Le Conseil fédéral se retire des discussions sur l’accord cadre avec l’Europe

Jun 2, 2021
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Aux Etats-Unis, la croissance du PIB au premier trimestre a été confirmée à 6.4 % en rythm...


Aux Etats-Unis, la croissance du PIB au premier trimestre a été confirmée à 6.4 % en rythme annuel. Les inscriptions hebdomadaires au chômage se sont établies à 406,000 contre 444,000 la semaine précédente. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis le mois de mars de l’année dernière. Les licenciements sont en baisse et de nombreuses sociétés ont même du mal à embaucher pour faire face à la forte demande provoquée par la réouverture rapide de l’économie. Et ce, malgré dix millions de chômeurs recensés dans le pays. De nombreux gouverneurs d’états républicains ont annoncé mettre un terme dès le mois prochain à un programme fédéral distribuant notamment des allocations de 300 $ par semaine. Ils partent du principe que ces aides sont un frein au retour à l’emploi, ce qui n’est pas entièrement démontré dans les faits. Ce sujet n’est pas seulement économique, il est également politique.


Le président américain a présenté pour 2022 un budget élevé de 6000 milliards de dollars pour, selon ses veux « réinventer » l’économie américaine. Ses priorités sont en ligne avec ses promesses de campagne : éducation, santé, infrastructures. Elles vont à l’encontre de celles du président sortant. Joe Biden souhaite également faire adopter par le congrès deux grands plans d’investissements à long terme : le premier, consacré aux familles coûtera 1800 milliards de dollar sur 10 ans. Le deuxième, consacré aux infrastructures coûtera 1700 milliards sur 8 ans. Ces dépenses vont considérablement alourdir la dette américaine. Le président justifie que celles-ci sont nécessaires pour recréer des emplois, tenir tête à la Chine dans la compétition internationale et lutter contre le réchauffement climatique. Les opposants républicains ne sont d’accord ni avec les montants, jugés trop élevés, ni avec les orientations budgétaires, et encore moins avec le financement. Pour parvenir à ses fins, Joe Biden entend en effet augmenter l’impôt des plus riches et des grosses sociétés. Étant donné la majorité très courte des démocrates au congrès, les négociations s’annoncent serrées.


Janet Yellen, la secrétaire du trésor continue de répéter que l’inflation qui inquiète les marchés est temporaire. Interrogée sur le budget américain, elle constate que le ratio endettement / PIB sera inévitablement amené à augmenter au-delà des 100% mais elle préfère retenir que la capacité du pays à rembourser sa dette est acceptable, le coût réel de la dette étant même négatif si l’on considère une inflation de 2 % et un taux d’intérêt à long terme de 1.6 %


Partons à présent en Suisse :  alors que de nouveaux allègements de restrictions ont eu lieu cette semaine, le baromètre conjoncturel KOF a battu pour la deuxième fois consécutive son propre record en s’établissant à 143.2 points. Une hausse qui profite à l’ensemble du secteur manufacturier et des services. Le commerce extérieur, largement excédentaire se porte toujours bien et d’après l’OCDE, le PIB devrait progresser de 3.2 % en 2021 et 2.9 % en 2022. Sur le plan politique, après sept années de négociations infructueuses avec l’union européenne, le conseil fédéral s’est retiré des discussions sur l’accord cadre en raison de positions jugées trop éloignées. Une réorientation de la relation avec l’UE devra avoir lieu, mais sous quelle forme ? L’incertitude est de mise, pourtant sur le marché des changes le franc suisse n’a pas réagi à cette annonce et reste dans le canal 1.09 – 1.11 depuis fin février. Cela reste tout de même supérieur aux niveau d’il y a un an (plus bas à 1.0514 le 14 mai 2020). Le vice-président de la BNS se félicite du repli récent du franc suisse qui selon lui est dû à l’amélioration de la conjoncture économique mondiale et aux plans de relance qui ramènent de la confiance et rendent moins attractives les valeurs refuge. Il considère tout de même que le franc reste surévalué et que les interventions de la banque centrale sur le marché des devises se justifient pour protéger l’économie Suisse.


Du coté des autres devises, la stabilité est de mise mais le yuan et la livre sterling continuent d’être recherchées. Contre le dollar, la monnaie chinoise, poussée par la demande mondiale bat son niveau de juin 2018 et la devise anglaise est au plus haut depuis mars de la même année. La lire turque continue à perdre de la valeur (USD/TRY maintenant à 8.63) après que le président Erdogan ait de nouveau mis la pression pour obtenir de la banque centrale des taux d’intérêt plus bas. L’or tente de rester sur la barre des 1900 dollar l’once et le pétrole est encore en hausse à 68 dollar le baril. Hier, l’OPEC a choisi de ne pas augmenter significativement l’offre d’hydrocarbures et de s’en tenir aux augmentations par paliers décidées en avril. Le sujet compliqué et controverse d’un possible retour de l’Iran sur l’échiquier mondial a été repoussé à plus tard.