L’Amérique face au suspens des élections

Nov 5, 2020
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La parité EUR/USD n’a pas été chahutée lors de la journée électorale du 3 novembre. Le dol...


La parité EUR/USD n’a pas été chahutée lors de la journée électorale du 3 novembre. Le dollar s’est dans un premier temps renforcé mais n’a pas réussi, une fois de plus, à casser le support de 1.1600. Elle demeure ainsi dans le range qui prévaut depuis le 1er septembre où elle avait alors tenté de passer au-dessus de 1.2000. Comme on pouvait s’y attendre, le résultat de l’élection présidentielle américaine sera extrêmement serré. Ce matin Joe Biden compte 253 grands électeurs sur les 270 nécessaires contre 213 au Président sortant. S’il remporte l’Arizona (11) et le Nevada (6) il fera son entrée à la Maison Blanche. Mais Donald Trump n’abdiquera pas si vite et nous pourrions retrouver un scénario similaire à l’an 2000 où il avait fallu un mois et l’intervention de la Cour Suprême pour proclamer officiellement Georges Bush vainqueur face à Al Gore. Il n’est dès lors pas étonnant de voir le dollar faire du surplace et ce matin il ouvre sur le même niveau qu’il a clôturé lundi soir. Face à l’incertitude actuelle, les traditionnelles valeurs refuges que sont le franc suisse, le Yen et l’or sont orientées à la hausse.


Sur le plan économique, aux Etats-Unis comme attendu l’économie a fortement rebondi. Le Produit Intérieur Brut américain a progressé de 33.1 % en rythme annuel au 3ème trimestre, soutenu par le déconfinement et le plan de relance économique. Les dépenses personnelles des Américains ont bondi, elles, de 40.7 % durant la période. La réouverture progressive des commerces et des entreprises a facilité la reprise de la consommation et dopé l’investissement privé. En contraste, après un rebond de 12,7 % (contre 9,4 % attendus), l’économie de la zone euro pourrait retomber en récession au quatrième trimestre, vu les mesures de confinement partiel face à la deuxième vague de COVID-19 et des mesures de soutien plus modestes qu’outre-Atlantique. Jeudi passé, la BCE n’a pas apporté de changements à sa politique monétaire toujours accommodante malgré le retour de la crise économique. Mme Lagarde a cependant clairement indiqué que de nouvelles mesures seraient annoncées lors de la prochaine réunion de politique monétaire le 10 décembre mais l’institut attend les nouvelles projections conjoncturelles qui devraient être publiées à cette occasion. La BCE parle de « recalibrer » les instruments actuels pour contrer les conséquences de la nouvelle vague. Et parmi ces mesures, une baisse de 0.10 % du taux de base est clairement envisagée par les analystes qui tablent aussi sur une augmentation des rachats d’actifs. Des propos de Christine Lagarde on relèvera particulièrement ceux émis au sujet du niveau de la monnaie unique sur le marché des changes. A la question d’un journaliste, celle-ci a répondu que le niveau de la parité EUR/USD n’était pas du tout une source d’inquiétude pour la banque centrale.  Au contraire des déclarations émises par elle-même et son chef économiste Philippe Lane lorsque la parité testait les 1.2000 au mois de septembre.


Le franc suisse reste demandé en cette période de turbulences ce qui se reflète une fois de plus dans l’augmentation des dépôts à vue auprès de la banque centrale. Avec une progression de 623 millions ceux-ci sont pour la troisième semaine consécutive en hausse. La BNS semblait défendre le niveau de 1.0700 depuis quelques semaines mais le reconfinement décidé en France et en Allemagne pèse sur la monnaie unique. Le baromètre conjoncturel du KOF montre que la reprise a faibli en octobre. Les secteurs les plus touchés sont les services, l’hôtellerie, la restauration, la demande étrangère et cette situation va encore s’aggraver en novembre. Les mesures prises dans plusieurs cantons suisses ne parviennent pas à équilibrer la balance pour le franc qui demeure une valeur refuge.


La Banque centrale d’Australie a ramené son taux de base de 0.25 % à 0,10 %. Elle aussi annoncé qu’elle allait procéder à des rachats d’obligations gouvernementales pour 100 milliards de dollars australiens sur des maturités de 5 à 10 ans au cours de ces six prochains mois. Interrogé sur d’éventuels taux négatifs, le Gouverneur Philip Lowe a déclaré « Cela reste hautement peu probable mais dans l’environnement actuel on ne peut pas l’exclure. Lorsque l’on voit que les plus grandes banques centrales du monde y ont recours, on doit étudier un tel scénario, on ne peut pas l’exclure totalement ».


La Banque du Japon a maintenu sa politique monétaire inchangée, la semaine passée, mais a revu à la baisse la croissance à -5.5 % et l’inflation à -0.6 % pour 2020. Son taux directeur reste à -0.10 % et elle a un objectif de rendement pour l’obligation d’Etat à 10 ans de 0 %. Elle s’est, elle aussi, déclarée prête à des mesures monétaires additionnelles si la pandémie devrait encore plus impacter l’économie. Tout comme la BNS, la Banque du Japon doit faire face au renforcement de sa devise qui est aussi une valeur refuge en période de turbulence.


Enfin, la Banque d’Angleterre a annoncé, ce matin, ses décisions en terme de politique monétaire dans un contexte de difficultés économiques liées à la deuxième vague de COVID. Elle va augmenter ses rachats d’actifs de 150 milliards de livres à 875 milliards et garde à 0.10 % son taux d’intérêt directeur tout en répétant qu’elle se tient prête à agir à nouveau si la Grande-Bretagne et l’Union Européenne ne trouvait pas d’accord sur le Brexit.


A l’agenda c’est bien entendu la réunion de la FED aujourd’hui qui en est l’évènement principal. Le statu quo est largement attendu et même la conférence de presse de Jerome Powell qui s’en suivra ne devrait pas amener d’éléments importants en cette période d’élection présidentielle.