L’euro à nouveau sous pression contre le dollar et le franc.

Apr 6, 2022
  • EUR/USD   1.0880
  • DOW JONES   34’641.18
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  • EUR/CHF   1.0145
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  • XAU/USD  1’921.00
L’évolution de la parité EUR/USD est fortement influencée par le conflit en Ukraine et l’o...


L’évolution de la parité EUR/USD est fortement influencée par le conflit en Ukraine et l’on ne sera donc pas surpris de la retrouver sous pression à nouveau. Dans ce contexte, les monnaies refuge ont le vent en poupe et l’Euro s’effrite. L’EUR/USD s’approche du plus bas de l’année à 1.0806 vu le 7 mars. L’EUR/CHF est également sous pression et se traite autour de 1.0150. Après les évènements de ce weekend à Boutcha, l’Europe veut durcir le ton et menace de nouvelles sanctions la Russie. Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’une nouvelle série de sanctions la visant était nécessaire et qu’il existait des indications claires que les forces russes avaient commis des crimes de guerre. La ministre allemande de la Défense à déclarer que l’Union Européenne devrait discuter de l’arrêt des importations de gaz russe malgré sa dépendance mais le ministre des finances allemand s’y refuse encore car à court terme les livraisons ne sont pas substituables et pourrait fortement impacter l’économie allemande jusqu’à hauteur de 3 % du Produit Intérieur Brut. L’Europe tout entière, qui importe environ un tiers de son gaz naturel de la Russie craint l’impact économique qu’aurait une interdiction totale de l’énergie russe. Pour l’instant les sanctions proposées par l’Union Européenne, que les 27 États membres doivent approuver, interdiraient l’achat de charbon russe et empêcheraient les navires russes d’entrer dans les ports de l’UE.


Les données économiques ont aussi un impact majeur et favorise des devises comme le franc qui ont l’a vu précédemment se rapproche à nouveau de la parité contre la monnaie unique. La perte du pouvoir d’achat en zone euro et aux Etats-Unis en raison de chiffres inflationnistes inquiétant poussent les investisseurs dans notre devise. Ainsi en Allemagne, l’inflation a atteint 7,3 % en mars niveau le plus élevé depuis plus de 40 ans, contre 2.4 % en Suisse. La raison en est la flambée des prix de l’énergie et des denrées alimentaires due à la guerre en Ukraine. Celle dans la zone euro a atteint un nouveau record en mars, à 7,5 %, dopée aussi par la flambée des prix du pétrole, du gaz et de l’électricité. Les tarifs de l’énergie se sont envolés de 31,7 % sur un an. Christine Lagarde a, du reste, déclaré qu’un conflit prolongé en Ukraine augmentera le coût de la vie davantage en Europe. Elle estime également que la guerre a simultanément réduit la croissance et augmenté les prix. Ce qui complique grandement la tache de la Banque Centrale Européenne dans son désir de rétablir l’équilibre soit contenir l’inflation et soutenir la croissance.


Les cours du pétrole se sont néanmoins repliés la semaine dernière, réagissant à l’annonce de Joe Biden de puiser 180 millions de barils dans les réserves stratégiques américaines. Les pays membres de l’AIE ont décidé de puiser aussi dans leurs réserves stratégiques afin de tenter de faire baisser les cours. Plus de 30 pays ont décidé de mettre des dizaines de millions de barils de pétrole supplémentaires sur le marché. L’utilisation des réserves pourrait apaiser les tensions à court terme, mais elle ne règle pas les problèmes à plus long terme. Le déséquilibre entre l’offre et la demande devrait persister et les membres de l’OPEP n’augmenteront leur production que légèrement en avril. Dans l’immédiat ces décisions ont permis de stabiliser le cours du WTI aux alentours des 100 dollars le baril après avoir touché 126.42 dollars au plus haut cette année le 7 mars.


En ce qui concerne les politiques monétaires, le marché attend la publication du compte-rendu de la dernière réunion de la FED, le 16 mars, qui sera publié ce soir. Les analystes vont tenter de détecter des indices sur l’ampleur de la prochaine hausse. Les anticipations penchent en faveur de 50 points lors de la prochaine réunion qui se tiendra le 4 mai. Jeudi, la BCE publiera le sien et selon toute vraisemblance, aucune hausse de taux à court terme ne devrait être évoquée. Philip Lane, membre du directoire de la BCE estime que l’inflation en zone euro devrait se stabiliser autour de 2 % à moyen terme et que la Banque Centrale Européenne devrait pouvoir normaliser progressivement sa politique monétaire en réduisant ses achats de dette. Même sentiment chez Klaas Knot qui voit la fin du stimulus pour cette été et potentiellement une première hausse des taux cette année encore.


En Australie, la banque centrale a ouvert la porte à de futurs hausses de taux lors de sa réunion de politique monétaire hier. Elle a maintenu son taux directeur à 0.10 % mais relève que le marché du travail a connu une hausse des salaires plus fortes qu’attendues. Dès lors elle se prépare à mettre fin à son programme de soutien à l’économie et ne mentionne plus dans son compte rendu la nécessité de se montrer patient avant d’envisager un changement de cap.


Après le premier trimestre 2022, les principales places financières sont quasi toutes dans le rouge. A ce jour New York perd plus de 4 % et même plus de 9 % pour le Nasdaq. En Europe, si Londres est légèrement positif les pertes peuvent être significatives pour les autres. L’EuroStox 50 et Francfort perdent plus de 8 %, Paris plus de 7 %, le SMI environ 4 %. En Asie, Shanghai plombé par le variant Omicron perd 14 % alors que Tokyo et Hong Kong cède autour de 5 %.