Le billet vert se replie

Oct 20, 2021
  • EUR/USD   1.1640
  • DOW JONES   34,457
  • USD/CHF   0.9238
  • SMI     11,942
  • EUR/CHF   1.0752
  • WTI CRUDE OIL   82.40
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  • XAU/USD  1775
Cette semaine, la parité euro-dollar a évolué dans le vert après un plus bas à 1.1524 le 1...


Cette semaine, la parité euro-dollar a évolué dans le vert après un plus bas à 1.1524 le 12 octobre. Avec un taux de change actuel de 1.1640 cela représente une hausse de 116 points. Malgré les anticipations de resserrement monétaire outre atlantique, le sentiment autour du billet vert s’est dégradé à la faveur de statistiques industrielles décevantes. En septembre, la production industrielle aux USA a diminué de 1.3 % par rapport au mois précédent alors que le marché s’attendait à une légère hausse de 0.2 %.  De plus, cette même statistique pour le mois d’août a été révisée à la baisse avec une contraction de 0.1 % contre une estimation initiale de +0.4 %. La baisse du dollar américain est encore plus marquée contre le rouble et le dollar canadien : le rouble s’est renforcé en passant sous le seuil des 71 roubles contre un dollar, un plus haut depuis l’été dernier. Le dollar canadien affiche également une forte progression avec un plus haut de presque 6 mois contre le billet vert. Ces devises sont soutenues par la hausse du prix des hydrocarbures. Le baril de pétrole continue son envolée sur fond de reprise économique mondiale. Le baril de Brent vaut 84.5 USD et le WTI 82.4 USD. Le franc suisse progresse aussi face au dollar à 0.9238. Contre la monnaie unique, notre devise nationale a fait une incursion sous 1.07 jeudi dernier avant de se stabiliser de nouveau au-dessus de ce seuil. On soupçonne la BNS de lutter contre l’appréciation du franc suisse. Le franc suisse reste perçu comme une valeur refuge permettant de se protéger contre une inflation élevée et une croissance en berne.


La livre sterling continue sa progression en direction des 1.38 USD suite aux propos du gouverneur de la banque centrale Andrew Bailey. Celui-ci a indiqué que la flambée des prix de l’énergie prolongerait le rythme de l’inflation et que les responsables politiques devraient agir s’ils constataient des risques. Le dollar néo-zélandais progresse également sur l’anticipation d’un prochain resserrement monétaire avec la publication de chiffres de l’inflation les plus élevés de la décennie. Le dollar de Singapour profite lui de la décision inattendue de sa banque centrale de resserrer sa politique monétaire. En effet, après avoir publié une croissance solide de 6.5 % au troisième trimestre, l’autorité monétaire a décidé de relever la marge de fluctuation de sa devise nationale, ce qui lui a permis de s’apprécier. En procédant de la sorte, la cité-état, extrêmement dépendante des importations a cherché et obtenu un taux de change plus favorable lui permettant de mieux contenir une hausse des prix globale. Le dollar australien suit aussi une tendance haussière malgré des propos de la banque centrale se déclarant inquiète de l’effet d’un resserrement monétaire sur l’emploi.


La situation du Japon est plus contrastée. On assiste depuis mi-septembre à un affaiblissement du yen (aujourd’hui au plus bas depuis octobre 2018) malgré son statut de valeur refuge. La faiblesse du Yen s’explique par la hausse des prix de l’énergie – le pays étant très dépendant des importations – et par les difficultés du voisin chinois. En revanche un yen plus bas favorise les exportations du pays du soleil levant ce qui bénéfice par exemple au secteur automobile. Le secteur automobile qui à l’échelle mondiale souffre de grandes difficultés d’approvisionnements en composants électroniques.


La lire turque a atteint un plus bas historique contre le dollar à 9.37 en début de semaine. Recep Erdogan a limogé trois nouveaux membres de la banque centrale en pleine nuit, ce qui ne rassure pas vraiment les investisseurs. La devise nationale turque a perdu un quart de sa valeur depuis le début de l’année.


D’un point de vue macroéconomique, le PIB chinois est ressorti plus bas qu’attendu avec une croissance de +4.9 % au troisième trimestre contre des attentes de +5.2 %. La croissance des deux premiers trimestres a également été révisée à la baisse. La résurgence du virus et le manque d’électricité continuent de freiner la reprise de l’activité. Les prix à la production ont progressé de 10.7 % en rythme annuel en septembre sous l’effet de la hausse du prix des matières premières. C’est la hausse la plus rapide depuis que les données sont mesurées.


Pour finir aux Etats-Unis, Jérôme Powell est désormais dans la tourmente après que des documents aient montré qu’il aurait effectué des transactions boursières suspectes à la veille de marchés baissiers. Soit précisément les mêmes raisons qui ont poussé deux présidents régionaux à la démission. Outre les questions d’éthiques des membres de la FED, la question de la succession de Jerôme Powell n’est toujours pas tranchée et ces dernières nouvelles ne jouent pas en faveur de sa reconduction, ce qui ajoute un facteur d’instabilité au billet vert.