Jackson Hole rassure les marchés

Sep 1, 2021
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De vendredi à dimanche dernier a eu lieu le rendez-vous annuel des banquiers centraux amér...


De vendredi à dimanche dernier a eu lieu le rendez-vous annuel des banquiers centraux américains. Cet évènement se tient habituellement à Jackson Hole dans le Wyoming mais la crise sanitaire a finalement poussé les organisateurs à le tenir en ligne. La précédente communication de la FED avait eu lieu le 18 août dernier, avec la publication de minutes qui avaient laissé entendre que la réduction du soutien monétaire pourrait intervenir dès cette année alors qu’à l’époque le marché anticipait un démarrage en mars 2022. En réaction, les bourses avaient subi des prises de bénéfices et le dollar s’était renforcé, la parité euro-dollar passant même sous 1.17 le 20 août. Les membres de la FED semblant divisés sur le sujet du tapering, le discours de Jérôme Powell vendredi dernier était très attendu et l’enjeu était de savoir s’il se rangeait du côté des partisans d’un retrait rapide du soutien à l’économie ou s’il serait plus mesuré. Sans surprise, son discours a été extrêmement prudent. Sur le sujet du chômage qui sert de boussole à la FED, il a affirmé que les perspectives étaient bonnes mais qu’il restait beaucoup de chemin à parcourir avant d’attendre le plein emploi. Sur l’inflation, il a de nouveau expliqué que la poussée des prix observée actuellement avait pour origine des facteurs transitoires, et que par conséquent tout resserrement monétaire en réaction à ces facteurs transitoires pourrait devenir contre-productif une fois que ceux-ci disparaitraient. Sur les perspectives économiques, celles-ci sont toujours bien orientées mais les mutations du coronavirus sont toujours susceptibles de peser sur la reprise. Même si monsieur Powell fait partie de la majorité des membres de la FED qui envisagent une réduction des rachats d’actifs dès cette année, son discours fut dovish et marqué par une absence de calendrier précis pour un resserrement monétaire. Le président de la FED a également tenu à indiquer qu’un allègement des rachats d’actifs, quel que soit sa date et son rythme ne devrait pas être interprété par les marchés comme un indicateur du moment où les taux directeurs seraient relevés.


Le discours apaisant du président de la FED a rassuré les marchés boursiers, Wall Street terminant la semaine en hausse. Le S&P 500 a connu un 52ème record de clôture cette année. Une telle succession de records constitue également … un record ! Le dollar s’est quant à lui replié jusqu’à 1.1856 contre la monnaie unique et 0.9102 contre le franc suisse avant de récupérer de nouveau son niveau pré-Jackson Hole.  Les métaux ont su profiter de la détente du billet vert :  l’or est au toujours au-dessus de 1,800 $ l’once et l’argent est revenu au contact des 24 $. L’aluminium a atteint son prix le plus cher depuis dix ans (2,726.50 $ la tonne). Dans un contexte de reprise économique mondiale, la demande de ce métal que l’on utilise pour construire des bâtiments, des voitures ou des canettes de soda est très forte. En parallèle, l’offre connaît des difficultés importantes en Russie et en Chine. La production d’aluminium est une activité énergivore et polluante, et il se trouve que la Chine a connu récemment des soucis d’approvisionnement en énergie. Pékin cherche aussi à réglementer ses industries polluantes pour tenter de contrôler une pollution endémique. De son côté, la Russie a mis en place une taxe temporaire sur les exportations de métaux non ferreux en espérant avec les recettes compenser la hausse du prix des matières premières.


Le passage de l’ouragan Ida a provoqué l’arrêt et l’évacuation de nombreuses installations pétrolières dans le golfe du Mexique, ce qui a privé la région d’environ 95 % de sa production. Des raffineries ont également été mises à l’arrêt en Louisiane, mais les premières évaluations semblent indiquer que les dégâts ont été limités. Le prix du baril de pétrole américain n’a pas été impacté. Il a clôturé le mois en légère baisse à 68.50 $, le premier repli mensuel depuis mars.  Mais le plus haut du 5 juillet, n’est qu’à 8 dollars.


Dans le reste du monde, en Europe certains membres de l’ECB commencent également à parler de réduire progressivement les programmes monétaires de soutien à l’économie. Tout comme aux Etats-Unis, on souhaite découpler la guidance sur les taux d’intérêts et sur les rachats d’actifs. L’inflation dans la zone euro a été revue à la hausse pour le mois d’août, dépassant le consensus du marché. Elle est actuellement de 3 % en rythme annuel alors que l’objectif de la banque centrale est de 2 %.


En Suisse, le baromètre conjoncturel du KOF s’est replié pour le troisième mois consécutif à 113,5 points en août. Lors du pic du mois de mai il s’établissait à 129,8 points. Selon l’institut Zurichois, cela est dû à la crainte d’une quatrième vague de Covid-19 qui pourrait gêner la reprise de l’activité économique. Les comptes à vue auprès de la BNS ont augmenté de manière négligeable (+200 millions de CHF) ce qui signifie que la banque centrale suisse n’a pas eu besoin d’intervenir massivement sur le marché des changes pour affaiblir le franc suisse (actuellement repassé au-dessus de 1.08 contre euro).


En Corée du Sud, on prévoit une inflation de 2.1 % au lieu de 1.8 % précédemment. La banque centrale a décidé de relever son taux directeur d’un quart de point à 0.75 % et n’exclut pas une prochaine hausse. C’est la première banque centrale asiatique à resserrer sa politique monétaire.


Enfin au Canada, le PIB s’est contre toute attente replié au deuxième trimestre (-1.1%). Le consensus prévoyait une hausse de 2.5 %. Il sera intéressant de voir si la banque centrale décide malgré tout de réduire les rachats d’actifs. Cette statistique vient se poser au milieu d’une lutte électorale serrée entre les conservateurs et les libéraux de monsieur Trudeau. Dans ce contexte incertain, le dollar canadien affiche malgré tout une certaine stabilité, le billet vert valant autour de 1.26 CAD.


 

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EUR/USD 1.1807DOW JONES 35.361
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