Le marché inquiet de la conjoncture économique mondiale

Jun 30, 2022
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Malgré la publication de mauvaises statistiques économiques, les marchés actions ont rebon...


Malgré la publication de mauvaises statistiques économiques, les marchés actions ont rebondi en fin de semaine dernière à la faveur de la révision à la baisse des anticipations de taux d’intérêt. La force et la persistance de l’inflation ont poussé les banques centrales à réagir en stoppant leur politique monétaire accommodante et en montant les taux d’intérêt. En réaction, cette hausse des taux a provoqué la chute des bourses, les entreprises devant faire face au renchérissement des matières premières, des salaires et du coût de l’argent. Par conséquent chaque élément laissant présager d’un futur plateau, pic ou d’une baisse de l’inflation a des répercussions positives sur les marchés actions et particulièrement sur les valeurs technologiques que composent le Nasdaq. Ainsi, les craintes d’un repli de l’économie mondiale et la baisse récente du prix des matières premières sont des éléments qui ont paradoxalement soulagé les investisseurs. Face aux incertitudes économiques, les prix du pétrole ont reculé, le baril américain WTI perdant 20 dollar depuis son plus haut mi-juin à 123 dollars. Les métaux industriels tels que le zinc l’étain et l’aluminium se sont également fortement repliés. Le prix du cuivre, considéré comme un indicateur avancé de l’économie mondiale a perdu plus de 11% en deux semaines, à un plus bas depuis février de l’année dernière. Les matières premières agricoles ont-elles-aussi cédé du terrain en dépit de la situation en Ukraine, les récoltes ayant été meilleures que prévu ailleurs dans le monde.


Mais depuis le début de la semaine les prix du pétrole se sont raffermis sur la base d’informations laissent entendre que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite produiraient presque à pleine capacité. Des troubles politiques en Libye et en Equateur pèsent également sur l’offre. Pour couronner le tout, la situation sanitaire en Chine s’améliore (aucun cas de COVID à pékin hier selon les autorités) et le gouvernement a décidé d’assouplir certaines restrictions. Cela suscite l’espoir d’une croissance plus soutenue dans les mois à venir. Ces nouvelles ont fait remonter ce matin les métaux et le baril de brut WTI a atteint un niveau de 111 $.


Comme je le disais en préambule, les statistiques économiques n’ont pas été spécialement réjouissantes cette semaine. L’indice de confiance des consommateurs a de nouveau reculé, à la fois dans la zone euro et aux Etats-Unis. Dans ces deux zones géographiques les indices des directeurs d’achat montrent également un ralentissement de l’activité dans le secteur manufacturier et dans les services. Aux Etats-Unis les ventes de logements existants ont reculé pour le quatrième mois consécutif à un plus bas de deux ans. La hausse des taux hypothécaires freine l’activité mais l’offre inférieure à la demande permet de maintenir les prix à un niveau élevé. En Allemagne, l’indice IFO du climat des affaires a également reculé plus que prévu. Dans tous les cas, les problèmes sont connus : incertitude conjoncturelle, inflation, problèmes logistiques et d’approvisionnement. Chez nos voisins allemands, il faut rajouter à la liste des inquiétudes le risque d’une pénurie de gaz l’hiver prochain.


Dans ce contexte de risque et d’incertitudes et suite à la décision de la BNS de remonter son taux directeur, le franc suisse continue de s’apprécier et se rapproche de la parité face à l’euro. La monnaie unique perd du terrain alors que la présidente de la BCE, Christine Lagarde s’est exprimée depuis Sintra, au Portugal, lors d’une réunion des principales banques centrales de la planète. Madame Lagarde n’a pas surpris les marchés par ses déclarations. Elle a insisté sur l’importance de lutter contre le phénomène de fragmentation des rendements de la zone euro. Les nouveaux programmes de rachats d’actifs devront éviter le creusement des écarts. Concernant les taux, la BCE prévoit une remontée progressive (on s’attend à une hausse de 25 points de base en Juillet) mais n’exclut pas d’agir de manière plus forte en cas de nouvelle dégradation de l’inflation à moyen terme. Hier, John Williams, président de la FED de New York s’est également exprimé sur une chaine américaine. Son message principal était qu’il s’attendait à un ralentissement de l’économie mais pas à une récession. Il prévoit une croissance entre 1 et 1.5 % cette année, alors que la FED il y a deux semaines tablait elle sur 1.7 % et même 2.8 % en début d’année. Concernant le niveau du taux directeur qui sera décidé lors de la prochaine réunion du 27 juillet, monsieur Williams a déclaré que le choix serait entre une hausse de 50 ou 75 points de base. Enfin, il considère le ralentissement de l’économie comme un phénomène nécessaire pour lutter contre l’inflation.


Les obligations américaines et européenne ont évolué en sens opposé hier. Aux Etats-Unis, les investisseurs s’inquiétaient de la chute de la confiance des consommateurs. Le rendement des Bons du Trésor à 10 ans a terminé la séance en baisse de 1.6 bps à 3.18% tandis que le 2 ans perdait 1 bp à 3.11%. En Europe, le taux de l’emprunt d’État allemand à 10 ans a progressé de 8 bps à près de 1.63% et en Suisse, le rendement de l’emprunt de la Confédération à 10 ans a également progressé de 5 bps à 1.35%.