Pragmatisme économique jusqu’en 2022

Jun 17, 2020
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La Banque centrale américaine a laissé ses taux d’intérêt inchangés la semaine passé...


La Banque centrale américaine a laissé ses taux d’intérêt inchangés la semaine passée soit dans la fourchette comprise entre 0 et 0,25 %. Cette décision était largement anticipée par les marchés. A l’issue de la réunion, Jerome Powell a déclaré : «Ils resteront à ce niveau très bas au moins jusqu’en 2022. Nous ne pensons même pas à monter les taux, nous pensons à soutenir l’économie.»  Mais les nouvelles prévisions économiques ont toutefois quelque peu refroidi l’enthousiasme né des données de l’emploi. La FED s’est montrée réservée à l’égard des derniers chiffres publiés au début du mois. Le Président de la banque centrale a concentré son intervention sur le marché de l’emploi, mentionnant que les bons chiffres de mai n’excluaient pas un risque de dégradation durable et donc le marché du travail devrait, à l’avenir constituer son principal objectif. Les Etats-Unis avaient entamé l’année avec un taux de chômage de 3,5 %, le plus bas en cinquante ans. Puis il y a eu le Covid-19 et en trois mois, 43 millions de travailleurs sur une population active de 164 millions  se sont retrouvés sans emploi et le taux de chômage a grimpé à 14,7 % en avril, avant de baisser à 13,3 % le mois dernier. Sur l’année, il sera, selon la Fed, tout de même à 9,3 % et à 6,5 % en 2021. Par ailleurs, elle  ne partage pas les anticipations d’une reprise en «V» qui ont sensiblement contribué à la récupération des marchés financiers. Selon ses prévisions, la croissance américaine devrait plonger de 6,5 % cette année et ne rebondir que de 5 % en 2021 et de 3,5 % en 2022.


La prudence du patron de la Fed à l’égard des perspectives conjoncturelles, l’accélération du nombre de cas de coronavirus aux États-Unis ainsi qu’à Pékin et le regain de volatilité sur les marchés boursiers ont rapidement remis le franc et les autres valeurs refuges sur le devant de la scène. Notre devise qui avait fléchi face à la monnaie unique jusqu’à 1.0915, le 5 juin, est repartie à la hausse. La devise japonaise qui avait presque touché les 110 yens pour un dollar, le même jour, en a fait de même et est aussi repartie à la hausse. En fin l’or est repassé fermement au-dessus de la barre des 1’700 dollars l’once.


Après la FED  qui a décidé d’acheter de la dette obligataire d’entreprises pour soutenir encore plus les secteurs les plus durement frappés par le Coronavirus c’est la Banque du Japon qui a une nouvelle fois augmenté l’enveloppe de ses programmes d’aides aux entreprises confrontées à la vaste crise économique tout en maintenant inchangée sa politique monétaire déjà ultra-accommodante. Après avoir annoncé le mois passé un paquet financier équivalent à 700 milliards de dollars, elle a annoncé à l’issue de sa réunion de hier que celui-ci serait augmenté de 300 milliards supplémentaires.


La Banque Centrale du Maroc a baissé hier son taux de un demi-pourcent à 1.5 %. C’est la plus grande baisse de l’histoire et celui-ci  était fixé à 2 % depuis juin 2016. L’institut a également dispensé les établissements financiers de détenir des réserves pour couvrir leur prêt dans le but de stimuler l’économie du royaume qui sort péniblement de 3 mois de « lock down ».


Les principaux indices boursiers américains ont reculé sur la semaine suite à la réunion de la FED et les propos prudents de Jerome Powell. Le Dow Jones a reculé de 3.6 %, le S&P de 2.57 % alors que le Nasdaq n’a lâché que 0.58 %. En Europe le recul est aussi marqué soit entre 1.5 et 3.3 %. Ceci malgré le fort rebond que les bourses ont connues hier.


Cette semaine reste chargée sur le front des banques centrales. Plusieurs doivent en effet encore se prononcer. Cela sera le cas de la Banque d’Angleterre, de la Banque Nationale Suisse et de la Banque de Norvège ce jeudi et enfin de la Banque Centrale de Russie vendredi.