Le franc suisse au plus haut

Oct 27, 2021
  • EUR/USD   1.1605
  • DOW JONES   35’756.88
  • USD/CHF   0.9185
  • SMI     12’146.52
  • EUR/CHF   1.0655
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  • XAU/USD  1790.00
Cette dernière semaine, c’est vers des parités plus périphériques que l’EUR/USD que l’on d...


Cette dernière semaine, c’est vers des parités plus périphériques que l’EUR/USD que l’on doit se tourner pour trouver une certaine volatilité. Plusieurs évènements touchant l’Allemagne ont pesé sur la monnaie unique qui a ainsi reculé au plus bas de l’année face au franc suisse. Le premier de ces évènements est la démission de Jens Weidmann, le puissant président de la Bundesbank, qui a surpris le marché avec cette décision. Il était un ardant défenseur d’une politique monétaire restrictive pour contrer les risques inflationnistes et bien que son mandat courait jusqu’en 2017, il s’est, semble-t-il, lassé de ne pas être entendu. Angela Merkel a annoncé qu’elle laisserait le soin de désigner son successeur à la nouvelle coalition sortie des dernières élections. Une coalition, qui se formera autour du SPD, aboutira très probablement à la nomination d’un nouveau président plus accommodant en terme de politique monétaire. Les faucons de la politique monétaire perdent ainsi leur fer de lance en Europe et la monnaie unique a souffert de cette situation. Mais sur le plan économique aussi l’Allemagne a essuyé quelques mauvaises nouvelles. Les difficultés de l’industrie automobile allemande ou le rebond moins fort qu’attendu du tourisme durant la période estivale pèsent sur l’Euro. Et selon l’indice IFO, le moral des entrepreneurs en Allemagne a de nouveau reculé en octobre. Cette indice important basé sur un sondage réalisé auprès de 9’000 entreprises offre une projection de l’activité économique. Il est sorti à 97,7 points en octobre, contre 98,9 points en septembre. Les problèmes persistants d’approvisionnement entravent l’économie allemande et freinent la reprise. De son côté le franc, grâce à une inflation nettement inférieure à celle de la zone euro, à un marché du travail plus performant et une croissance économique vigoureuse, continue de profiter de fondamentaux solides. Le Fond monétaire international a du reste relevé ses prévisions de croissance pour la Confédération. Le PIB pour cette année devrait afficher une croissance de 3,7 % contre 3,5 % lors de l’analyse au printemps dernier. Pour 2022, le FMI table désormais sur un taux de 3 % contre 2,8 % auparavant. Ce repli de l’Euro face au franc est bien entendu suivi attentivement par la BNS. Celle-ci a vu ses dépôts à vue augmenter de 1 milliard de francs la semaine passée sous l’effet de probables interventions afin de défendre la zone de 1.0650 -1.0700. L’institut était massivement intervenu au début de la pandémie au printemps 2020 pour contrer le renchérissement du franc qui avait passé de 1.0900 à 1.0500 et cette politique avait permis de repousser la monnaie unique vers les 1.1000 franc en mars cette année. Mais une année et demie après avoir touché 1.0500, la BNS se retrouve quasiment à la case départ même si le mouvement est moins brusque il tend vers un même point. Un franc suisse toujours très fort qui attire toujours les capitaux en période d’incertitude.


Le prix du pétrole est à un niveau (85 dollars le baril lundi) qui n’a plus été observé depuis 2014.  La hausse du prix du gaz naturel est encore plus impressionnante, puisqu’il a doublé depuis le début de l’année. Cette envolée des prix de l’énergie bénéficie bien évidemment aux devises qui lui sont liées. L’Arabie Saoudite à travers son ministre de l’Energie a annoncé ne pas souhaiter augmenter sa production estimant que la reprise n’était pas encore pérenne. Les monnaies des pays producteurs d’or noir s’apprécient. Le rouble a passé sous la barre des 70 roubles par dollar, son meilleur niveau depuis juin 2020. Le dollar canadien a atteint 1,2340 contre le billet vert, un plus haut en trois mois et la couronne norvégienne qui a passé sous la barre des 10 couronnes pour un Euro est au plus haut depuis la fin 2019 après avoir atteint un pic à 13 couronnes pour eu Euro au plus fort de la crise le printemps passé.


Mais en ce qui concerne la devise russe, celle-ci a aussi bénéficié d’un coup de fouet surprise de la Banque Centrale de Russie. Cette dernière a complètement surpris les marchés vendredi en relevant son principal taux d’intérêt de trois quart de point. Certes une hausse était anticipée par les marchés, pour faire face à une inflation galopante, mais c’est l’ampleur qui a surpris. Et encore la Gouverneure Elvira Nabiulina a déclaré qu’un relèvement de 1 % avait été envisagé. La CBR porte ainsi l’ensemble à 325 points de base pour cette année. Avec une inflation à 7.4 % sur base annuelle, la décision de vendredi permet tout juste de ramener les taux réels en territoire positif.


La livre turque est, elle, toujours dans la tourmente. La Banque Centrale de Turquie a baissé de 2 % son principal taux directeur, le passant de 18 % à 16 % comme le demandait le Président, Recep Tayyip Erdogan. Dans l’enchainement la livre a connu une nouvelle descente aux enfers et atteint un nouveau plus bas historique à 9.85 livres pour un dollar. Après une escalade des tensions entre le président Erdogan et 10 pays occidentaux (Etats-Unis, Canada, France, Finlande, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège et Suède) qui aurait pu déboucher sur des difficultés économiques accrues et des perspectives d’isolement international, l’apaisement affiché par Ankara a permis à la devise turque de se reprendre quelque peu. Mais le sentiment général des marchés demeure négatif.


Enfin on relèvera l’excellente forme des places financières. Le Dow Jones, le S&P-500 et le SMI ont tous battu des nouveaux records hier durant la séance.


Les banques centrales font leur grand retour à l’agenda avec la Banque du Canada aujourd’hui, la Banque du Japon et la Banque Centrale Européenne demain et la très attendue FED mercredi prochain.