La livre turque dans la tourmente

Mar 24, 2021
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La Réserve fédérale américaine a laissé, comme attendu, ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de politique monétaire la semaine passée. La FED maintient l’objectif des Fed Funds entre 0% et 0,25% et les achats mensuels d’actifs restent à 120 milliards de dollars. L’institut a laissé entendre qu’il ne fallait pas s’attendre à une hausse des taux avant fin 2023 début 2024. Mais elle s’est montrée nettement plus optimiste sur les perspectives économiques. La Fed s’attend à une croissance de 6,5% cette année alors que les dernières prévisions, en décembre, envisageaient une progression du PIB de 4,2%. Pour 2022, les projections sont à peine changées: 3,3% au lieu de 3,2%. L’inflation, aussi, devrait être plus élevée que prévu soit de 2,4% cette année, puis 2% en 2022. Elle s’attendait encore à des taux inférieurs à 2% lors de cette réunion de décembre. « Un niveau plus élevé que son objectif cette année qui ne sera que passager, et qu’il ne faut pas prendre comme une raison de relever les taux d’intérêt » a précisé Jerome Powell lors de la conférence de presse. Ces derniers resteront donc au niveau actuel entre 0 et 0,25% tant que des « progrès substantiels » sur le front de l’économie n’auront pas été faits. « Dix millions de personnes doivent retourner sur le marché du travail, cela prendra du temps » a ajouté le Président de la FED. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a grimpé à 1,7490%, au plus haut depuis janvier 2019 au lendemain de la réunion. La hausse des rendements obligataires de ces dernières semaines ne semble pas avoir perturbé la banque centrale qui considère ce mouvement haussier comme le signe de l’embellie économique. Le billet vert, porté par ces nouvelles, reste ferme et est au plus haut de l’année contre l’Euro. Wall Street a accueilli aussi favorablement les commentaires de la Fed touchant un nouveau plus haut historique jeudi passé à 33’227.78 points.


La livre turque est dans la tourmente ces derniers jours. La semaine passée la Banque Centrale de Turquie avait relevé ses taux de 2% à 19% allant au-delà des attentes des analystes. Tout laissait penser que le Gouverneur Naci Agbal avait un soutien politique pour sa gestion de taux d’intérêt. Mais samedi, le Président Recep Tayyip Erdogan a limogé Naci Agbal après moins de cinq mois en fonction.  Et c’est Sahap Kavcioglu qui a été nommé comme successeur. Monsieur Kavcioglu est considéré comme un partisan d’une politique de taux d’intérêt bas. La devise turque avait clôturé à 7.2170 livre pour un dollar vendredi et elle a baissé jusqu’à 8.47 livre à l’ouverture des marchés asiatiques dimanche soir suite à cette décision. Après une légère reprise, la livre s’affichait quand même plus de 10% en-dessous de son niveau de vendredi. Dans la foulée lundi matin c’est la bourse d’Istanbul et don indice, le XU 100, qui a dévissé. La bourse a suspendu les cotations à deux reprises après le plongeon de l’indice phare. Une première coupure de 35 minutes alors qu’il avait chuté de 6.65% et 8 minutes après la reprise, une deuxième interruption après une baisse supplémentaire de 7%. Dans la foulée, le ministre turc des Finances a voulu rassuré les marchés et a déclaré que son pays maintiendra un régime de changes libres. Le USD/TRY évolue depuis entre 7.70 et 8.00 dans un marché extrêmement tendu.


La Banque d’Angleterre a maintenu jeudi son taux directeur inchangé à son plus bas historique de 0.1%. Elle juge les perspectives pour le deuxième trimestre « légèrement meilleures » que le mois passé alors que les pays a commencé à se déconfiner. La Banque Centrale a déclaré dans son communiqué que l’inflation « remonterait rapidement autour de son objectif de 2% ce printemps ». En février la BOE s’attendait à une croissance de 5% en 2021 mais pour l’instant le PIB s’est contracté de 2.9% en janvier et demeure encore inférieur de 9% à son niveau de février 2020.


La Banque de Russie a surpris les marchés en annonçant une hausse de 25 points de base de son principal taux directeur à 4,5%, une première depuis 2018 lors de sa réunion de la semaine passée. Elle a justifié sa décision par une augmentation de l’inflation au premier trimestre plus élevée qu’attendu et a prévenu que d’autres relèvements se feront si cette situation continue. Le taux d’inflation est passé de 5,2% à 5,7% de janvier à février et au 15 mars il atteignait 5,8% alors que l’objectif est de 4%. A l’occasion de sa réunion de février, la Gouverneure de la CBR Elvira Nabiulina avait déclaré que le cycle baissier des taux était terminé mais elle estimait alors que la politique monétaire devrait demeurer accommodante cette année encore.


Le retour du covid, on parle de 3ème et 4ème vague, et les annonces de re-confinement à travers l’Europe ont brutalement fait plonger le prix du baril de brut. Le WTI et le Brent ont perdu plus de 4 dollars par baril depuis lundi. Le marché anticipe une baisse de la demande suite aux mesures annoncées après la découverte de nouvelles variantes du virus qui a vu la France et la Pologne reconfiner alors que l’Allemagne a annoncé hier une période de restrictions prolongée pour la semaine de Pâques.