augmenter la production. Lors du premier sommet de 2021, en janvier, l’alliance des vingt-trois de l’OPEP+ avait convenu après deux jours de difficiles négociations d’augmenter petit à petit la production jusqu’en mars, reportant à ce mois-là la décision pour statuer sur la politique à mener à compter d’avril.


En mars, les réunions des principales banques centrales se tiendront le 10 pour la Banque du Canada, le 11 pour la BCE, le 17 pour la FED, le 18 pour la Banque d’Angleterre, le 19 pour la Banque du Japon et la Banque Centrale de Russie et le 25 pour la BNS.