Situation toujours délicate dans la zone euro

Dec 9, 2020
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La monnaie unique est sortie de manière impressionnante de sa fourchette de fluctuation de...


La monnaie unique est sortie de manière impressionnante de sa fourchette de fluctuation de 1.1600/1.2000 que l’on connaissait depuis le 23 juillet. Le retour de l’appétit pour les investissements dits à risques en est la raison. L’arrivée de plusieurs vaccins sur le marché entretient l’espoir d’un rebond économique global en 2021. Le billet vert n’a pas non plus été aidé par les dernières statistiques sur l’emploi. La nouvelle vague de COVID-19 et les mesures qui ont été prises pour contrer l’épidémie ont plombé le marché de l’emploi américain en novembre. Les chiffres publiés vendredi montrent que l’économie a créé 245 000 places de travail, hors secteur agricole, en novembre contre 610 000 en octobre alors que les analystes tablaient sur 460’000 nouveaux postes. Le taux de chômage, lui, a baissé de 0,2 % à 6,7 % comme attendu. Les créations d’emplois dans le secteur privé ont particulièrement déçu, ce secteur n’a généré que 344’000 nouveaux emplois contre 906’000 précédemment. Les négociations sur le plan d’aide économique et le budget 21 ont repris entre les démocrates et les républicains. L’administration Trump a fait hier une nouvelle proposition d’un montant de 916 milliards de dollars pour relancer l’économie américaine affectée par la pandémie a annoncé le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin. Cette proposition a été immédiatement rejetée par Nancy Pelosi, cheffe de file des démocrates à la Chambre des représentants et par Chuck Schumer celui des démocrates au Sénat. Ce rejet relance l’incertitude sur la mise en place de ce plan de relance avant l’investiture de Joe Biden le 20 janvier. Afin d’éviter une fermeture des administrations, le Congrès américain devrait voter d’ici vendredi une loi pour prolonger le budget actuel et ainsi pouvoir poursuivre les négociations. Mais le temps devient compté car des millions d’Américains ne percevront plus d’aide fédérale à partir du 26 décembre alors même que l’activité économique baisse suite à la résurgence de la pandémie.


En Suisse, le Produit Intérieur Brut a rebondi plus que prévu à 7,2 % pour le troisième trimestre, contre une contraction de 7 % le précédent, soutenu par la demande intérieure et par le secteur tertiaire. Ce rattrapage significatif compense partiellement la baisse subie lors du premier semestre de l’année mais le PIB reste encore en retrait de 1,6 % sur un an. Ces données sont meilleures qu’attendues. Le franc qui avait baissé jusqu’à 1.0872 contre la monnaie unique se reprend un peu profitant des nombreuses incertitudes dont bien évidemment celles sur le Brexit. La devise britannique se retrouve à nouveau sous pression alors que les négociations n’avancent guère. Le négociateur européen Michel Barnier a informé les ambassadeurs des Vingt-Sept qu’aucune avancée n’avait été enregistrée ce weekend sur les trois sujets de blocage de l’accord post-Brexit soit la pêche, les conditions de concurrence équitable et le futur mécanisme de règlement des conflits. Boris Johnson se rend aujourd’hui à Bruxelles pour rencontrer Ursula von der Leyen dans une probable ultime tentative de débloquer les négociations alors qu’un sommet européen se tient jeudi et vendredi et que la date butoir du 31 décembre laisse de plus en plus craindre un « no deal ». La livre qui était repassée largement au-dessus des 1.2000 contre le franc se négocie désormais de nouveau au-dessous de 1.1900. Elle a perdu plus de deux cents contre le dollar américain après avoir atteint 1.3539 le 4 décembre et ce malgré le repli du billet vert.


L’Organisation des pays producteurs de pétrole et leurs alliés sont finalement parvenu à un accord sur la production d’or noir pour janvier 2021. Le cartel a décidé d’augmenter la production de 500’000 barils par jour. A l’origine les négociations portaient sur une augmentation de 1,9 million de barils mais l’impact économique plus important qu’attendu de la deuxième vague de coronavirus les a amenés à revoir ce chiffre à la baisse. Le prix du baril de brut WTI se stabilise autour de 45.00 dollars depuis cet accord.


L’attention en cette fin de semaine se portera sur l’Europe avec en point d’orgue la réunion de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne demain. La situation est toujours délicate dans la zone euro où les indicateurs d’activité indiquent une rechute de la croissance en territoire négatif au quatrième trimestre à cause de mesures sanitaires plus restrictives face à la résurgence du COVID, et d’un soutien monétaire et fiscal moindre qu’aux Etats-Unis. L’institut est particulièrement attendu. Il devrait augmenter et prolonger son plan de soutien d’urgence à l’économie PEPP suite au blocage du plan de relance fiscal par la Hongrie et la Pologne. L’autre point chaud européen de la semaine sera évidemment la rencontre von der Leyen – Johnson aujourd’hui et le sommet européen qui s’en suivra demain et vendredi.