L’impact de la pandémie sur l’économie donne du fil à retordre aux prévisionnistes

May 12, 2021
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Le fait marquant de la semaine écoulée était sans conteste la publication vendredi des chi...


Le fait marquant de la semaine écoulée était sans conteste la publication vendredi des chiffres de l’emploi aux Etats-Unis (non-farm payroll) pour le mois d’Avril. Alors que les prévisions tablaient sur des créations d’emploi proches du million, le chiffre est ressorti très nettement en dessous des attentes, avec seulement 266,000 emplois créés. Les deux mois précédents ont également été revus à la baisse de 78,000 postes. Le taux de chômage dans le pays est de 6.1 %, là où la plupart des analystes le voyaient dans une fourchette comprise entre 5.8 et 6.0 %. Il est peu de dire que cette statistique a surpris le marché, un tel écart entre prévision et donnée réelle étant peu fréquent. Il faut croire que chiffrer l’impact de la pandémie sur l’économie donne du fil à retordre aux prévisionnistes. Le rendement des obligations d’état américaines a immédiatement perdu 8 points de base avant de se reprendre, mais c’est surtout le billet vert qui s’est affaibli, la parité euro-dollar grimpant d’un centime, de 1.2060 à 1.2160. Contre le franc suisse, le dollar a testé le support de 0.90 avant de rebondir. Dans un contexte de reprise économique, on note donc que le retour de l’emploi se fait plus lentement que celui de la croissance. Il semblerait que le problème ne se situe pas dans le nombre d’offres d’emplois : au mois de mars, le nombre d’emplois à pourvoir était de plus de 8 millions, un record et 600,000 de plus qu’en Février. Le souci réside plutôt dans la disponibilité de la main d’œuvre qualifiée. On peut imaginer qu’un certain nombre de personnes préfèrent continuer à bénéficier des aides d’état et attendre une réelle amélioration sur le front sanitaire avant de reprendre un emploi. On peut également imaginer que les chiffres seront revus à la hausse le mois prochain comme cela arrive fréquemment. Quoi qu’il en soit, ces mauvais chiffres de l’emploi éloignent les perspectives d’un resserrement monétaire à court terme, et ce malgré une inflation qui progresse. Depuis de nombreuses semaines, les membres de la FED communiquent sur le fait qu’il serait prématuré de toucher aux taux d’intérêt tant que les effets négatifs de la crise sur l’emploi se seront dissipés. Il reste encore du chemin à parcourir, précisément 7.3 million d’emplois à recréer pour arriver au niveau d’avant la pandémie. Pour autant, la production repart dans les entreprises. Le PMI manufacturier mondial a atteint un plus haut depuis 11 ans en avril, s’établissant à 55.8 points. Malgré la hausse des couts et l’allongement des délais de livraison, les directeurs d’achat enregistrent les commandes et renforcent leur capacité de production. En Suisse, l’indice PMI a atteint un plus haut absolu à 69.5 points. En Angleterre, l’indice des directeurs d’achats du secteur des services a augmenté à 61 contre 56.3 auparavant.


Dans le monde des devises, l’affaiblissement du dollar s’est poursuivi ces derniers jours sous l’effet des mauvais chiffres des non-farm payroll. L’euro-dollar vaut 1.2133 ce matin contre 1.2015 il y a une semaine. Il avait touché un plus haut à 1.2182 dans la journée d’hier, avant de se raffermir avec l’intensification des combats entre israéliens et palestiniens. Mais il faut également mettre en lumière la performance de trois devises en particulier : la livre sterling, le dollar canadien et le franc suisse. Commençons par la devise du Royaume Uni. La semaine dernière, la banque d’Angleterre a gardé son taux d’intérêt inchangé à 0.10 % comme attendu. Elle a surtout relevé fortement sa précision de croissance pour cette année à 7.25 % contre 5% attendus en février. Sans toucher à l’enveloppe allouée aux rachats d’actifs, elle a laissé entendre qu’elle allait prochainement réduire le rythme de ces achats. Sur le plan politique, des élections locales se sont déroulées au Royaume Uni. Le parti indépendantiste écossais a remporté les élections mais a raté la majorité parlementaire absolue pour une voix. Cela complique la mise en œuvre d’un référendum pour l’indépendance de l’écosse, ce que Boris Johnson refuse fermement. Dans ces mêmes élections, le parti conservateur du premier ministre a obtenu de bons résultats au détriment des travaillistes, surtout dans les zones ayant voté pour le Brexit. Les investisseurs, rassurés par la stabilité politique et les bonnes nouvelles économiques, portent la livre sterling au-delà des 1.41 USD. Le dollar canadien de son côté se rapproche de la barre des 1.20. Un dollar US achète actuellement 1.21 dollar canadien, un niveau d’Août 2017.  Pour rappel, la banque centrale du Canada avait été la première à réduire ses rachats d’actifs. La devise canadienne est également portée par la faiblesse du dollar américain et par la hausse du prix des matières premières. Le franc suisse se renforce également, porté par des indicateurs économiques record : baromètre conjoncturel du KOF au plus haut depuis 2008, indices des directeurs d’achat au plus haut historique,