Les marchés confrontés à de nombreuses incertitudes

Sep 22, 2021
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En fin de semaine dernière, du côté des indicateurs économiques on a noté de bons chiffres...


En fin de semaine dernière, du côté des indicateurs économiques on a noté de bons chiffres aux Etats-Unis, et d’autres bien moins reluisants en Suisse. Chez l’oncle Sam, l’indice Philly Fed qui mesure l’activité manufacturière dans la région de Philadelphie a surpris à la hausse en grimpant à 30.7 points alors que les analystes s’attendaient à une baisse. Les ventes de détail ont également progressé de 0.7 % au mois d’août alors que là aussi le marché avait prédit un recul. En Suisse, le secrétariat d’état à l’économie a révisé à la baisse sa prévision de croissance du PIB pour cette année. Celui-ci devrait progresser de 3.2 % seulement alors que le chiffre était de 3.6 % en juin. Les facteurs évoqués sont la reprise épidémique liée au variant delta ainsi que des problèmes de capacité de production. Le dollar américain a logiquement progressé face au franc suisse atteignant un plus haut depuis le mois d’avril à 0.9333. Il a à vrai dire progressé face à toutes les devises principales, l’euro tombant à 1.17 ce lundi avant de se reprendre.


La force du billet vert ne s’explique pas seulement par les publications de données macroéconomiques mais aussi par son statut de valeur refuge. Car cette semaine a été fortement agitée sur les marchés financiers. On a pu le constater sur le marché des changes, mais aussi sur les marchés action. Lundi, la plupart des bourses mondiales reculaient d’environ 2 %, les valeurs bancaires et de l’énergie étant les principales impactées. Seules les valeurs du secteur aérien tiraient leur épingle du jeu pour saluer la décision américaine de rouvrir les frontières aux étrangers vaccinés. Mêmes les GAFAM subissaient des prises de bénéfices, leur capitalisation fondant de 500 milliards depuis le plus haut du 7 septembre. L’indice VIX qui mesure la volatilité sur les marchés et que l’on surnomme l’indice de la peur faisait un bond à 25 points, son niveau du mois de mai. Enfin, les cryptomonnaies souffraient également, avec un Bitcoin retombant à 40,000 USD. La déprime des marchés s’explique principalement par deux raisons. La première, on la trouve à la une de tous les journaux, c’est l’affaire Evergrande.


Evergrande est une très grande entreprise Chinoise, numéro deux du secteur de la construction immobilière. Elle compte plus de 200,000 employés et procure indirectement du travail à 3.8 millions de chinois. Le problème de la société est sa dette faramineuse, chiffrée à environ 300 milliards de dollar soit environ 2% du PIB de la Chine. Evergrande éprouve désormais des grandes difficultés à payer les intérêts de ses emprunts. Hier, la société n’a pas honoré un paiement et a désormais 30 jours pour le faire. Cette situation s’explique en partie car le Covid a privé la société de revenus des centres commerciaux et aussi car l’état chinois a durci sa réglementation en lui interdisant de vendre des biens avant d’en avoir fini la construction. On estime à 1.6 million le nombre d’appartements vendus mais non finalisés. En un an, le cours de l’action Evergrande a été divisé par plus de dix. Alors, l’entreprise est-elle devenue « too big to fail » ? L’état chinois se portera-t-il au secours de la société ? Quelles sont les banques exposées à la dette, et à quel niveau ? En cas de faillite, verra-t-on une contagion au secteur bancaire et une propagation à l’international ? Voici les questions que rendent nerveux les intervenants.


Le deuxième sujet de crispation est propre aux Etats-Unis. Dimanche, la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen plaidait vigoureusement devant le congrès américain pour qu’il accepte de relever le plafond de la dette entré en vigueur le 1er août (28,400 milliards de dollars). Sans une nouvelle hausse de cette limite, les Etats-Unis seront dans l’incapacité d’émettre de nouveaux emprunts pour se financer et dès octobre, le pays manquera d’argent pour payer ses fonctionnaires, ses retraités et d’une manière plus large tous ses créanciers. Depuis les années 60, le plafond a été relevé ou suspendu 80 fois et les Etats-Unis n’ont jamais été en défaut de paiement. Mais ce relèvement fait l’objet d’intenses luttes politiques, engendre de l’incertitude et de la nervosité.


Dans ce contexte, le FOMC se réunit en ce moment même, un évènement qui comme toujours intéresse au plus haut point les marchés. La FED devrait comme son homologue européenne ouvrir la voie à une réduction du rythme de ses achat d’actifs même si on ne s’attend pas à un calendrier ou des chiffres précis pour le moment. Il faudra également être attentif aux prévisions économiques de la FED : celles-ci seront-elles modifiées par les dernières données d’inflation et de croissance ? Si l’accent est mis sur l’inflation et les soucis de production, cela enverra un signal hawkish de nature à accélérer le calendrier du tapering. Si la discussion porte d’avantage sur le ralentissement de la croissance, on évoquera alors le maintien plus long d’une politique accommodante.


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