La course à la présidence de la Fed est lancée

Nov 10, 2021
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La Banque centrale américaine a annoncé mercredi passé, comme cela était attendu, qu’elle ...


La Banque centrale américaine a annoncé mercredi passé, comme cela était attendu, qu’elle commencerait dès ce mois de réduire son soutien monétaire à l’économie, notant que l’activité et l’emploi «ont continué à se renforcer», et que l’inflation est «élevée». Elle a décidé de réduire ses achats d’actifs de 15 milliards de dollars chaque mois soit 10 milliards pour les bons du Trésor, et 5 milliards pour les MBS, ces produits financiers adossés à des prêts immobiliers. Mais ce montant bien que significatif est à mettre en regard avec les 120 milliards de dollars d’actifs que la FED achète actuellement tous les mois. Lors de cette réunion, la banque centrale a maintenu ses taux directeurs dans la fourchette de 0 à 0,25%, niveau où ils avaient été abaissés en mars 2020 au moment où la pandémie se propageait aux Etats-Unis. Cette première mesure dite de tapering est un préalable à de futures hausses de taux. Jerome Powell s’est montré, néanmoins, assez prudent et a indiqué que la banque n’était pas pressée de relever les taux d’intérêt. Elle craint que de le faire trop tôt nuise à la reprise du marché de l’emploi. Hors l’institut a dû être rassuré par les derniers chiffres publiés vendredi. Les créations d’emplois non agricoles ce sont élevées à 531’000 nouveaux postes. Un chiffre supérieur aux attentes déjà élevées des analystes et la révision de septembre est aussi plus haute avec 312’000 créations d’emplois contre 194’000 précédemment. Le taux de chômage est en recul à 4,6% contre 4,8% le mois avant. Par ailleurs sur un an, les salaires progressent encore de 4,9% contre 4.6% alimentant une inflation toujours en hausse. Des chiffres de l’inflation qui sont attendus cette après-midi. Selon les analystes, ils devraient montrer une nouvelle progression de 0.6% en octobre contre 0.4% en septembre et sur base annuelle de 5.9% contre 5.4% précédemment. Au niveau actuel, l’inflation aux Etats-Unis se trouve au plus haut depuis 1990. Après la politique monétaire c’est la politique tout court qui était sur le devant de la scène. La course à la succession de Jerome Powell est lancée. Même si l’actuel Président de la FED reste le favori des analystes, le Président américain Joe Biden a surpris tout le monde en ce début de semaine. Il a en effet interviewé, Lael Brainard. Cette ancienne professeure au MIT et ex-conseillère économique de Bill Clinton est actuellement membre du Conseil des gouverneurs de la FED. Avec Mme Brainard a sa tête, la banque devrait être plus prudente en terme de potentiels relèvements de taux qu’avec Jerome Powell. C’est en tout cas l’interprétation qu’en fait le marché obligataire où le rendement à 10 ans était en recul après l’annonce. Le suspens ne devrait pas durer trop longtemps, Joe Biden ayant déclaré ce mois-ci qu’il prendrait une décision « assez rapidement ».


Ailleurs et bien que l’inflation s’envole, les banques d’Angleterre et du Canada, contrairement aux attentes, n’ont pas relevé leur taux directeur.  La Banque d’Angleterre a particulièrement déjoué les pronostics en laissant son taux de base inchangé à 0,1%. Le Gouverneur Andrew Bailey avait préparé les marchés à ce que l’institut agisse rapidement. La BOE a néanmoins confirmé la perspective d’un resserrement de sa politique monétaire dans un avenir proche. La livre a perdu passablement de terrain face à l’Euro et au dollar suite à ce statu quo. Décision similaire en Norvège où la Banque de Norvège a maintenu en l’état son taux directeur à 0,25% tout en laissant entrevoir une nouvelle hausse en décembre. Par contre La banque centrale tchèque a de nouveau surpris jeudi en relevant son principal taux d’intérêt de 125 points de base à 2,75%, dans un contexte, là aussi, de forte inflation.


De son côté, la Banque Centrale Européenne confirme le statu quo pour un moment encore. Selon les déclarations du président de la Banque de France, la Banque Centrale Européenne n’a pas de raison de relever ses taux directeurs en 2022. Même déclaration de la part de la présidente de la BCE, Mme Lagarde, qui juge très peu probable une telle évolution l’année prochaine. Ce statu quo en zone Euro maintient le franc suisse sous pression. La paire est sur la défensive et se rapproche de 1.0505 qui est un support technique important. La BNS continue de se montrer intransigeante et maintient ses interventions pour freiner le renchérissement du franc. C’est ce qu’indiquent les données sur les avoirs à vue publiées lundi matin. Ces derniers ont atteint des plus haut historiques pour la troisième semaine consécutive. L’augmentation de 1 milliard 240 millions, la semaine passée, porte le total à 4 milliards pour les trois dernières semaines. Un volume plus atteint depuis la mi-mai. Le franc bénéficie aussi toujours de la bonne santé de notre économie. La situation s’améliore encore sur le marché du travail en Suisse. Le taux de chômage a baissé à 2,5% en octobre, après 2,6% le mois précédent. En janvier dernier, il atteignait 3,7% avant d’amorcer ce net repli.


Les cours du pétrole ont repris le chemin de la hausse ces derniers jours, porté par des signes de rétablissement de l’économie et faisant fi d’une possible intervention américain pour relever l’offre de brut.  Le WTI au niveau actuel de 84.50 dollars s’approche des 85.41 dollars atteints le 25 octobre, le plus haut depuis sept ans.