L’euro se reprend avant la BCE

Jul 20, 2022
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Mercredi dernier, le CPI (Customer Price Index) a de nouveau dépassé les attentes aux Etat...

Mercredi dernier, le CPI (Customer Price Index) a de nouveau dépassé les attentes aux Etats-Unis. Les données publiées pour le mois de juin montrent que l’inflation accélère encore à +9,1% sur un an et +1,3% sur un mois. Le marché tablait sur une hausse annualisée de +8,8%. Un mois plus tôt, la hausse des prix était de +8,6% sur un an et +1,0% sur un mois. Il s’agit donc d’un nouveau record historique depuis plus de quatre décennies, en 1981 exacte-ment. L’inflation forte concerne tous les secteurs et en premier lieu le logement, l’énergie et la nourriture. Sur les produits de base également les prix continuent de progresser, mais à un rythme annuel moins fort que le mois dernier. Si l’on cherche quelques motifs d’espoir, cela pourrait laisser penser que le pic serait passé. Sous l’effet du CPI, le dollar s’est apprécié mais sans parvenir à casser la parité contre l’euro. Il a fallu attendre le lendemain pour que l’euro passe sous la barre des 1 dollar dans un mouvement provoqué par l’annonce inattendue de la démission du premier ministre italien Mario Draghi après le refus du Mouvement 5 étoiles de le soutenir lors d'un vote de confiance. La monnaie unique touchait alors un plus bas depuis vingt ans à 0.9952. Dans le même temps, après avoir envisagé 50 puis 75 points de base, le marché commençait à sérieusement envisager une hausse historique de 100 points de base lors de la prochaine réunion de la FED qui aura lieu le 27 juillet. Une hausse de cette ampleur constituerait la plus grosse hausse de taux depuis les années 1990. Toutefois, ce scénario est devenu moins probable après les commentaires de certains responsables de la réserve fédé-rale qui ont cherché à tempérer les attentes. Le consensus est désormais une hausse de 75 points de base outre atlantique à la fin du mois.


Mais cette semaine, l’actualité est principalement centrée sur le vieux continent. La banque centrale européenne a sa réunion de politique monétaire demain (jeudi 21) et après avoir mis un terme aux achats de dette, elle s’apprête désormais à monter son taux directeur pour la première fois depuis onze années. Car ici comme ailleurs, les pays de la zone euro sont con-frontés à une inflation débridée. Dans la zone, la hausse des prix a battu le mois dernier un nouveau record à 8,6% en taux annualisé. L’inflation est au plus haut et la confiance est au plus bas. Le ZEW, indicateur allemand du sentiment économique a plongé à un plus bas de-puis 2008. En plus de cette situation explosive, l’Europe doit faire face à d’autres crises. Pour commencer, une crise politique en Angleterre, avec la démission – forcée – du premier mi-nistre Boris Johnson et en Italie avec la démission – refusée - du premier ministre Mario Draghi. En Angleterre ce matin il ne reste plus que trois candidats en lice pour la présidence du parti au pouvoir et ce soir nous connaitrons les finalistes. Ce sont les députés conserva-teurs qui votent entre eux. La désignation du futur premier ministre devrait se faire à la ren-trée. En Italie, Mario Draghi doit s’exprimer dans la journée devant le parlement, ce que lui a été demandé par le président italien lorsque celui-ci a refusé sa démission. L’incertitude et l’instabilité politique ont bien entendu pesé sur la monnaie unique. De plus il faut rajouter à cela la guerre aux portes de l’Europe et les problèmes d’approvisionnement en énergie qui en découlent. Pourtant, depuis le 14 juillet et son plus bas à 0.9952, l’euro est reparti à la hausse. Plusieurs raisons à cela : tout d’abord il semblerait que la BCE qui auparavant avait planifié une hausse de 25 points de base, songe désormais à monter les taux d’un demi-point en rai-son des pressions inflationnistes. Soucieux d'éviter une envolée des coûts de financement des pays « périphériques », les responsables de la BCE travaillent également à un accord visant à éviter la fragmentation des rendements. Sur le plan énergétique la Russie a annoncé que les livraisons de gaz via le pipeline Nord Stream 1 recommenceraient dès demain après 10 jours d'arrêt pour maintenance. Le volume de gaz livré sera inférieur aux attente mais on craignait que Vladimir Poutine utilise le prétexte d’une défaillance technique pour stopper tota-lement la livraison de gaz et ainsi mettre la pression sur les pays européens.


En Chine, le PIB s’est contracté plus qu’attendu au deuxième trimestre avec un repli de 2.6 % contre une estimation de -1.4 %. La politique de zéro COVID est à blâmer. Sur un an la crois-sance est de seulement +0.4 % contre +1.0% attendus et +4.8% au premier trimestre. Toute-fois les autres statistiques économiques du mois de juin : hausse de la production industrielle, hausse des ventes au détail et des exportations laissent espérer une embellie à venir. En An-gleterre, où l’inflation atteint 9.1 % sur un an, Michael Saunders, membre de la banque d’Angleterre a déclaré qu’il était favorable à de nouvelles hausses de taux pour atteindre 2 % ou plus en 2023. Le taux est actuellement de 1.25 %. Enfin, le pétrole est de retour au-dessus de 100 dollar le baril. Le président Joe Biden s’est rendu au moyen orient pour renouer le dia-logue avec l’Arabie Saoudite et tenter de la convaincre d’ouvrir d’avantage les vannes. Obte-nir une baisse des prix de l’essence aurait été d’une grande aide à quelques mois de élections de mi-mandat mais le président américain est reparti sans avoir obtenu d’avancées significa-tives.