Le prix de l’énergie commence à inquiéter

Oct 6, 2021
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Un peu partout dans le monde, les chiffres de l’inflation continuent leur progression. La ...


Un peu partout dans le monde, les chiffres de l’inflation continuent leur progression. La hausse des prix a été de 3.4% au mois d’août dans la zone euro. C’est le niveau le plus élevé depuis 13 ans. En Allemagne le mois dernier, les prix accélèrent encore avec une inflation de +4.1 %, cette fois ci le niveau le plus élevé depuis 29 ans ! Les facteurs qui permettent d’expliquer la hausse des prix sont bien identifiés : un contexte de reprise économique mondiale, des difficultés d’approvisionnement en matières premières, des goulots d’étranglement dans la production et une forte hausse du coût de l’énergie. Aux Etats-Unis la situation est identique, l’indicateur des dépenses de consommation personnelles a connu sa plus forte hausse en trente années. Officiellement, les banques centrales européennes et américaines affirment toujours que l’inflation ne devrait être que temporaire car basée sur des facteurs transitoires liés à la pandémie et à la reprise économique. Néanmoins certains doutes commencent à apparaitre. Luis de Guindos, le vice-président de la BCE a laissé entendre que la hausse des prix pourrait être plus durable que prévue en raison de l’explosion du prix de l’énergie. Récemment, de nombreux travailleurs allemands se sont mis en grève pour réclamer des hausses de salaire leur permettant de faire face à l’inflation. Désormais l’indicateur des salaires sera particulièrement observé car on pourrait se diriger vers un risque de spirale inflationniste. Des chiffres élevés d’inflation jouent en faveur d’un resserrement rapide des mesures de soutien à l‘économie par les banques centrales. Lors de sa dernière réunion en septembre, la FED a préparé le terrain pour un début de tapering en novembre suivi d’une première hausse des taux l’année prochaine. Cette perspective a joué en faveur du billet vert qui a connu une forte hausse le mois dernier pour l’amener à un plus haut de 14 mois contre la monnaie unique, à 1.1563 le dernier jour de Septembre. Les premiers jours d’octobre, le billet vert a fini par lâcher un peu de terrain en raison des difficultés que rencontrent le gouvernement américain à faire passer son plan massif d’investissement dans les infrastructures. De plus, le problème du relèvement du plafond de la dette n’est toujours pas réglé, les républicains profitant de l’occasion pour tenter d’affaiblir leurs adversaires en vue des élections de mi-mandat dans un an.


En Chine, on parle toujours d’Evergrande qui a suspendu ses opérations à la bourse de Hong Kong et qui commence à se délester de certains de ses actifs. Un autre grand sujet d’inquiétude a pris à son tour le devant de la scène : à savoir les coupures d’électricité. De plus en plus fréquentes, elles ont entrainé un rationnement de l’énergie qui touche 20 provinces chinoises sur 31. La crise énergétique pousse les usines au ralenti ou à la fermeture, et dans certains cas au travail de nuit. En Septembre, malgré des carnets de commande pleins, l’activité de l’industrie manufacturière chinoise s’est contractée pour la première fois pour la première fois depuis février dernier. Le gouvernement chinois a ordonné à ses entreprises du secteur de l’énergie de sécuriser à n’importe quel prix leurs approvisionnements pour l’hiver. L’Europe qui dépend également des matières fossiles pour son approvisionnement en énergie va devoir se battre pour importer plus de gaz russe.


Le pétrole brut bénéficie de la demande énergétique chinoise et affiche un plus haut de sept ans. L’OPEP élargie a confirmé son calendrier de relèvement progressif de la production tel qu’annoncé en juillet. Par conséquent, aucune nouvelle hausse de production n’aura lieu ce qui contribue à soutenir les prix. Le baril de brent se traite ce matin à 83 dollar et le baril WTI à 79 dollar.


Aidé par la baisse récente du billet vert, par son statut de hedge contre l’inflation et par les craintes d’une stagflation c’est-à-dire une inflation élevée accompagnée d’une faible croissance, le cours de l’or s’est légèrement repris à 1753 dollar l’once. Il avait touché les 1721 dollar la semaine dernière. Le prix du métal jaune évolue au sein d’un canal baissier depuis début septembre et le rejet d’une résistance à 1836 USD.


Du côté des banques centrales, le Danemark a abaissé son principal taux d’intérêt directeur de dix points de base pour le porter à -0.6 %. L’objectif est d’affaiblir la devise de ce pays noté AAA pour maintenir son peg avec l’euro. Le DKK évolue en effet dans une bande de fluctuation contrôlée de 2.25 % autour de la monnaie unique.  La plupart des autres banques centrales se préparent en revanche à réduire leurs stimuli monétaires. La Nouvelle Zélande a comme attendu augmenté son taux directeur de 0.25.