Le Yen au plus bas depuis 20 ans contre le dollar

Jun 8, 2022
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Le sujet brûlant du moment demeure : jusqu’où les taux américains peuvent-ils monter et vo...


Le sujet brûlant du moment demeure : jusqu’où les taux américains peuvent-ils monter et vont-ils à un certain point impacter négativement l’économie ? Lael Brainard, la vice-présidente de la FED, a déclaré la semaine passée. « En ce moment il est très difficile de voir une justification à une pause lors de la réunion de septembre. Nous avons encore beaucoup de travail à faire pour ramener l’inflation à notre cible de 2 % ». Ces déclarations entérinent, les deux relèvements à venir lors des réunions des 15 juin et 27 juillet. Des ajustements haussiers qui devraient être chaque fois d’un demi pourcent. D’autant que selon ses propos cela « semble un rythme raisonnable ». Ce point de vue parait faire consensus au sein de l’institution américaine. Le faucon James Bullard de la FED de St-Louis maintient quant à lui sa vision particulièrement agressive d’un relèvement des taux à hauteur de 3.5 % pour la fin de l’année. Mary Daly de la FED de San Francisco est favorable aussi à deux relèvements de 50 points lors des deux prochaines réunions estimant elle aussi que la banque centrale doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour ramener l’inflation à des niveaux plus raisonnables. Dans la foulée le rendement des bons du Trésor à 10 ans est repassé au-dessus de 3 % en ce début de semaine. Une remonté des rendements qui a permis de stabiliser le cours du dollar contre la monnaie unique. Après avoir atteint un pic pour 2022 à 1.0350, la devise américaine avait reculé jusqu’à 1.0786 face aux perspectives de resserrement monétaire en zone euro. Dans l’immédiat la parité semble avoir trouvé un point d’équilibre et la prochaine tendance sera certainement liée aux décisions de politique monétaire et le timing de celles-ci. La Banque Centrale Européenne se réunit demain soit une semaine avant la FED et cela devrait créer de la volatilité pour les jours à venir en fonction des commentaires de Mme Lagarde et de Jerome Powell.


Victime d’une politique monétaire diamétralement opposée, la devise japonais recul fortement contre le billet vert. La devise nipponne perd encore du terrain et a fléchi de plus de 3 % sur une semaine contre le dollar. Elle évolue ce matin au-dessus de 133 JPY soit son niveau le plus bas depuis 20 ans contre le dollar. La politique monétaire ultra-accommodante de la Banque du Japon fragilise le Yen. Le Gouverneur de la BOJ, M. Kuroda a déclaré qu’un Yen faible pourrait aider l’économie et relancer l’inflation. Le marché commence à nouveau à spéculer sur de possibles interventions mais les propos de M. Kuroda et la faible propension de la banque centrale à intervenir sur les marchés (cf. commentaire du 4 mai 2022) laissent penser que la devise nippone a encore de la place à la baisse avant que le BOJ ne fasse parler d’elle.


En Suisse, l’inflation a augmenté de 2,9 % en mai sur base annuelle après 2,5 % en avril. C’est la plus forte progression depuis 2008. A ce niveau, elle demeure bien inférieure à celle de nos voisins mais elle ne doit néanmoins pas laisser insensible le Directoire de la Banque Nationale. Cette nouvelle poussée de l’inflation pourrait inciter la banque à relever les taux d’intérêt déjà à l’occasion de la réunion du 16 juin. En précédant le BCE cela aurait pour effet de laisser le franc suisse s’apprécier davantage afin de freiner la pression à la hausse sur les prix. Dans cette optique après la publication de la donnée, le franc a connu une forte réaction haussière à 1,0220 franc pour un Euro. Mais le retour au-dessus de 1.0400 montre que les marchés n’accordent, pour le moment, pas beaucoup de probabilité à une action anticipée de la part de la BNS la semaine prochaine.


Suivant la tendance de la FED, deux autres banques centrales ont procédé à un relèvement de leurs taux d’intérêts. Ainsi comme cela était attendu, la Banque du Canada a augmenté son taux directeur de 1,0 % à 1,5 % la semaine passée. C’est la deuxième hausse consécutive de 50 points de base. L’institution s’est dite prête à agir encore s’il le fallait pour ramener l’inflation dans la cible des 2 %. Dans son communiqué, elle a déclaré qu’elle devrait encore monter à court terme avant de probablement se tasser. Hier, la Banque Centrale d’Australie a aussi relevé son principal taux directeur d’un demi-point à 0.85 % Cette hausse plus forte que prévue se justifie selon l’institut là aussi par la hausse de l’inflation. Elle s’attend à ce qu’elle dépasse ses prévisions à l’avenir en raison de la hausse des prix de l’électricité, du gaz et des produits pétroliers. Et cette situation nécessitera d’autres ajustements haussiers à venir selon elle.


Malgré l’annonce, la semaine passée, par l’OPEP+ d’augmenter la production de pétrole en juillet, les prix du brut sont repartis à la hausse.  Les cours de l’or noir progressent dans un marché très volatil évoluant entre les inquiétudes liées à l’inflation, évolution du conflit en Ukraine et espoirs de reprise en Chine. Le baril de brut WTI a établi un nouveau record, c’était lundi avec un prix de 120.99 dollars au plus haut depuis 2008.