L’Allemagne se reconfine

Dec 16, 2020
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Alors que de plus en plus de pays reconfinent à nouveau tout ou partie de leur économie, l...


Alors que de plus en plus de pays reconfinent à nouveau tout ou partie de leur économie, la monnaie unique semble insensible à ces mauvaises nouvelles et se maintient au-dessus de 1.2100 contre le dollar. En Allemagne, Angela Merkel l’a confirmé: à partir de ce jour et jusqu’au 10 janvier, le pays sera reconfiné. Cette fois, pas de confinement «light» ni régionalement adapté comme en novembre mais des «mesures globales» applicables à l’ensemble du pays. Ainsi les écoles, les crèches et les magasins non essentiels sont désormais fermés. La décision des autorités allemandes d’instaurer un deuxième confinement fait craindre une nouvelle récession outre-Rhin. Le premier confinement avait provoqué la pire de l’histoire récente de l’Allemagne avec une chute du PIB de 1,7 % au premier trimestre et de 9,8 % au deuxième. Le rebond de 8,5 % au troisième trimestre n’avait que partiellement compensé le recul. Aux Pays-Bas, les magasins et les espaces publiques seront fermés au moins jusqu’au 19 janvier. La Tchéquie réintroduit elle aussi des mesures. Elle ferme les hôtels, les restaurants et les vacances scolaires de Noël seront prolongées. Même la perspective d’un « hard Brexit » n’atteint pas la devise européenne mais pour le moment le marché reste convaincu qu’un accord se fera même ad minima. Néanmoins deux nouvelles positives ont soutenu la devise européenne. La semaine dernière, la BCE a encore augmenté son programme de rachats d’actifs et assuré son soutien sans faille jusqu’à la fin de la crise économique. Elle a annoncé jeudi augmenté de 500 milliards d’euros à 1 850 milliards le programme d’achats (PEPP). Sa durée est aussi prolongée jusqu’à mars 2022. Par ailleurs, la levée du veto de la Hongrie et de la Pologne au plan de relance européen a constitué une autre nouvelle réjouissante pour la monnaie unique. Le plan de relance est maintenant dans l’attente du feu vert de tous les Parlements nationaux de l’Union.


Alors que ce dimanche devait être le dénouement de la saga du Brexit, Ursula von der Leyen et Boris Johnson ont demandé à leurs négociateurs de poursuivre les tractations dans l’espoir de finalement arriver à un accord. Le marché reste convaincu que l’Union Européenne et le Royaume Uni en trouveront un même si le Premier Ministre Boris Johnson a déclaré hier que le « No Deal » était de son point de vue le scénario le plus probable. Michel Barnier de son côté estime qu’un accord est toujours faisable avant la fin de l’année. La devise britannique est ballotée au gré des avancées et des reculades dans ces négociations mais semble donner plus de crédit à M. Barnier qu’au Premier Ministre britannique. Après avoir touché un plus bas à 1.3135 contre le dollar vendredi, la livre sterling a rebondi à 1,3444 lundi avant de redescendre à 1,3300 pour ensuite s’approcher des 1.3500 ce matin. Les mouvements sont similaires contre le franc. La livre valait moins de 1.1700 vendredi avant de se redresser au-dessus de 1.1900, baisser à 1.1800 pour s’afficher à 1.1940 ce matin.


Le SECO a annoncé que l’économie suisse devrait se contracter de 3.3 % cette année suite à la pandémie. Le Produit Intérieur Brut devrait progresser de 3 % en 2021, alors qu’il prévoyait précédemment une croissance de 3.8 %. La deuxième vague de l’épidémie de coronavirus a fait revoir à la baisse les prévisions. Le franc demeure demandé sous les 1.0800 contre la monnaie unique et au plus haut de l’année contre le dollar à 0.8850. Le billet vert avait ouvert le 2 janvier à 0.9670 franc pour un dollar.


Les jours qui précèdent la période des fêtes seront chargés en réunion de politique monétaire. Nous aurons la FED aujourd’hui, la Banque d’Angleterre, la Banque de Norvège et la Banque Nationale Suisse demain et enfin la Banque du Japon et la Banque Centrale de Russie vendredi. La banque centrale américaine doit faire face au ralentissement du marché de l’emploi et à l’augmentation des cas de coronavirus dans le pays. Mais la FED ne devrait pas prendre de nouvelles décisions ce soir et confirmer sa politique ultra-accommodante. La Banque d’Angleterre sera attendue sur le Brexit à l’approche de l’échéance du 31 décembre et la BNS sur le niveau du franc et de ses interventions sur le marché des changes. Les banques du Japon et de Norvège devraient maintenir leur taux inchangé. Enfin en Russie, Elvira Nabiulian a déclaré qu’il n’y avait plus guère de place pour un ajustement à la baisse après avoir réduit les taux de 350 points en 2020. L’inflation a surpris les marchés en sortant au-dessus de l’objectif de la CBR, à 4.4 % contre un objectif de 4.2 % sur base annuelle, couplé aux déclarations de la Gouverneure de la Banque de Russie, ont reporté les prédictions pour une réduction de taux d’un quart de point de décembre à février l’année prochaine de la part des analystes.