La BCE suivra la FED

May 18, 2022
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Porté par les anticipations de hausse de taux de la banque centrale américaine et par des ...


Porté par les anticipations de hausse de taux de la banque centrale américaine et par des différentiels de rendement très favorables, le dollar a atteint de nouveaux records pour 2022 en atteignant 1.0350 contre l’Euro vendredi et 1.0065 contre le franc suisse lundi. Le Président de la FED, Jerome Powell, a réaffirmé que l’institut américain allait procéder très certainement à des relèvements de taux de l’ordre d’un demi pourcent à l’occasion des deux prochaines réunions de politique monétaire. Il n’a pas exclu d’en faire plus marquant ainsi clairement sa volonté de garder l’inflation sous contrôle. Conscient que cela pourrait freiner brutalement la reprise économique et provoquer une récession pour les Etats-Unis, il reconnait ne plus viser un atterrissage en douceur mais relativement doux reconnaissant par-là que la tache de la FED s’avère compliquée. L’économie américaine s’est déjà contractée de 1.4 % au premier trimestre même si le dernier trimestre 2021 avait été particulièrement dynamique avec une croissance de 6.9 %. Depuis les perspectives de l’économie mondiale se sont considérablement assombries au premier trimestre avec la guerre en Ukraine et l’épidémie de Covid en Chine. Hausse des taux et, hausse de l’inflation contribuent à peser sur les ménages, dont le moral fléchit comme en témoigne la détérioration de l’indice de l’Université du Michigan de mai avec une chute de 65,2 points à 59,1 contre 64 attendus. Le Sénat américain a confirmé jeudi la reconduction comme président de la banque centrale de Jerome Powell choisi par Joe Biden pour un second mandat.  L’assemblée plénière du Sénat s’est, comme attendu, prononcée en faveur de M. Powell, par 80 voix contre 19. Il est gouverneur de la Fed depuis 2012, avait été nommé à la tête de l’institution en 2018 par Donald Trump succédant à Janet Yellen, devenue depuis la secrétaire au Trésor dans l’actuelle administration.


Devant faire face à une situation similaire, Christine Lagarde a déclaré que la Banque Centrale Européenne mettra fin à ses achats d’actifs au début du troisième trimestre et procédera à une première hausse des taux directeurs dans les semaines qui suivront en dépit de signes de ralentissement de l’économie. Elle ouvre ainsi la porte à un premier relèvement le 21 juillet dans la zone euro. Dans cette optique la réunion de politique monétaire du 9 juin sera décisive pour les taux d’intérêts. Les marchés anticipent désormais trois ajustements qui ramèneraient ainsi les taux en territoire positif avant la fin de cette année.


En Chine, l’économie est très fortement impactée par la situation sanitaire et le confinement à Shanghai. La production industrielle a ainsi dramatiquement reculé. En progression de 5 % au mois de mars, elle a reculé de 2.9 % en avril. La consommation interne est très fortement affectée. Les ventes au détail ont plongé de 11.1 % et des secteurs sont tout particulièrement impactés. A Shanghai, le confinement généralisé a ainsi fait qu’aucune automobile n’a été vendue pendant tout le mois d’avril ! Alors que les prévisions officielles du gouvernement chinois tablent sur une croissance de 5.5 % pour cette année, les analystes révisent à la baisse les leurs. Morgan Stanley et Citibank prévoient désormais 4.2 % de hausse du PIB tandis que Nomura 3.9 %. Malgré ce puissant coup de frein économique la Banque Centrale de Chine s’est retenue de baisser ses taux, marquant ainsi l’inquiétude de ses dirigeants face à la dépréciation du Yuan. Il fallait moins de 6.4000 CNH pour un dollar au début de l’année contre 6.8380 au plus bas vendredi passé.


Le Yen a freiné sa chute face au dollar et s’est même repris quelque peu ces derniers jours repassant sous la barre des 130 yens pour un dollar. Lors de la réunion de politique monétaire du mois d’avril, la Banque Centrale du Japon a jugé inapproprié de modifier la politique monétaire dans le but de contrôler les taux de change. La chute du yen, qui a atteint son plus bas niveau en 20 ans par rapport au billet vert, fait grimper le coût des importations de matières premières. Les responsables politiques se préoccupent de l’impact que cela pourrait avoir sur la fragile reprise économique au pays du soleil levant.


Le cours du brut se reprend après avoir brièvement évolué en-dessous des 100 dollars le baril dans l’espoir d’une réouverture de l’économie chinoise et des discussions d’un embargo européen sur le pétrole russe. Par ailleurs, le rapport mensuel de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) montre que leur production a augmenté de 153 000 barils par jour en avril moins que l’augmentation de 254 000 barils prévue par le cartel. Une augmentation potentielle de la demande de pétrole couplée à une baisse de l’offre pourrait donc pousser le prix de l’or noir à la hausse alors qu’il a déjà gagné plus de 10 % ces quinze derniers jours. Mais l’envolée devrait être limitée car la crainte d’un ralentissement économique aux Etats-Unis et en Europe consécutif à la hausse des taux d’intérêts tempèrera le mouvement.