Politique monétaire inchangée

Jul 28, 2021
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La semaine dernière, la banque centrale européenne a pris la décision de ne pas modifier s...


La semaine dernière, la banque centrale européenne a pris la décision de ne pas modifier sa politique monétaire. En faisant le constat que la reprise de l’économie se poursuit mais que celle-ci reste sous la menace de la pandémie et du variant delta, la BCE a choisi de laisser ses taux d’intérêt inchangés et de maintenir une politique accommodante avec des rachats d’actifs également inchangés. La seule nouveauté a été la mise à jour de la « Forward Guidance », un exercice de communication qui consiste à donner aux marchés des indications sur l’évolution future de la politique monétaire. La banque centrale a cherché à convaincre les investisseurs qu’elle ne retirerait pas son soutien trop vite au risque d’enrayer la reprise économique. Concrètement, avant de monter les taux d’intérêt, il faudra que l’inflation atteigne 2% « bien avant la fin de son horizon de projection » qui s’étale sur deux à trois ans et ce « durablement pour le reste de l’horizon de projection ». De plus, l’inflation « sous-jacente » c’est à dire hors énergie et denrées alimentaires sera prise en compte. De cette manière, l’ECB pourra justifier de ne pas changer sa politique si elle prévoit, comme c’est le cas aujourd’hui, que l’inflation ne sera que temporaire. Un avis qui semble partagé par le FMI. Le fonds monétaire international s’attend en effet à ce que l’inflation retourne à ses niveaux pré-COVID dans la plupart des pays en 2022 mais ajoute que l’incertitude reste élevée. En juin, l’inflation s’est élevée à 5.4 % aux Etats-Unis et 2.5 % en Angleterre. Le FMI prévoit toujours une croissance mondiale de 6 % en 2021 mais dans le détail, elle augmente la perspective de croissance des économies avancées de 0.5 points et diminue celle des pays émergents de 0.4 points. L’institution note que les disparités d’accès aux vaccins entre pays développés et pays émergents divisent la reprise mondiale en deux blocs, avec d’un côté des pays pouvant s’attendre à une normalisation de l’activité cette année et de l’autre des pays qui souffriront davantage de l’épidémie de COVID.


Vendredi, la banque centrale russe a comme attendu relevé son taux d’intérêt de 100 points de base à 6.5 % afin de contrer la hausse des prix. C’est la quatrième hausse consécutive, la plus forte depuis 2014. L’inflation actuellement en Russie se situe autour des 6.5% en rythme annuel, soit bien plus que l’objectif de 4 %. La semaine dernière, le rouble avait d’abord perdu du terrain avec la baisse des prix du pétrole et l’accroissement des tensions géopolitiques. Dans un climat diplomatique toujours tendu, l’armée russe a fait la promotion d’un missile hypersonique et d’un nouvel avion de combat furtif. En revanche la perspective d’avancées sur le dossier Nord Stream 2 a joué en faveur de la devise russe. Ces facteurs ainsi que les attentes concernant la décision de la CBR ont généré un peu de volatilité pour la devise, mais au final celle-ci s’échange toujours entre 73.50 et 74.00 pour un dollar.


Hier, les bourses asiatiques ont plongé pour le deuxième jour consécutif après un nouveau tour de vis réglementaire de Pékin. Les bourses chinoises de Shanghai et Shenzen ont perdu 2.5% et 3.3 %, celle de Hong Kong a baissé de 4.2 %. Après s’être attaqué aux crypto devises puis au e-commerce et au secteur technologique, le gouvernement chinois s’en est pris aux entreprises de livraison de repas à domicile et aux entreprises d’éducation privée. Une grande incertitude pousse les investisseurs à se demander quel sera le prochain secteur à subir la répression réglementaire de Pékin. Les investisseurs ont bien du mal à pricer le risque politique et réglementaire chinois. La devise chinoise s’est elle aussi fortement dépréciée et a touché un plus bas de trois mois (1 USD achète un peu moins de 6.53 CNH).


La livre sterling s’est relevée cette semaine après un plus bas à 1.3572 mardi dernier. Le cable s’approche des 1.39 et un euro vaut un peu plus de 0.85 pound. La devise est portée par le recul des nouveaux cas de covid au Royaume Uni, et ce pour le cinquième jour consécutif. La prudence reste toutefois de mise car ces chiffres ne reflètent pas encore en compte un éventuel effet lié à la levée des restrictions le 19 juillet dernier. Hier, la livre sterling a continué sa progression également aidé par la faiblesse du dollar. Le billet vert a souffert du repli du rendement des obligations du trésor américain et de mauvais chiffres économiques (commandes de biens durables plus faibles qu’attendu). En ce qui concerne les taux d’emprunts étatiques, le 10 ans est passé de 1.30 % à 1.23% en quelques heures, ce qui traduit la nervosité des marchés à l’approche de la réunion de la FED. La banque centrale américaine se réunit en ce moment même. Tout comme son homologue européenne, elle devrait garder sa politique monétaire inchangée. Lors de sa réunion du mois dernier, la FED avait surpris les marchés en montrant à travers les « dot plots » que les taux pourraient augmenter plus tôt que prévu. Depuis, Jérôme Powell a réaffirmé à plusieurs reprises que la banque centrale continuerait à soutenir l’économie. Cette fois-ci encore, le langage utilisé sera particulièrement scruté car la moindre phrase, la moindre évocation du variant delta ou du tapering sera interprétée et influencera le cours du billet vert dans un sens ou l’autre. Pour finir, Jérome Powell voit son mandat de quatre ans se terminer fin janvier. Il avait été nommé par Donald Trump en remplacement de Janet Yellen, aujourd’hui secrétaire au trésor. La question de son remplacement ou de sa reconduction va commencer à sa poser.