Un dollar en forme

Aug 11, 2021
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Après près de deux mois de consolidation dans la zone 1.1800-1.1950 la parité EUR/USD a re...


Après près de deux mois de consolidation dans la zone 1.1800-1.1950 la parité EUR/USD a retrouvé de la volatilité. Et le billet vert évolue contre la monnaie unique à nouveau tout proche du plus haut de l’année atteint à 1.1704 le 31 mars sans pour l’instant pouvoir établir un nouveau record au moment d’écrire ces lignes. Le moteur de cette avancée de la devise américaine est encore une fois des données économiques favorables. En juillet aux États-Unis, 943 000 postes de travail hors secteur agricoles ont été créés. Ce chiffre est supérieur aux attentes du marché qui était à hauteur de 870’000 nouveaux emplois mais en plus les données des deux mois précédents ont été révisé à la hausse. Ces bonnes performances de l’emploi aux Etats-Unis se reflètent directement par une baisse du taux de chômage à 5,4 % en juillet contre 5,9 % en juin et représente un plus bas depuis quinze mois. Si près de 3,4 millions d’Américains sont encore en recherche d’emploi, la solidité de la reprise du marché du travail se confirme et se traduit également par des augmentations salariales puisque le salaire horaire moyen a augmenté de 0,4 % sur un mois et de 4 % sur l’année. L’augmentation des salaires ne manquera pas d’interroger la Fed. L’inflation, après avoir été traitée ces derniers mois de transitoire et sans risques est revenue au centre des attentions. La semaine dernière, le président de la Réserve Fédérale américaine, Jerome Powell, a admis pour la première fois que la hausse des prix sera plus élevée et plus durable que prévu. Désormais, les regards se tourne vers l’indice des prix à la consommation qui sera publié cette après-midi à 14h30. L’inflation s’était accélérée en juin, pour atteindre 5,4 % par rapport à juin 2020 avec une hausse + 0,9 % par rapport au mois de mai dernier. La question de la réduction des achats d’actifs préliminaire à une augmentation des taux pour prévenir toute poussée inflationniste va de nouveau faire débat au sein de la FED.  Même si la banque centrale a annoncé qu’il n’y aurait pas de hausse avant 2023, des voix s’élèvent comme celle de Raphael Bostic, Président de l’antenne d’Atlanta, qui a déclaré qu’aux vues du marché du travail et de la remontée de l’inflation, une réduction des injections de liquidité pour octobre/novembre ou même avant si les chiffres se confirment est à envisager.


Il n’y a pas que la monnaie unique qui a souffert de ce regain d’intérêt pour le billet vert. Ces bons chiffres de l’emploi ont redonné confiance aux investisseurs qui ont délaissé les métaux précieux et plus généralement les valeurs refuges. L’once d’or a perdu 70 dollars à 1’730 dollars et même touché un plus bas à 1’690 dollars l’once.  La devise américaine a rebondi de 1 centime et demi contre le franc pour repasser au-dessus de 0.9200 et quasiment 2 Yen pour remonter au-dessus de 110.50 contre la devise japonaise.


La semaine passée la Banque d’Angleterre a laissé sa politique monétaire inchangée comme attendu conservant son taux directeur à 0,1 % son plus bas niveau historique et le montant de ses rachats d’actifs sur les marchés à 895 milliards de livres. Mais elle envisage désormais un « léger resserrement » dans les deux prochaines années pour contrer la montée de l’inflation. La hausse des prix, dopée notamment par l’énergie, qui a atteint 2,5 % sur un an en juin, pourrait grimper jusqu’à 4 % au quatrième trimestre soit bien plus que son objectif de 2 %.  Ces perspectives de resserrement de la politique monétaire évoquée par la Banque d’Angleterre ont soutenu la livre sterling qui gagne du terrain contre l’Euro et le franc, deux devises qui ne devraient pas en connaître dans un avenir proche mais a par contre légèrement reculé, elle aussi, contre le billet vert.


La Banque Centrale du Brésil a relevé son taux directeur de 1 % la semaine passée pour le porter à 5.25 %. C’est la plus importante hausse depuis 2003. Et l’institut a d’ores-et- déjà prévenu qu’un ajustement de même amplitude sera effectué lors de la réunion de septembre. Avec cette décision, cela porte la hausse cumulée à 325 points de base depuis le mois de mars. L’inflation a atteint 8.59 % en juillet largement au-dessus de l’objectif annuel de 3.75 %.


La hausse des prix continue aussi son avancée en Russie où elle a gagné 0,4 % en juillet après 0,7 % en juin. Sur un an, le taux d’inflation augmente de 6.5 %. La Banque Centrale de Russie avait remonté son taux de base de 1 % le 23 juillet dernier pour le porter à 6.5 %. Le marché s’attend à un nouveau relèvement le 10 septembre pour la prochaine réunion de politique monétaire.


Après un recul de 11 % ces derniers jours, les cours du pétrole qui étaient passé de 74 dollars le baril de WTI le premier jour du mois à moins de 66 lundi, se sont stabilisés et sont même remontés légèrement pour s’afficher à 68.50 dollars ce matin.


Le plan gigantesque de rénovation des infrastructures de Joe Biden qui a été approuvé hier par le Sénat, avec 69 voix contre 30 oppositions, va désormais à la Chambre des représentants et propulse les indices boursiers de records en records. A 35’285.16 points hier en séance, le Dow Jones a établi une nouvelle marque de référence tout comme la bourse suisse à 12’382.71.