L’euro-dollar au plus bas depuis 20 ans

Aug 24, 2022
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Jeudi dernier la banque de Norvège a relevé plus qu’attendu son taux directeur. Avec une h...

Jeudi dernier la banque de Norvège a relevé plus qu’attendu son taux directeur. Avec une hausse de 50 points de base, celui-ci est désormais fixé à 1.75 %. Une nouvelle hausse de 50 points de base pourrait avoir lieu en septembre afin de contenir une inflation qui continue d’accélérer. Au mois de Juillet celle-ci s’établit +6.8 % en rythme annuel. La présidente de la banque centrale, Wolden Bache, a déclaré « Un taux nettement plus élevé est nécessaire pour alléger la pression sur l’économie norvégienne et ramener l’inflation vers le niveau officiel de la politique monétaire » qui est de 2 %. Pendant la période de COVID, la Norvège a longtemps gardé son taux à zéro pour sou-tenir l’économie. Aujourd’hui mis à part la problématique de l’inflation qui touche tous les pays, l’économie norvégienne se porte bien grâce à sa production d’hydrocarbures qui profite des cours élevés. Le gouvernement s’attend à une croissance de 3.6 % en 2022. En Turquie la situation est bien moins reluisante. L’inflation est hors de contrôle et frôle les 80 % sur un an. Malgré cela, la banque centrale et derrière elle le président Erdogan, mène une politique monétaire diamétrale-ment opposée aux autres banques centrales occidentales en abaissant son taux directeur de 14 à 13%. La banque centrale turque estime que cette baisse est nécessaire pour soutenir l’économie. Après une chute de 44 % en 2021, la livre turque cède de nouveau 27% face au dollar depuis le dé-but d’année. En Chine, la reprise post-Covid s’annonce plus compliquée que prévu. Les dernières statistiques économiques se sont montrées décevantes avec des ventes de détail plus faibles qu’attendues, une production industrielle au ralenti et des ventes de logements en chute de presque 29%. A cela il faut ajouter l’apparition de nouveaux foyers de coronavirus, en dépit de la stratégie « zéro-covid », une crise immobilière sans précédent et des fermetures d’usines dans la région du Sichuan où des vagues de chaleur ont obligé les autorités locales à rationner le courant électrique. Dans ce contexte, la banque centrale de Chine a baissé certains de ses taux d’intérêts avec l’espoir de stimuler l’économie. La monnaie chinoise recule fortement depuis la mi-août, pas-sant sous son plus bas du mois de mai et revenant à 6.88 hier, un plus bas de deux années, avant le Covid.


Pour avoir des bonnes nouvelles économiques il ne fallait pas non plus regarder en Europe : en Allemagne l’indice de confiance ZEW continue de se creuser en territoire négatif. Encore plus spec-taculaire, sous l’effet du prix des matières premières énergétiques, les prix à la production se sont envolés de 37 % en juillet. Cela n’augure rien de bon pour les marges des entreprises et pour le panier du consommateur. En Angleterre l’inflation a atteint 10 % en juillet en rythme annuel et pourrait dépasser 13% d’ici à la fin de l’année. Protestant contre la hausse des prix et pour de meil-leurs salaires, on assiste depuis quelques jours à des grèves de salariés notamment dans les sec-teurs ferroviaires et portuaires. La livre britannique est sous pression et recule contre la plupart des monnaies. Vendredi, elle a touché 1.1792 contre le dollar et 1.1305 contre le franc suisse, son plus bas niveau depuis mars 2020.


Une fois de plus c’est le billet vert qui est à la fête. Le dollar est toujours porté par son rôle de va-leur refuge, par un différentiel de taux favorable et par quelques bonnes statistiques en début de semaine. En effet, la production industrielle a été meilleure qu’attendu en juillet, soutenue par une forte hausse du secteur automobile. Les ventes au détail sont restées stables et l’indice de l’activité manufacturière dans la région de Philadelphie est revenu en territoire positif, même s’il reste à un faible niveau. Les minutes de la FED publiées la semaine dernière ont montré que les membres de la banque centrale restent déterminés à lutter contre l’inflation mais sans toutefois fournir un ca-lendrier de hausse de taux précis. Tous les regards se tournent désormais vers Jackson Hole, dans le Wyoming, où la Réserve fédérale américaine tient son symposium annuel et où son président Jérôme Powell doit s'exprimer vendredi. Aux Etats-Unis, comme en Europe (à travers les paroles hier de Fabio Panetta, président du directoire de la BCE) on note toutefois une certaine pru-dence et on commence à préparer le marché à de futures hausses de taux moins fortes que les précédentes, ceci afin de prévenir le risque de récession des économies.


Dans ce contexte, l’euro s’y est pris à plusieurs reprises mais a fini par casser la parité avec le dollar et a atteint hier un plus bas de 20 ans à 0.9901. Contre notre devise nationale, l’euro poursuit éga-lement sa baisse avec hier un plus bas à 0.9553. Enfin, on note un rebond du prix de l’or noir. L’Arabie Saoudite a averti que les pays membres de l’Opep+ pourraient décider de réduire leur production afin d’éviter une chute des prix en cas de retour de l’Iran sur le marché. L'Iran n'est pas contraint par l'accord existant entre les membres de l'Opep+ pour limiter les approvisionnements en pétrole et pourrait immédiatement vendre une partie de ses stocks en cas de levée des sanc-tions.