Montagnes russes à Ankara

Dec 22, 2021
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Cette semaine le calendrier nous a offert plusieurs réunions de banques centrales : aux Et...


Cette semaine le calendrier nous a offert plusieurs réunions de banques centrales : aux Etats-Unis, en Europe, Angleterre, Norvège et dans notre pays, la Suisse. Dans un contexte sanitaire dégradé sous l’effet du nouveau variant Omicron, les banques centrales ont généralement revu à la hausse les prévisions d’inflation et à la baisse celles de croissance. Petit tour d’horizon des principales annonces.


En début de semaine, la FED ouvrait le bal avec sa réunion de politique monétaire. Celle-ci venait à la suite de commentaires « hawkish » de son président reconduit Jérôme Powell, qui avait indiqué que l’inflation était finalement moins transitoire qu’initialement envisagé. Et comme attendu, la banque centrale américaine a envoyé des signaux clairs sur un resserrement monétaire à venir. Tout d’abord en doublant dès à présent le rythme de réduction des rachats d’actifs (30 milliards de dollar par mois), mais également en indiquant à travers les « dot plots » qu’elle table désormais sur 3 hausses de taux en 2022 et trois hausses de taux en 2023. Le marché avait anticipé ce resserrement : le dollar et les rendements d’obligation ont connu une hausse de courte durée sur cette annonce. L’actualité aux Etats-Unis est aussi marquée par deux faits politiques majeurs : d’une part le relèvement du plafond de la dette qui permet aux Etats-Unis de financer ses dépenses jusqu’en 2023 et d’autre part la volteface du sénateur démocrate Joe Manchin qui refuse de voter le massif plan gouvernemental « Build back better » justement par peur de ses répercussions sur la dette et l’inflation.


Le lendemain de la FED, la banque centrale européenne prenait à son tour la parole et annonçait également une réduction de son programme de soutien à l’économie (PEPP) à partir du premier trimestre de 2022. Toutefois à ce stade aucune hausse de taux n’est envisagée malgré une inflation à 4.9 % sur un an. La BCE a abaissé sa prévision de croissance pour 2022 à 4.2% contre 4.6 % auparavant.


La surprise est venue de la banque d’Angleterre qui a pris la décision de relever son taux directeur de 0.10 %, le plancher historique, à 0.25 %. Au Royaume-Uni, l’inflation s’est élevée à 5.1 % soit un plus haut de 10 ans. Concernant la livre britannique, celle-ci a également progressé au moment de l’annonce avant de revenir sur ses niveaux habituels du mois de décembre, autour de 1.33


Jeudi dernier, la banque centrale de Norvège a aussi relevé son taux directeur qui passe de 0.25% à 0.50%. Cette hausse était en revanche attendue par le marché. En septembre, la Norges Bank avait été l’une des premières banques centrales d’un pays développé à monter les taux depuis le début de la pandémie. Dans son communiqué, la banque centrale dit envisager une nouvelle hausse au mois de mars, sauf si la propagation du variant Omicron entraine des restrictions venant perturber l’activité économique.


La banque centrale suisse est restée de son côté ultra-accommodante en laissant comme attendu son taux directeur inchangé à -0.75 %. La BNS s’accommode d’un franc fort qui lui permet de payer moins cher ses importations. A noter que la hausse des prix dans notre pays est bien plus faible qu’ailleurs. La BNS prévoit une inflation de 0.6 % pour cette année et 1 % l’année prochaine. Vendredi dernier face à la force de notre devise, le dollar passait sous les 0.92 CHF et l’euro sous les 1.04. Depuis le franc suisse a perdu un peu de terrain avec des niveaux respectifs de 0.9250 et 1.0420


A contre-courant des autres banques centrales, la Chine a décidé d’abaisser très légèrement l’un de ses taux directeurs. Cette mesure montre que le gouvernement cherche à soutenir son économie fragilisée par la crise du secteur immobilier


Cette semaine, la lire turque a de nouveau fait preuve d’une volatilité extrême. En forte baisse depuis le début de l’année, celle-ci décrochait de nouveau ce lundi lorsque le président Erdogan déclarait que les taux d’intérêts ne seraient pas relevés. La devise a alors atteint un plus bas à 18.36 contre le billet vert. Pour rappel, le taux de change était de 1 dollar pour environ 8 TRY en début d’année. Dans l’après-midi, le président turc a annoncé une série de mesures complexes destinées à soutenir la monnaie nationale de manière indirecte. La devise turque a fortement rebondi pour se stabiliser légèrement sous 13.


Du côté des matières premières, l’or a progressé cette semaine passant de 1760 à 1810 dollar l’once avant de se stabiliser à son niveau moyen autour de 1780 dollar. Le baril de pétrole a connu une journée volatile hier avec un baril baissant à 66 dollar avant de rebondir à 71 dollar. Enfin, le prix du gaz en Europe a connu un nouveau sommet historique sur fond de tensions géopolitiques entre la Russie et l’Europe importatrice de gaz.