La Fed monte les taux de 50 points de base

May 11, 2022
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Mercredi dernier à l’issue de sa réunion de politique monétaire, la FED a comme attendu dé...


Mercredi dernier à l’issue de sa réunion de politique monétaire, la FED a comme attendu décidé d’augmenter ses taux d’intérêt de 50 points de base. C’est la plus forte hausse des 22 dernières années. La FED avait déjà initié le mouvement avec une première hausse d’un quart de points en mars. Désormais la fourchette des taux est comprise entre 0.75 et 1%. En plus de cette hausse de taux, la banque centrale américaine a annoncé sa volonté de réduire la taille de son bilan tout en précisant le rythme de cette réduction : 47.5 milliards par mois à partir de juin puis le double à partir de septembre. C’est un rythme de réduction extrêmement rapide. Pour se donner un ordre d’idée le bilan actuel est de 9,000 milliards de dollars, il était autour de 4,000 milliards avant le Covid. L’augmentation de sa taille est un effet direct des rachats d’actifs lors de la pandémie. La FED a longtemps attendu avant d’agir en espérant que l’inflation ne serait que transitoire mais force est de constater que ce n’est pas le cas. La banque centrale passe donc à la vitesse supérieure. Si l’on regarde les données économiques, on constate que l’un des deux objectifs de la FED est atteint mais que l’autre est loin du compte. Sur le front de l’emploi, les créations de postes sont positives et le taux de chômage est historiquement bas (3.6%). Cela souligne la force de l’économie américaine. Mais si l’on regarde les prix, on voit que l’inflation à 8.6 % est bien loin de l’objectif de 2% et même si les salaires ont progressé légèrement moins vite qu’attendu le mois dernier, sur un an ils augmentent tout de même de 5.5 %. Hier, Joe Biden a donc opportunément lancé une opération de communication et de pédagogie sur le thème de l’inflation en expliquant que la lutte contre l’inflation était “la plus grande priorité nationale” ; que celle-ci provient en grande partie de facteurs externes (la pandémie et la guerre) et que tous les pays sont touchés mais qu’il allait quand même prendre des mesures pour en atténuer les effets. On évoque une réduction des tarifs douaniers imposés par Donald Trump sur des produits chinois. Aujourd’hui sera publié l’indice des prix à la consommation, probablement la donnée macro-économique la plus importante du moment.


Le marché s’attendait aux annonces de la FED et donc n’a pas réagi au communiqué. En revanche, lors de son point presse post-conférence, Jérôme Powell a surpris le marché en excluant de futures hausses de taux de 75 points de base ce qui a temporairement fait baisser le billet vert et soutenu les bourses. Mais le lendemain on voyait un retour de la tendance observée ces derniers temps avec un dollar de nouveau en hausse porté par l’aversion au risque. Par risque on entend bien sur le risque géopolitique mais aussi économique avec la politique de zéro-covid en Chine qui pèse sur l’activité. Ces derniers jours, la force du billet vert mesurée contre un panier de devises (dollar index) a atteint un plus haut de 20 années. De même le dollar / suisse est désormais proche de la parité avec un plus haut atteint hier à 0.9975. L’euro est très volatile : il s’apprécie lorsque la BCE évoque la nécessité d’une monnaie forte pour lutter contre l’inflation, baisse lorsque les statistiques outre atlantique sont meilleures. Et bien entendu il reste très sensible aux nouvelles politiques et militaires venant de l’est. Récemment il a été supporté par les propos de plusieurs responsables monétaires indiquant qu’un euro fort permettrait de mieux absorber l’inflation et laissant entendre une première hausse de taux cet été. Contre le franc suisse, l’euro est monté au plus haut de trois mois à 1.0515. Notre monnaie nationale souffre du différentiel de taux anticipés avec les USA et l’Europe.


La livre sterling baisse autour de 1.23, au plus bas depuis presque deux ans. La banque centrale d’Angleterre a pour la quatrième fois consécutive augmenté son taux directeur en le portant à 1% et révisé à la baisse ses prévisions de croissance. L’inflation est très forte et pourrait atteindre 10% avant la fin de l’année.


Le pétrole est également très volatile. En fin de semaine dernière il était soutenu par le refus de l’Opep d’augmenter son plan de production et en ce début de semaine il baissait face aux difficultés à mettre en place un embargo sur le pétrole russe. Ce sont les deux principaux facteurs à surveiller. D’une manière générale les matières premières sont la seule classe d’actifs à afficher une performance positive depuis le début de l’année. Les métaux industriels en revanche ont corrigé avec la chute de l’activité en chine. Les métaux précieux sont aussi en recul face à la progression des taux réels et du dollar américain.


Du côté des rendements, le taux à 10 ans des Etats-Unis est légèrement en-dessous de 3% et le 30 ans légèrement au-dessus. Les principales bourses mondiales sont toujours dans le rouge (-24% pour le Nasdaq depuis le début de l’année) et le bitcoin n’est pas épargné puisqu’il est passé de 40,000 à 30,000 dollar en quelques jours.