Première hausse de taux pour la FED

Mar 23, 2022
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Sur le plan géopolitique, la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième semaine. Les bombar...


Sur le plan géopolitique, la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième semaine. Les bombardements redoublent y compris dans l’ouest du pays sur des bases militaires proches de la frontière polonaise, un pays faisant partie de l’Otan. L’intensité et la persistance de ces attaques laissent peu d’espoir quant à un prochain cessez-le-feu ou même de réelles négociations entre les belligérants. Les Etats-Unis ont récemment augmenté leur aide militaire à l’Ukraine et mis en garde la Chine quant aux conséquences d’un éventuel soutien à la Russie. Joe Biden est attendu ces prochains jours à Bruxelles et en Pologne.


Pas de désescalade militaire en vue donc, mais on observe néanmoins une détente sur les marchés financiers avec la hausse des indices actions. Les autorités chinoises ont cherché à rassurer les marchés en déclarant vouloir faire de la stabilité financière une priorité, en renouant le dialogue avec les autorités américaines au sujet de la cotation des firmes chinoises et en laissant entendre que le tour de vis réglementaire visant notamment les grandes entreprises technologiques touchait à sa fin. La chine a également réaffirmé son soutien aux promoteurs immobiliers. Par ailleurs de nombreuses entreprises chinoises ont lancé de nouveaux programmes de rachats d’actions. Ce flot de nouvelles a engendré des rachats de positions vendeuses et stoppé la spirale baissière des géants technologiques chinois. Le soutien de la Banque populaire de Chine devrait également se poursuivre malgré le statu quo observé la semaine passée, la banque populaire de Chine ayant maintenu les taux de prêts aux entreprises et aux ménages.


Sur le plan conjoncturel, les publications américaines restent solides. Les ventes au détail ont bondi de 4,9% en janvier et progressaient encore de 0,3% en février. La hausse des prix (7,9% en février) pèse néanmoins sur la confiance des ménages. Le marché du travail reste très tendu ce qui pousse les salaires. Clairement, l’inflation est dans le viseur de la FED.


La banque centrale américaine a ainsi procédé mercredi dernier à un premier relèvement de taux de 25 points de base. D’ici à la fin de l’année le marché price des hausses de 150 points de base supplémentaires ce qui amènerait les Fed funds à 2%. La question est de savoir si les prochaines hausses seront de 25 ou de 50 bps. Lundi, Jerome Powell a déclaré que la FED devrait agir « rapidement » pour maîtriser une inflation trop élevée et qu’elle pourrait, si la situation l’exige décider des hausses de taux plus importantes que d’habitude. Ainsi, elle n’hésitera pas à relever ses taux d’intérêt de plus de 25 points de base si nécessaire, une possibilité d’autant plus crédible que le vote des membres de la Fed montre que certains tels que James Bullard sont favorables à des hausses de taux plus franches.


La Banque d’Angleterre a également monté ses taux de 25 points de base jeudi dernier. C’est la troisième hausse d’un quart de point depuis décembre. Ce matin les chiffres confirment que l’inflation britannique a accéléré plus que prévu en février pour atteindre son plus haut niveau en 30 ans. L’indice des prix à la consommation (CPI) a dépassé le consensus en augmentant de 6,2% sur un an le mois dernier, après une hausse de 5,5% en janvier.


A l’inverse, la Banque du Japon, épargnée par l’inflation, maintient ses taux à zéro et n’envisage pas de resserrer sa politique monétaire. Cela encourage la faiblesse du yen qui a fait franchir au dollar la barre des 120 yens mardi pour la première fois en six ans. La baisse de la monnaie japonaise face au billet vert est bénéfique pour les entreprises exportatrices du secteur de l’électronique et de l’automobile. La Bourse de Tokyo a clôturé mercredi sur un bond de 3%, sa septième séance consécutive dans le vert. Le yen a également atteint son plus bas niveau en quatre ans par rapport au dollar australien. Cette devise bénéficie de la hausse des prix des matières premières. L’AUD se rapproche des 0,75 contre le billet vert.


Après avoir atteint un pic historique de presque 129 dollar le baril puis un fort repli sous la barre des 100 dollar, le prix du baril de pétrole brut WTI repart à la hausse. Les principaux drivers du prix du baril sont la guerre en Ukraine et la reprise du Covid en Chine. La guerre suscite des inquiétudes quant aux perturbations de l’offre résultant des sanctions américaines contre le pétrole et le gaz russes. Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont également déclaré qu’ils élimineraient progressivement les combustibles fossiles russes. Du point de vue du Covid en chine, la reprise épidémique avait favorisé la baisse des cours mais il semblerait que la situation soit moins grave que craint et que certains assouplissements se mettent en place.