Inflation… Inflation…

Feb 2, 2022
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Le dollar américain a atteint un plus haut à 1.1121 contre l’Euro vendredi passé. Le bille...


Le dollar américain a atteint un plus haut à 1.1121 contre l’Euro vendredi passé. Le billet vert est porté par de bons chiffres économiques et les perspectives de hausse de taux par la FED. La croissance du Produit Intérieur Brut a progressé de 6,9 %, sur base annuelle, au quatrième trimestre de l’année dernière dépassant largement les attentes de 5,5 % et les 2,3 % du trimestre précédent. Elle a augmenté de 5,7 % sur l’ensemble de 2021 ce qui ne s’était plus vu depuis 1984. Les dépenses des ménages ont augmenté de 3,3 % ce même quatrième trimestre après une progression de 2 % au troisième. Enfin jeudi les inscriptions hebdomadaires au chômage se sont montées à 260’000 demandes, soit 30’000 de moins que la semaine précédente. Une très bonne performance de l’économie couplée à une inflation particulièrement élevée ne peut que porter les attentes de relèvements de taux aux Etats-Unis. Jerôme Powell dans sa conférence de presse suivant la réunion de politique monétaire mercredi passé a en tout cas comblé les attentes Ce dernier a confirmé que l’inflation pourrait s’établir durablement au-dessus de l’objectif des 2 % et que les ruptures des chaînes d’approvisionnement étaient plus problématiques et persistantes qu’anticipé. La Banque compte répondre à ces tensions en réduisant la taille de son bilan et en relevant ses taux. Il n’a pas écarté le scénario d’un tour de vis lors de chacune des prochaines réunions et pourrait donc les relever plus de quatre fois cette année à commencer par le 16 mars. Raphael Bostic, Président de la Fed d’Atlanta et membre votant, a déclaré au Financial Times que l’institut n’écarte pas non plus l’idée de relever ses taux de 50 points si l’inflation reste élevée. Dès lors la perspective de voir les taux américains à court terme au-delà de 1 % à la fin de l’année devient un scénario crédible. C’est en tout cas ce que les futures indiquent avec un rendement des Fed Funds à 30 jour à 1,2150 % en décembre.


Cette situation contraste toujours avec celle de l’Union Européenne. Au quatrième trimestre de l’année passée, la croissance économique a atteint 0,3 % dans la zone euro et 0,4 % dans l’Union Européenne. En base annuelle, ces hausses sont de 4,6 et 4,8 %. Parmi les États membres pour lesquels nous avons déjà les données du quatrième trimestre, l’Espagne + 2 %, le Portugal + 1,6 % et la Suède +1,4 % progressent mais des baisses ont été enregistrées en Autriche -2,2 % et en Allemagne – 0,7 %. Le marché attend demain et la première réunion de la Banque Centrale Européenne pour entendre les intentions de Mme Lagarde qui doit faire face à une inflation de 5 % et avait déclaré malgré cela à de multiples reprises l’an passé que Francfort ne relèverait pas ses taux avant 2023.


La situation en Ukraine reste tendue même si la Russie a affirmé vendredi qu’elle souhaitait vouloir le dialogue et non la guerre en favorisant la voie diplomatique. Le ministre des affaires étrangères russe Sergey Lavrov a lui déclaré qu’une guerre avec l’Ukraine était impensable. Ces propos en fin de semaine passée ont allégé un peu la pression sur les valeurs refuges et réactivé l’appétit au risque par les marchés. L’once d’or a reculé la semaine passée de 1’850.00 dollars à 1’780.35, au plus bas pour cette année. Le franc suisse qui avait touché 1.0300 contre la monnaie unique lundi passé a atteint 1.0440 ce lundi-ci. La paire a sans doute été bien aidée par la BNS dans son évolution des derniers jours. La banque centrale est restée en tout cas active dans le marché des changes. Sur le dernier trimestre de l’année 2021, la BNS a acquis 10 milliards de dollars US, 18,47 milliards d’euros et 1,21 milliard de livre sterling. Sur l’ensemble de l’année, la valeur des monnaies étrangère a augmenté de plus de 56 milliards de francs, ce qui montre l’ampleur de l’activité de l’institut pour l’ensemble de l’année 2021.


La devise russe qui avait beaucoup souffert de ces tensions et qui était repassée au-dessus des 80 roubles pour un dollar a aussi vu sa situation se détendre un peu et revenir sous les 77 roubles. Mais ce marché demeure très volatile et sensible aux rumeurs de sanctions provenant des Etats-Unis.


L’inflation est bien souvent à la une de ces commentaires ces derniers temps. Deux chiffres sont venus se rajouter ces jours-ci à la liste. Quatorze, c’est le nombre d’année qu’il faut remonter pour la trouver à un tel niveau au Chili et même trente en Nouvelle-Zélande. L’inflation au Chili a atteint 7,2 % fin 2021 plus du double de son objectif cible de 3 %. La banque centrale a répondu vivement faisant passer son taux directeur de 0,50 à 5,5 % de juillet 2021 à janvier 2022. Le taux d’inflation annuel en Nouvelle-Zélande a donc grimpé en flèche en 2021 pour atteindre son niveau le plus élevé depuis trente ans à 5,9 % sur base annuelle. La RBNZ a relevé les taux d’intérêt à deux reprises à la fin de l’année dernière pour les porter à 0,75 %. On s’attend à ce qu’elle les augmente à nouveau lors de sa prochaine réunion du 23 février.


Les places boursières ne restent pas insensibles à cet environnement de hausse des taux. Le durcissement de ton de la Réserve fédérale et les craintes géopolitiques ont fragilisé les actions. Les valeurs américaines ont été les plus sensibles à ces évènements. Depuis le début de l’année, le S&P recule de plus de 4.6 %, le Dow Jones de 2.5 % et le Nasdaq même de 8.3 %. Le recul est moindre en Europe mais les places sont aussi dans le rouge à l’exception de Londres qui engrange 2,5 % et de Madrid qui est à l’équilibre.