L’économie suisse devrait retrouver son niveau d’avant la pandémie au troisième trimestre cette année

Apr 14, 2021
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Mercredi dernier, la réserve fédérale américaine a publié les minutes de sa réunion de mar...


Mercredi dernier, la réserve fédérale américaine a publié les minutes de sa réunion de mars. Celles-ci n’ont réservé aucune surprise au marché. La FED y affirme de nouveau vouloir attendre de voir ses deux objectifs remplis (c’est-à-dire une inflation autour de 2 % et un retour au plein-emploi) avant de songer à resserrer la politique monétaire. L’institut est prêt à tolérer une hausse de l’inflation à court terme, son attention étant essentiellement portée sur l’évolution de la pandémie, les chiffres de la vaccination, la circulation des variants et l’impact de tout cela sur l’économie. Madame Daly, présidente de la FED de San Francisco a avancé qu’une inflation autour de 2 % ne devrait pas intervenir avant une à deux années. Un peu plus tard dans la semaine, son collègue de Saint-Louis monsieur James Bullard a été un peu plus créatif en déclarant qu’à partir du moment ou 75-80 % de la population serait vaccinée, la FED pourrait commencer à envisager de réduire ses achats d’actifs (120 milliards par mois actuellement). D’après le CDC – Center for Disease Control and Prevention-, 36.4 % de la population américaine a reçu une première dose de vaccins et 22.3 % est totalement vaccinée.


Au niveau de l’inflation, le Consumer Price Index a progressé légèrement plus qu’attendu : +0.6 % en mars comparé à février alors que le consensus était +0.5 %. Cette hausse est bien entendue liée à la hausse du coût des matières premières, mais pas uniquement : le core CPI (excluant l’énergie et les aliments) augmente de 0.3 % contre 0.2 % attendus ce qui est la plus forte hausse des sept derniers mois. Dans certains secteurs comme le secteur automobile, la production subit des goulots d’étranglement dans la chaine d’approvisionnement avec des pénuries de composants comme les circuits électroniques. Une hausse des prix de production n’est pas intégralement répercutée aux consommateurs, mais c’est tout de même un facteur d’inflation.


Si l’on regarde les devises principales, on note la progression des devises défensives comme le yen et le franc suisse. Cela va de pair avec un accroissement des tensions géopolitiques en Iran, en mer de chine ou à la frontière ukrainienne. Hier, Vladimir Putin et Joe Biden se sont parlé par téléphone pour la première depuis que ce dernier a traité monsieur Putin de tueur. Le président américain a averti son homologue que les Etats-Unis agiraient fermement dans la défense de leurs intérêts. Il a également appelé à une désescalade à la frontière ukrainienne et a proposé un sommet entre les deux nations pour discuter de nombreuses problématiques sources de tension. Sur cette proposition, le rouble a connu sa plus forte poussée depuis 3 mois contre le dollar, les investisseurs comprenant que cela éloignerait le spectre de nouvelles sanctions à court terme. Le pétrole est également en hausse, porté par la demande chinoise et l’absence d’avancée sur le dossier du nucléaire iranien. Le baril de WTI vaut 61 dollar contre 59 dollar il y a une semaine.


La semaine dernière, la paire de devises euro-dollar a évolué dans des volumes faibles et avec très peu de volatilité autour de 1.19. La paire forme un range entre 1.17 et 1.20 depuis début mars et nous sommes actuellement dans le haut de ce range avec un dollar qui faiblit de nouveau depuis hier. Le CPI n’a pas montré une explosion de l’inflation et par conséquent la théorie d’une hausse rapide des taux d’intérêt prend du plomb dans l’aile. Dans ce contexte, certains analystes se demandent si le dollar n’a pas trop progressé depuis le début de l’année, d’autant plus que l’avance prise par les Etats-Unis dans la vaccination par rapport au reste du monde finira nécessairement par être rattrapée dans les prochains mois.


En terre helvétique, les prévisions du centre de recherches conjoncturelles KOF indiquent que l’économie devrait retrouver son niveau d’avant la pandémie au troisième trimestre cette année. Le PMI manufacturier ressort à 66.3 proche du plus haut historique et le chômage continue de baisser à 3.4 % Enfin, si l’on s’intéresse à la performance des marchés actions, on s’aperçoit que depuis le début de l’année, les principaux indices boursiers sont tous dans le vert, +10% pour le Dow Jones et le S&P, + 8.6% pour le Nasdaq, +11 % environ pour le CAC40 et le DAX et + 4 % pour le SMI. La saison des résultats va débuter et l’on s’attend à une hausse de 25 % des bénéfices moyens des entreprises du S&P 500 (Q1 2021 vs Q1 2020). Les banques en particulier pourraient esquisser un semblant de retour à la normale avec des annonces sur des rachats d’actions ou des dividendes, ce qui serait rendu possible grâce à la progression actuelle et attendue des rendements du trésor.