L’or en forte hausse en ce début d’année

Jan 11, 2023
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Depuis le début de l’année, le prix de l'or a augmenté tous les jours à l’exception d’un s...

Depuis le début de l’année, le prix de l'or a augmenté tous les jours à l’exception d’un seul. Le métal précieux a atteint un sommet de neuf mois à 1883 dollar l’once. Les marchés s'accrochent à l'espoir d'avoir vu la majorité des hausses de taux d'intérêt pour ce cycle. Des taux d'intérêt plus élevés renforcent l'attrait des actifs papier et enlèvent un peu d'attrait aux actifs non productifs tels que les métaux précieux. La présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, a déclaré lundi qu'une augmentation d'un demi ou d'un quart de pour cent était possible lors de la prochaine réunion de la Fed le 1er février prochain. Son homologue d’Atlanta, Raphael Bostic, s'est contenté de dire qu'il fallait être plus prudent dans le calibrage des taux, et que ceux-ci pourraient rester relativement élevés l'année prochaine. Pour l'instant, les marchés semblent espérer que toute récession à venir sera historiquement légère. Quoi qu’il en soit, la banque mondiale a revu hier ses prévisions de croissance à la baisse pour 2023 (+1.7% contre +3% en juin dernier). Pour l’année prochaine, elle s’attend à une reprise modérée avec un taux de croissance de 2.7 %


Le métal précieux a également profité de la faiblesse du billet vert, que l’on a pu aussi constater face à l’euro ou au franc suisse. Les marchés financiers revoient régulièrement à la baisse leurs prévisions de hausse des taux d'intérêt américains ce qui entraine les rendements obligataires américains à la baisse et le billet vert avec eux. Alors que plusieurs membres de la Réserve fédérale continuent de parler d'un taux final supérieur à 5 % et d'une absence de baisse des taux en 2023, les marchés financiers tablent sur un taux maximum de 4,75 % à 5 % avec une possible baisse de 25 points de base lors des réunions de la Fed en novembre et décembre. Alors que le dollar US reste sous pression en raison de la baisse des attentes en matière de taux, l'euro continue d'être soutenu par l'insistance de la BCE sur le fait que les taux devront augmenter pour atténuer les pressions actuelles sur les prix. Isabel Schnabel, membre influent du conseil d'administration de la BCE, a récemment déclaré que la BCE reste dans un cycle de hausse des taux et que les taux doivent encore augmenter de manière "significative". La Fed devrait donc approcher la fin de son cycle de hausse des taux avant la BCE. Les écarts de taux entre les deux devises favorisent donc en ce moment la force de l'euro. De plus, de bonnes statistiques économiques ont également permis à la monnaie unique de progresser. Le nombre de personnes sans emploi est resté stable à 6,5% en novembre et l’inflation a continué son repli en décembre pour le deuxième mois consécutif, passant sous la barre des 10 % à 9.2% contre 10.1% en novembre. L'accalmie sur les prix de l'énergie en est la principale raison. Enfin, selon les prévisions de la BCE, la croissance des salaires au cours des prochains trimestres devrait être très forte par rapport aux références historiques et ce afin de rattraper l’inflation. Les salaires bruts en zone euro devraient avoir augmenté de 4,5% en 2022 et devraient progresser de 5,2% cette année. En Allemagne, les syndicats commencent à réclamer des hausses de salaires entre 10 et 15%.


En Suisse, le taux de chômage a reculé à 1,9% en décembre, soit son plus bas niveau depuis octobre 2001. Le taux de chômage annuel moyen a baissé à 2,2% en 2022 par rapport à 3,0% l'année précédente. En revanche, moins bonne nouvelle du côté de notre banque centrale. En effet, lundi, la Banque nationale suisse (BNS) vient d'annoncer une perte record de 132 milliards de francs sur l'année 2022. C'est la seconde fois que cela se produit en cent seize ans d'histoire. La majorité des pertes sont dues aux réserves de change accumulées par la BNS pour tenter d'éviter une appréciation du franc suisse : le montant de ces réserves s'est déprécié de 17 % sur l'année. La BNS a en revanche enregistré 400 millions de francs de plus-value sur ses réserves en or mais cela n’a pas suffi à compenser ces pertes. La stabilité financière de l’institution n’est pas remise en cause mais concrètement ces pertes signifient que la BNS ne pourra pas verser de dividendes à la Confédération et aux cantons suisses alors qu’en 2021 elle leur avait versé 6 milliards de francs. Ceux-ci risquent donc de se retrouver avec un trou dans leur budget.


Les deux plus grandes économies du monde, les Etats-Unis et la Chine, devraient publier les chiffres de l'inflation dans le courant de la semaine. Le chiffre américain est bien entendu l’indicateur le plus important et le plus suivi. Le yuan s'échange dans une limite fixée par la PBOC ce qui limite l'impact que peuvent avoir les données. Néanmoins, la Chine est le centre manufacturier du monde. Si les coûts de production augmentent pour les entreprises chinoises, ils finiront par se répercuter sur la chaîne d'approvisionnement dans le reste du monde. Le taux d'inflation de la Chine devrait s'accélérer pour atteindre 1,8 %, contre 1,6 % précédemment. Ce taux reste inférieur à l'objectif de 2 % de la PBOC, ce qui signifie que le gouvernement pourrait continuer à stimuler l'économie nationale. Pendant ce temps, de l'autre côté du Pacifique, l'IPC américain devrait poursuivre sa décélération en ralentissant à 6,5 %, contre 7,1 % sur un an en novembre. Les prévisions des économistes montrent que ceux-ci s’attendent à une accélération à la baisse de l’inflation. L'inflation de base devrait également baisser mais pas aussi rapidement : elle est prévue à 5,7 %, contre 6,0 % le mois précédent. Mais rappelons que cela représente encore presque le triple de l'objectif de la Fed.