L’Euro n’y arrive pas !

Aug 17, 2022
  • EUR/USD1.0175
  • DOW JONES34’152.01
  • USD/CHF0.9510
  • SMI11’130.44
  • EUR/CHF0.9670
  • WTI CRUDE OIL87.67
  • XAU/USD1'779.00
  • USD/RUB60.80
La publication la semaine passée des données sur l’inflation aux Etats-Unis a entrainé dan...

La publication la semaine passée des données sur l’inflation aux Etats-Unis a entrainé dans un premier temps un repli marqué du dollar face à l’Euro. L’annonce, mercredi, d’une baisse de l’indice des prix à la consommation et jeudi de ceux à la production laissent espérer que le pire est passé. L’inflation a ainsi reculé à 8,5 % en juillet après avoir atteint son plus haut depuis 40 ans à 9,1 % le mois précédent. Cette évolution favorable s’explique principalement par le recul des prix de l’énergie - 4,6 % sur un mois mais aussi par celui des prix des billets d’avion et des véhicules d’occasion qui ont aussi contribué à ce repli. Le marché a immédiatement réagi après ces publications en n’anticipant plus qu’un relèvement de 0.50 % des taux directeurs le 21 septembre contre 0.75 % auparavant. La monnaie unique a brièvement repassé au-dessus de 1.0350 dollar pour un Euro dans la foulée de ces données. Mais l’embellie aura été de courte durée car les craintes de récession sur le Vieux Continent, ont fait perdre tout le terrain gagné en fin de semaine passée. La pénurie de gaz avec des prix en hausse constante, au plus haut depuis mars à 230.00 euros le MWH, ainsi que ceux toujours élevés des matières premières laissent planer le spectre d’un ralentissement marqué de l'activité économique en Europe. Gazprom a annoncé hier que les prix du gaz pourraient augmenter de 60 % cet hiver. Consécutivement, la parité EUR/USD s’est replié sous les 1.0200 hier. Des éléments à venir permettront au marché d’affiner ses projections sur les taux américains. La publication du procès-verbal de la dernière réunion de la Fed ce soir devrait confirmer la volonté de la banque centrale de continuer son resserrement monétaire. D’ici le 21 septembre de nouvelles données sur l'inflation et sur l'emploi seront publiées, ce qui permettra à la Réserve Fédérale d’affiner sa décision.


La monnaie unique se replie aussi face au franc et s’éloigne de la parité. Sur les 0.9600, l’Euro évolue à son plus bas niveau hors abandon du cours plancher en mars 2015. Cette tendance ne devrait pas s’inverser dans le court terme car un franc fort permet de lutter contre l’inflation importée. Durant la décennie passée, la BNS voulait éviter que le franc ne s’apprécie trop face à la devise européenne.


Dans un contexte de croissance faible, la priorité était de soutenir les exportations à destination de l’Union, premier partenaire commercial de l’économie suisse. Désormais, l’inflation est devenue le nouvel ennemi à combattre et bénéficier d’une monnaie forte est une bonne chose dans cet environnement. Les analystes se demandent maintenant jusqu’où pourra, raisonnablement, descendre la devise européenne et s’accordent sur un fait ; c’est que le potentiel baissier devient quand même limité.


En Chine au mois de juillet, l’inflation a progressé de 2,5 % à 2,7 %, en raison de l’envolée des prix du porc. Ce niveau reste peu élevé en comparaison internationale mais s’approche de la cible de 3 %, l’indice des prix à la production a lui reculé de 6,1 % à 4,2% sur un an montrant une baisse de la demande domestique. La Banque Centrale de Chine a surpris les marchés en ce début de semaine en abaissant le coût des emprunts de 10 points à 2.75 % dans le but de soutenir la croissance dans un contexte ou l’économie chinoise a été mise à mal par les différents épisodes de COVID. Cette décision montre l’inquiétude croissante de Pékin face au recul de la consommation et les difficultés du marché immobilier. La devise chinoise a reculé sous l’effet de l’annonce passant de 6.7400 Yuan pour un dollar à 6.8200 Yuan et s’approche du plus bas de l’année touché le 13 mai à 6.8380. La devise chinoise avait commencé l’année à 6.3600 Yuan par dollar américain.


Au Royaume-Uni, la livre recule face aux mauvais chiffres publiés. Le Produit Intérieur Brut affiche un recul de 0.1 % au deuxième trimestre contre une croissance de 0.8 % précédemment. Si le marché du travail demeure robuste la production industrielle a elle plongé en juin affichant une contraction de 0.9 % et l’inflation est passée au-dessus des 10 % en juillet. La devise britannique recule contre le billet vert et le franc suisse tout en se maintenant contre l’Euro. Face au franc, à 1.1450, elle évolue sur les plus bas de l’année et se rapproche du niveau historique de mars 2020 à 1.1116.


Les cours du brut ont fléchi sur fond de craintes d’un ralentissement global de l'économie mondiale et particulièrement chinoise qui réduirait la demande et la perspective d’un retour du pétrole iranien sur le marché. Un accord sur le nucléaire iranien pourrait conduire à la fin des sanctions pour ce membre clef de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole. Le chemin semble encore long mais la situation avec la Russie pourrait inciter toutes les parties à accélérer pour trouver un accord. Le pays pourrait dès lors augmenter sa production d’un million de barils par jour en quelques mois inondant un marché où la demande faiblit. Le baril de brut WTI vaut moins de 90 dollars ce matin.