La chute ininterrompue de la monnaie unique

Jul 13, 2022
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Après la parité en EUR/CHF c’est celle en EUR/USD qui a été atteinte. La monnaie unique re...

Après la parité en EUR/CHF c’est celle en EUR/USD qui a été atteinte. La monnaie unique reste orientée à la baisse, les marchés financiers redoutant une récession. La fermeture du gazoduc Nord Stream a vu la Russie suspendre ses livraisons de gaz à l'Allemagne. Officiellement jusqu’au 21 juillet pour maintenance mais certains redoutent une fermeture définitive de celui-ci qui pourrait fortement perturber l'économie allemande. BASF le géant allemand de la chimie est un exemple emblématique. A Ludwigshafen, les turbines de BASF tournent encore à plein régime. Mais le géant de la chimie au modèle économique basé sur le gaz bon marché importé à bas prix de Sibérie est entré en eaux troubles après un exercice record l'an passé. Au premier trimestre, le bénéfice net a chuté de 30 %. Le groupe est totalement dépendant des livraisons de gaz russe vers l'Allemagne, en chute de 60 % depuis mi-juin, et donc désormais interrompues pour une dizaine de jours au moins. Dans le pire des scénarios soit la mise à l’arrêt de l’usine, certains types de produits chimiques n'entreraient plus dans la chaîne de production; on parle de substances chimiques indispensables à la fabrication des médicaments, dans l'industrie alimentaire ou l'automobile et 40'000 emplois seraient menacés. En cas d'arrêt complet des livraisons de gaz russe, des secteurs entiers de l'économie allemande seraient à l'arrêt, le PIB chuterait de 12,7 % et 5,6 millions de salariés se retrouveraient au chômage selon les prévisions. Le marché attend avec impatience la prochaine réunion de la Banque Centrale Européenne. La BCE devrait remonter ses taux de 0.50 % lors de sa réunion de politique monétaire du 21 juillet mais ceci est déjà presque complètement pris en considération et le risque de « déception » est dès lors grand. Si la banque centrale ne vient pas avec un discours fort en faveur de la monnaie unique la spirale baissière n’est pas prête de s’inverser.


De l’autre côté de l’Atlantique, lors de la réunion du comité de politique monétaire en juin, la FED a relevé que les pressions inflationnistes n'avaient pas encore montré de signes de ralentissement et pourrait être plus durables que prévues auparavant. C’est ce qui ressort des Minutes publiées la semaine passée. L’institut maintiendra certainement son cap et La FED qui annoncera sa décision le 27 juillet devrait procéder à un nouveau relèvement de 0.75 % de son taux d'intérêts directeur. Sur le plan économique, selon les statistiques publiées vendredi dernier 372'000 emplois non-agricoles ont été créés le mois dernier alors que les économistes en attendaient 265'000. Le taux de chômage est resté inchangé à 3,6 % mais l’augmentation du salaire horaire bien qu’ayant légèrement baissé de 5.3 à 5.1 %, sur base annuelle, reste particulièrement élevé. La solidité du marché de l’emploi et la progression rapide des salaires plaident aussi en faveur d’une action significative de la part de la banque centrale. Tous les yeux sont désormais rivés sur la publication, cette après-midi, de l’indice des prix à la consommation attendu en hausse à 8.8 % contre 8.6 % précédemment là aussi en base annuelle. Pour le Président de la FED d’Atlanta Raphael Bostic, l’économie peut supporter un nouveau relèvement d’importance et les taux devraient monter jusqu’aux alentours des 3 % tout en évitant une récession.


Contre le franc, la monnaie unique semble s’installer pour un moment sous la parité. Les économistes s’attendent à ce que la BNS relève encore son taux d’intérêt de 25 points pour le ramener à 0 % lors de la prochaine réunion de politique monétaire le 22 septembre et cela quelles que soient les prochaines décisions de la BCE. Non seulement l’institut s’accommode d’un franc plus fort mais pour la Banque Cantonale Vaudoise, elle aurait même procédé à une diminution de ses réserves en monnaies étrangères. La BNS avait évoqué lors de la réunion de juin la possibilité d’intervenir dans les deux sens sur les marchés. Selon la banque vaudoise, elle aurait ainsi vendu une quarantaine de milliards de ses réserves en devises étrangères participant ainsi à la hausse de notre monnaie. A l’inverse, elle aurait acheté pour une cinquantaine de milliards en avril-mai pour atténuer l’envolée du franc après la décision de mars de relever son taux directeur d’un demi pourcent.


La Banque Centrale de Nouvelle-Zélande a augmenté son principal taux d’intérêt, ce matin, d’un demi pourcent à 2.50 %. C’est la troisième réunion de suite qui débouche sur une hausse des taux et elle a annoncé que d’autres suivront jusqu’à ce que le niveau atteigne le point où l’inflation sera contenue et pourra être ramené dans son objectif cible.


Après que le parlement européen ait adopté, en début du mois, le rapport affirmant que la Croatie remplit pleinement les critères lui permettant d’adopter la monnaie unique à compter du 1er janvier 2023 ; Zagreb a annoncé hier que le cours de conversion serait de 7.5345 Kuna pour un Euro. Il est ce matin de 7.5155 HRK pour un Euro. La Croatie deviendra ainsi le 20ème pays à adopter la devise européenne.


Le prix du baril de brut WTI qui cotait 104 dollars lundi a chuté hier sous la barre des 100 dollars sur une perspective de baisse de la demande suite au rapport mensuel de l'OPEP qui prévoit un ralentissement de la consommation de pétrole en 2023.