Recul du dollar au mois de mai

Jun 1, 2022
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Malgré un repli ces dernières jours, la monnaie unique a connu au mois de mai sa plus fort...


Malgré un repli ces dernières jours, la monnaie unique a connu au mois de mai sa plus forte progression mensuelle de l’année. Dans le même temps le billet vert s’est replié alors qu’il tenait la vedette les premiers mois de l’année. Les investisseurs se sont repositionné en prévision des hausses de taux d’intérêt en Europe et face à la possibilité d’un ralentissement du rythme des hausses de taux aux États-Unis. Le rebond du sentiment envers les actifs et les devises plus risquées, en partie causé par un assouplissement des mesures de confinement dans le centre financier chinois de Shanghai a également pesé sur le billet vert


La banque centrale européenne devrait commencer à relever son taux directeur en juillet avec une hausse de 50 points de base qui le ramènerait à zéro pourcent. L’inflation ne montre pas de signes de ralentissement dans la zone euro comme on a pu le constater dans les statistiques publiées par les différents pays. Sur l’ensemble de la zone, l’indice des prix à la consommation est ressorti hier en hausse de 8.1 % en rythme annuel contre 7.4 % le mois précédent. Le marché tablait sur une progression de 7.7 % et pour rappel l’objectif des grandes banques centrales est de 2%. Selon Peter Kazimir, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, l’’inflation record justifie une première hausse des taux d’intérêt en juillet. D’après lui, pour maîtriser les prix, la BCE devra ramener ses taux à un niveau « neutre », c’est-dire à un stade où ils ne stimulent ni ne freinent la croissance. Il suggère un niveau de taux entre 1 et 2% l’année prochaine mais selon ses dires, cela pourrait ne pas suffire. Ignazco Visco, gouverneur de la banque d’Italie et également membre de la BCE a de son côté indiqué que la banque centrale européenne devrait relever son taux de dépôt de manière graduelle. Il analyse que la déflation n’est plus une menace, que la pandémie ne freine plus la demande globale mais que les perspectives économiques restent incertaines.


Hier l’euro a fini par reculer car le marché craint un ralentissement de la croissance en Europe sous l’effet de l’embargo sur le pétrole russe. Les pays de l’union européenne se sont engagés à réduire leurs importations de 90% d’ici à la fin de l’année. On craint également que les hausses de taux ne pèsent sur l’économie. De l’autre côté de l’atlantique, aux Etats-Unis on observe également que l’attention s’est déplacée d’une inflation plus élevée et de davantage de hausses de taux vers des inquiétudes quant à savoir si le resserrement de la Fed a exercé une pression sur l’économie. C’est la raison qui a provoqué l’affaiblissement du dollar au mois de mai et c’est la même raison qui désormais pèse sur l’euro. L’indice dollar est actuellement légèrement en dessous de 102 après être tombé à 101,3, son plus bas niveau depuis cinq semaines. Depuis le début de l’année il avait progressé de 95.7 à un plus haut de 104.8 le 12 mai. Pour rappel, cet indice mesure la force du billet vert par rapport à six autres devises, l’euro ayant la plus forte pondération.


Christopher Waller, gouverneur de la Fed a fait des remarques laissant entendre que la réserve fédérale continuerait un rythme agressif de resserrement. Il a déclaré que l’institut pourrait relever ses taux d’un demi-point par réunion de politique monétaire jusqu’à ce que l’inflation soit maitrisée. Cela signifierait qu’il n’y aurait pas de pause à l’automne. Il a ajouté que « la tendance à la baisse du dollar pourrait donc s’inverser ». Ces remarques ont fait baissé les bourses américaines.


La nouvelle selon laquelle les dirigeants de l’Union européenne ont accepté de réduire la plupart des importations de pétrole en provenance de la Russie d’ici la fin de l’année a fait grimper les prix du pétrole et a stimulé les devises des matières premières. Le dollar canadien a touché 1,2629 par dollar hier, tout proche de son sommet d’un mois. Les prix du pétrole sont remontés à leur plus haut niveau depuis deux mois. Le prix du pétrole brut Brent a atteint 120 dollars le baril, se rapprochant ainsi de son pic de 14 ans près de 135 dollars atteint en mars, alors que les autorités chinoises ont commencé, au cours du week-end, à assouplir les restrictions. Les prix du pétrole sont également soutenus par le gel de la production de l’OPEP+ et par les perspectives de plus en plus faibles d’un accord sur le nucléaire iranien. Mais hier le Wall Street Journal a publié une information disant que certains membres de l’OPEP réfléchiraient à suspendre la Russie des accords de production, ce qui leur permettraient de produire plus de pétrole. Le baril a perdu presque 5 dollars sur cette nouvelle.


En suisse, le PIB du premier trimestre a dépassé les attentes en progressant de 4.4% au lieu de 4.3% attendus et 3.6 % le trimestre précédent, des chiffres en comparaison annuelle. Le Seco a également révisé le PIB réel pour l’ensemble de 2021 à +3,8%, contre +3,7% dans sa première estimation de fin février et un repli de 2,4% en 2020. Le franc suisse a réagi en gagnant du terrain à 1.0255 contre l’euro avant de se stabiliser autour de 1.03 et 0.96 contre le billet vert.